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2000 $ par mois pour les travailleurs canadiens touchés par la pandémie

Le premier ministre Justin Trudeau donne une conférence de presse.

Le premier ministre du Canada Justin Trudeau.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Les Canadiens en difficulté financière en raison de l'épidémie de coronavirus pourront obtenir 2000 $ par mois pendant un maximum de quatre mois, a confirmé mercredi le premier ministre Justin Trudeau.

L'argent sera versé en vertu du projet de loi C-13 qui met en oeuvre le plan d'urgence annoncé la semaine dernière par le gouvernement pour venir en aide aux particuliers et aux entreprises.

Ce plan est désormais d'une valeur de 107 G$ CA, plutôt que 82 G$ CA, a précisé ultérieurement le ministre des Finances, Bill Morneau, puisque l''aide directe aux particuliers et aux entreprises a été bonifiée de 27 G$ à 52 G$.

Cette somme inclut les personnes qui ont droit à l'assurance-emploi, ce qui n'était pas le cas dans les enveloppes budgétaires précédemment annoncées.

Le projet de loi a été adopté à toute vapeur mercredi matin à la Chambre des communes, et le Sénat lui a donné son aval quelques heures plus tard. Il a reçu la sanction royale en début d'après-midi et est donc déjà en vigueur.

L'aide directe aux travailleurs touchés sera versée en vertu d'une nouvelle Prestation canadienne d’urgence (PCU), a annoncé Justin Trudeau dans son point de presse quotidien.

Cette PCU combine en fait deux programmes annoncés la semaine dernière, soit l'Allocation de soins d'urgence et l'Allocation de soutien d'urgence.

À mesure que la situation évolue, on s’ajuste pour mieux vous aider, a expliqué le premier ministre pour justifier cette nouvelle approche.

Seront admissibles à la nouvelle PCU les travailleurs qui n'ont pas normalement accès à l'assurance-emploi, y compris les travailleurs autonomes et les employés contractuels, dans la mesure où :

  • ils ont perdu leur emploi en raison de l'épidémie de coronavirus;
  • ils n'ont pas de paie même s'ils ont conservé leur lien d'emploi;
  • ils sont malades ou en quarantaine;
  • ils doivent rester à la maison pour prendre soin de leurs enfants ou de personnes âgées.

Les prestations seront versées toutes les quatre semaines et seront imposables.

On aura plus de détails pour vous cette semaine et d’autres mesures à annoncer. Ce n'est qu'un début.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Les Canadiens touchés devront cependant patienter avant de les obtenir, puisque le portail qui permettra de présenter une demande en ligne ne devrait pas être disponible avant le 6 avril et qu'il faudra 10 jours pour acheminer l'argent.

« Et si l avenir du monde dépendait de vous? » peut-on lire sur une affiche annonçant la pièce. Un homme masqué marche tout près.

Un homme marche devant une affiche annonçant la pièce de théâtre « Les enfants », dont les représentations ont été annulées en raison de l'épidémie.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Des sources gouvernementales ont par ailleurs indiqué à Radio-Canada que des travailleurs qui ont normalement accès à l'assurance-emploi recevront aussi cette prestation en lieu et place.

Cette décision a été prise en raison des retards créés par d'importants arriérés dans les demandes d'assurance-emploi.

La prestation d'urgence suscite toutefois des réactions mitigées tant des syndicats que des chambres de commerce.

Quarantaine désormais obligatoire pour les voyageurs

Tous les voyageurs arrivant au Canada ont maintenant l'obligation de s’isoler pour 14 jours en vertu de la Loi sur la mise en quarantaine, a annoncé mercredi la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu. Jusqu'ici, le gouvernement se contentait de leur demander d'agir de la sorte.

Nous avons pris cette décision pour mieux protéger les plus vulnérables contre le COVID-19, a expliqué Mme Hajdu dans un tweet. Selon le bureau de la ministre, toute personne qui contreviendra à cette obligation, entrée en vigueur à 00 h 01 mercredi, s'exposera à une amende de 750 000 $ et sera passible de six mois de prison.

Le premier ministre Trudeau a aussi annoncé dans son point de presse que son gouvernement offrira une nouvelle aide aux médias. Le ministre du Patrimoine, Steven Guilbeault, a présenté ce plan mercredi : la « vaste majorité » des 30 millions de dollars prévus par le gouvernement pour une campagne nationale de sensibilisation sur la COVID-19 seront investis dans les médias canadiens, a-t-il notamment précisé.

Les médias subissent aussi de graves conséquences financières de la crise actuelle, puisqu'ils perdent des annonceurs, qui n'ont plus d'intérêt à offrir des produits et services auxquels les gens n'ont plus accès.

C’est absolument essentiel que les Canadiens aient accès aux dernières informations. Mais comme tout le monde, les médias ressentent eux aussi les conséquences du virus.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Cette semaine, la Coopérative nationale de l'information indépendante, qui regroupe Le Soleil, Le Nouvelliste, La Tribune, Le Quotidien/Le Progrès, Le Droit et La Voix de l’Est, a mis à pied 143 de ses 350 employés et a cessé de publier ses quotidiens en semaine.

Coronavirus : entrevue avec le président du Conseil du trésor

Le gouvernement forcé de réduire ses ambitions

Le projet de loi C-13 a été adopté vers 6 h après une séance nocturne de trois heures réunissant 32 députés – 14 libéraux, 11 conservateurs, 3 bloquistes, 3 néo-démocrates et 1 vert –, afin que les mesures de distanciation sociale soient respectées.

La séance extraordinaire s'était en fait ouverte mardi, à midi, mais elle s'est rapidement embourbée en raison de l'opposition du Parti conservateur à certaines dispositions du projet de loi forçant sa suspension.

Le parti refusait que le gouvernement s'arroge le droit de taxer et de dépenser sans reddition de compte au Parlement pour les 21 prochains mois. Il assimilait le tout à un coup de force (power grab).

Après de longues tractations, le gouvernement Trudeau a finalement reculé sur certains aspects du projet de loi, ce qui a permis son adoption.

D'autres éléments du plan d’urgence du gouvernement, présenté le 18 mars :

  • 2 milliards de dollars de financement supplémentaire pour l’Allocation canadienne pour enfants;
  • Un congé de six mois pour le paiement des intérêts sur les prêts étudiants;
  • Le report de la date d’envoi de la déclaration de revenus au 1er juin et le report au 31 août de certains paiements d’impôts;
  • un crédit supplémentaire pour la taxe sur les produits et services de 400 $ en moyenne pour une personne seule (600 $ pour les couples).

Selon le chef conservateur démissionnaire Andrew Scheer, le gouvernement a notamment accepté de supprimer un article qui lui aurait permis d'augmenter les impôts sans approbation parlementaire.

Nous avons exigé que le gouvernement revienne sur ses pouvoirs de dépense illimités et que les mandats spéciaux expirent le 23 juin 2020 au lieu du 30 septembre 2020. Il a accepté.

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur, dans un communiqué

Le projet de loi confère tout de même aux ministres des Finances et de la Santé le pouvoir de demander des fonds pour appuyer les efforts du gouvernement fédéral visant à prévenir et contrôler la propagation de la COVID-19.

Le ministre des Finances, Bill Morneau, doit cependant faire le point sur les actions entreprises toutes les deux semaines, et le comité parlementaire des finances pourra entreprendre un examen dans six mois.

Bill Morneau remet une pile de documents à un employé des Communes.

Bill Morneau, ministres des Finances, dépose son plan de relance dans la Chambre des communes à Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Une tentative « honteuse » d'utiliser la crise, dénoncent les conservateurs

Dans un communiqué publié en début de journée, Andrew Scheer a fait valoir que les conservateurs ont préconisé une approche flexible, tout en continuant à assurer la surveillance du gouvernement.

Nous étions prêts à adopter rapidement les mesures que le premier ministre a annoncées jusqu’à présent. Cependant, nous n’étions pas prêts à la tentative antidémocratique du gouvernement de s’accaparer le pouvoir, a-t-il expliqué.

Les libéraux ont honteusement tenté d'utiliser une crise de la santé publique pour se donner le pouvoir d’augmenter les impôts, la dette et les dépenses sans l’approbation du Parlement jusqu’au 1er janvier 2022. Mais après des heures de négociations, le gouvernement a fait marche arrière.

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur du Canada

En entrevue à Tout un matin sur les ondes d'ICI Première, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a aussi reconnu que le gouvernement Trudeau devait obtenir le pouvoir de dépenser de toute urgence.

Au-delà des considérations partisanes, il est exact que l’ensemble des pays industrialisés se donnent des moyens d’intervention extra rapides pour éviter un écrasement complet de l’économie. Ça, on le comprenait très bien, a-t-il dit.

 Yves-Francois Blanchet parle à la Chambre des communes.

Yves-Francois Blanchet, chef du Bloc québécois.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

La durée de l'absence de reddition de comptes demandée par le gouvernement n'avait toutefois aucun sens, a-t-il ajouté.

L’apparence d’une volonté malavisée du gouvernement est exacerbée par le fait que c’est un gouvernement minoritaire, a aussi observé M. Blanchet.

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh demande pour sa part au gouvernement Trudeau d'en faire davantage pour soutenir les travailleurs. Nous devons en faire plus, et nous devons le faire plus vite, a-t-il résumé.

Trudeau intéressé par des subventions salariales

Le chef bloquiste estime par ailleurs que le gouvernement a toujours une marge de manoeuvre quant à la façon dont il peut dépenser, et qu'il doit étudier l'idée de recourir à des subventions salariales, comme le réclament les milieux d'affaires.

Une telle approche permettrait de protéger le lien d'emploi entre une firme et ses employés, protégerait à la fois l'entreprise et le pouvoir d'achat des travailleurs jusqu'à ce que le pire de la crise soit passé, fait valoir M. Blanchet.

Interrogé à ce sujet en conférence de presse, M. Trudeau a été plus clair qu'il ne l'avait été la veille à ce sujet, en disant regarder attentivement ce qui se fait ailleurs pour voir s'il est possible d'adopter de telles mesures.

Les employeurs ne devraient pas laisser aller des gens et c’est quelque chose qu’on est en train d’essayer de résoudre avec eux. On reconnaît qu’il y a des modèles qui fonctionnent en Allemagne ou au Danemark.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Au cours des prochains jours, le gouvernement annoncera d'autres aides directes aux entreprises, notamment pour les plus petites, a-t-il assuré.

Avec les informations de La Presse canadienne, et CBC

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