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L’industrie de la construction pourrait perdre des millions en Outaouais

Un cadenas ferme des barrières devant un chantier de construction

Le chantier du projet AGORA dans le secteur du Plateau à Gatineau a été fermé pour une durée d'au moins trois semaines, à cause de la pandémie de COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Antoine Trépanier

Antoine Trépanier

La décision du gouvernement du Québec de suspendre les chantiers de construction non essentiels entraînera des dizaines de millions de dollars en perte pour l’Outaouais selon l’industrie.

Lundi, le premier ministre François Legault a annoncé que les chantiers de construction devaient être fermés à compter de mardi soir, et ce, pour au moins les trois prochaines semaines.Contrairement à l’Ontario qui permet à l’industrie de continuer ses travaux, le gouvernement du Québec impose la fermeture à tous les chantiers non essentiels.

Les secteurs de la construction autorisés à continuer leurs opérations:

  • Firmes de construction pour réparations d’urgence ou pour fins de sécurité

  • Électriciens et plombiers et autres corps de métiers pour des services d’urgence

  • Équipements de location

Bien qu’elle comprenne et accepte la décision du gouvernement, l’Association de la construction du Québec (ACQ) évalue à des dizaines de millions de dollars les pertes pour l’Outaouais. Selon les données de la Commission de la construction du Québec, l’industrie comptait des investissements de près de 48 milliards de dollars au Québec en 2018, soit environ 6 % du PIB. L’ACQ estime qu’environ 1,6 milliard de dollars de ce montant provient de l’Outaouais.

Selon nos calculs, pour la région, ça veut dire des pertes économiques d’environ 25 millions de dollars par semaine, affirme le porte-parole de l’ACQ, Guillaume Houle.

Ainsi, l’un des plus importants chantiers de la région, le projet AGORA dans le secteur du Plateau, a dû cesser ses activités mardi. Le projet qui comprend 600 unités de logement, des commerces et des espaces de bureau est évalué à 250 millions de dollars et doit en principe ouvrir ses premiers locaux à l’été 2020.

Un chantier de construction

Le projet AGORA dans le secteur du Plateau a dû fermer son chantier mardi.

Photo : Radio-Canada / Antoine Trépanier

En entrevue à Radio-Canada, le président de Construction Junic et l’un des actionnaires d’AGORA, affirme sans détour que l'industrie est en crise et que cet arrêt obligatoire aura des conséquences majeures. Mardi, les travailleurs de l’entreprise mettaient les bouchées doubles pour sécuriser les chantiers et respecter l’ordre du gouvernement.

Dans l’immédiat, c’est sûr que ça nous coûte des dizaines de milliers de dollars par jour sur les prêts avec les institutions financières, soutient Nicolas Tremblay.

On ne peut absolument rien faire, on a les mains liées en ce moment.

Nicolas Tremblay, président de Construction Junic

Comme d’autres entreprises du secteur, Junic prévoit des retards considérables qui pourraient mettre en péril l’obligation de livrer certains logements en vertu des baux signés avec des clients.

Seulement dans le secteur du Plateau, à Gatineau, Junic compte une centaine de baux résidentiels déjà signés dont les gens n’ont pas encore pris occupation. Bon nombre des logements doivent être prêts d’ici septembre 2020.

On entrevoit des retards parce qu’on est arrêté pendant au moins trois semaines. Il faudra voir avec l’entrepreneur si on peut rattraper ces trois semaines, mais je ne pense pas, soutient M. Tremblay.

Vue d'un chantier de construction à Gatineau.

Le chantier du projet AGORA dans le secteur du Plateau à Gatineau est à l'arrêt.

Photo : Radio-Canada / Antoine Trépanier

Une industrie majeure à Gatineau

Dans la région, ce sont des centaines d’employés de l’industrie qui perdront vraisemblablement leur emploi. À la Ville de Gatineau, un tel geste aura certainement des conséquences économiques.

C’est certain que le secteur de la construction à Gatineau est l’un des secteurs économiques les plus importants et on sait que depuis plusieurs années, on a un ‘’boom’’ dans la construction résidentielle et commerciale. Donc, c’est certain qu’il va y avoir de gros impacts, affirme Cédric Tessier, conseiller municipal de Hull-Wright et président du Comité exécutif à la Ville de Gatineau.

J’espère que la crise sera de courte durée pour que les chantiers puissent reprendre le plus rapidement possible.

Cédric Tessier, conseiller municipal de Hull-Wright et président du Comité exécutif à la Ville de Gatineau

M. Tessier estime qu’en dépit des conséquences de telles fermetures, la priorité demeure la santé publique et la santé des travailleurs des chantiers.

Le 18 mars dernier, la FTQ-Construction et le Conseil provincial des métiers de la construction-Inter demandaient d’ailleurs au gouvernement du Québec de suspendre temporairement les chantiers en guise de prévention et pour assurer la sécurité des travailleurs.

Pour que nos travailleuses et nos travailleurs ne soient pas les prochaines victimes de la pandémie et que l’on évite une propagation accélérée sur les chantiers. C’est un geste responsable et on s’attend à ce que les autorités prennent cette décision immédiatement. Nous sommes prêts à relancer l’économie mais de façon responsable et sécuritaire. Un temps d’arrêt ne sera que bénéfique, disait le président du Conseil provincial, Michel Trépanier.

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Ottawa-Gatineau

Industrie de la construction