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L’éloignement physique donne des résultats, montre une étude

Un escalier roulant vide.

Un escalier roulant vide à l'aéroport de Singapour.

Photo : iStock / Florent Martin

Les différentes mesures d’éloignement physique sont efficaces pour réduire le nombre de nouveaux cas du coronavirus, montrent les résultats préliminaires d’une étude de modélisation menée dans un cadre simulé de la ville de Singapour.

Le Dr Alex Cook et ses collègues de l’Université nationale de Singapour ont évalué divers scénarios d’éloignement physique à partir de trois indices de contagion différents, également appelés taux de reproduction de base (R0). Cet indice montre la capacité du virus à se propager dans la population.

Si le R0 est inférieur à 1, cela signifie qu’une personne en infecte en moyenne moins qu'une autre. Le virus aura ainsi tendance à disparaître de lui-même de la circulation. À l’opposé, si le R0 est supérieur à 1, le virus tend à proliférer dans la population.

Dans les trois scénarios envisagés, les R0 étaient de 1,5, 2, et 2,5, considérés comme des indices de contagion bas, moyen, et élevé.

Ces simulations ont été menées au moment où Singapour avait 68 cas de coronavirus provenant de l’extérieur, et 175 cas de transmissions à l’intérieur de cette cité-État d'Asie. L’objectif des chercheurs était de comparer les différentes interventions précoces possibles à Singapour.

Les mesures d’éloignement étudiées étaient :

  • la quarantaine (des personnes infectées et de leurs proches) ;
  • la quarantaine et la fermeture des écoles;
  • la quarantaine et la fermeture des lieux de travail.

Cette dernière mesure a donné les meilleurs résultats, mais c’est la combinaison des trois qui s’est montrée la plus efficace pour réduire le nombre de nouveaux cas de SRAS-CoV-2. Et c'est d'ailleurs la voie qu'a choisie d'emprunter le Québec.

Tous les scénarios d'intervention ont été plus efficaces pour réduire le nombre de cas que ceux n'impliquant aucune intervention.

Sans surprise, la prévention et la suppression deviennent plus difficiles lorsque les valeurs de R0 sont élevées.

Les auteurs notent que l’interprétation de leurs résultats reste limitée puisque l’indice de contagion exact du virus demeure inconnu.

Les simulations montrent que l'approche combinée peut prévenir une épidémie nationale à des indices de contagion relativement faibles (R0 de 1,5). Toutefois, dans des scénarios de contagion plus élevés (Des R0 de 2,0 et 2,5) la prévention devient considérablement plus difficile. Elle réduit les infections, mais des cas de transmission subsistent.

Les chercheurs estiment donc que la mise en œuvre d’une intervention combinée des trois mesures d’éloignement réduit considérablement le nombre d'infections par le SRAS-CoV-2.

Ils recommandent le déploiement immédiat de cette stratégie si la transmission secondaire est confirmée dans une région. Toutefois, selon eux, la quarantaine et l'éloignement du lieu de travail devraient être priorisés par rapport à la fermeture des écoles à un stade précoce. Les auteurs notent que les enfants symptomatiques sont habituellement retirés de l'école plus rapidement que le sont les adultes symptomatiques de leur lieu de travail.

Les travaux montrent aussi que lorsque les proportions d'enfants asymptomatiques sont plus élevées, l'efficacité de l'intervention est considérablement réduite.

Le détail de ces travaux est publié dans The Lancet Infectious Diseases (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

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