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COVID-19 : le CCFM referme ses portes aux sans-abri

Plan large de l'entrée principale du Centre culturel franco-manitobain.

Le projet de refuge temporaire était un partenariat entre le Centre culturel franco-manitobain, la maison Morberg et l’organisme St. Boniface Street Links. Il devait permettre d’accueillir environ 50 personnes itinérantes dans la salle Jean-Paul Aubry.

Photo : Radio-Canada

La direction du Centre culturel franco-manitobain (CCFM) a décidé de se retirer d’un projet visant à accueillir les personnes sans abri dans l'une de ses salles en ces temps de pandémie de la COVID-19, après un incident qui a forcé la fermeture du Centre, mardi.

Les membres de l'entreprise de sécurité qui travaillaient au CCFM ainsi que d’autres personnes associées au projet de refuge pour sans-abri auraient reçu des menaces, rapporte la directrice générale du Centre, Ginette Lavack.

D’après certaines informations recoupées par la direction du CCFM, ces menaces exprimaient un désaccord par rapport à la volonté du centre d’ouvrir ses portes aux personnes sans abri, affirme Ginette Lavack.

Il y a eu des menaces reçues envers le projet et potentiellement [envers] des gens qui étaient impliqués avec le projet, que ce soit les bénévoles ou autres.

Ginette Lavack, directrice générale, CCFM

Par mesure de précaution, la directrice générale souligne que le CCFM a décidé de rapporter l’incident à la police et de se désolidariser du projet.

On a choisi de prendre des mesures préventives. Nous, on veut assurer la sécurité de tous les gens, explique Ginette Lavack.

Ginette Lavack Walters.

Ginette Lavack Walters

Photo : Radio-Canada

Dans une note envoyée par courriel, le Service de police de Winnipeg indique que des agents sont intervenus mardi, aux environs de 12 h 52, au bloc 300 boulevard Provencher, pour vérifier le bien-être d’un homme en détresse .

L’homme a ensuite été transporté à l’hôpital dans un état instable. L’affaire est actuellement traitée comme un incident médical, ajoute le Service de police.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Une décision dévastatrice

Le projet de refuge temporaire était un partenariat entre le Centre culturel franco-manitobain, la maison Morberg et l’organisme St. Boniface Street Links. Il devait permettre d’accueillir environ 50 personnes itinérantes dans la salle Jean-Paul Aubry.

Selon la fondatrice et directrice de St. Boniface Street Links, Marion Willis, la décision du CCFM est dévastatrice, aussi bien pour les bénévoles impliquées que pour les personnes qui devaient profiter du projet.

L’élément de trop

La directrice générale souligne que la décision du CCFM de se soustraire du projet a également été motivée par les exigences de St. Boniface Street Links en ce qui concerne le respect des normes recommandées par la province.

Une grande salle avec des matelas sur le sol.

La salle Jean-Paul Aubry aurait pu accueillir environ 50 personnes.

Photo : Radio-Canada

D’après Mme Lavack, St. Boniface Street Links voulait avoir des douches et des points de lavage de mains. Or, le CCFM n’était pas en mesure d’accommoder ce besoin-là, dit-elle.

Marion Willis reconnaît ces exigences, mais souligne qu’avant l’incident, survenu mardi, des solutions avaient déjà été trouvées pour s’assurer que le refuge soit fonctionnel au CCFM.

Des ententes étaient négociées avec le centre récréatif Notre Dame afin de permettre aux personnes accueillies dans le refuge d’avoir accès aux douches, explique-t-elle.

Selon elle, le projet du refuge, qui était pourtant un bel élan de solidarité communautaire, est victime d’une décision basée sur un incident dont aucun des membres de St. Boniface Street Links n’est responsable.

C’est très triste, dit-elle.

Le centre récréatif Notre Dame indique ne pas avoir été approché pour une entente dans le cadre de ce projet. Une des membres du conseil d’administration souligne que le centre fait présentement l’objet de travaux qui aurait rendu difficile d’offrir une telle accessibilité.

Incertitude

La fondatrice et directrice de St. Boniface Street Links explique que son équipe est à la recherche d’un nouvel endroit qui pourra accueillir le projet et souligne que ce changement de dernière heure aura des conséquences.

Plan serré du visage de Marion Willis, l'air consterné.

Marion Willis, fondatrice et directrice générale de Morberg House – St. Boniface Street Links

Photo : Radio-Canada / Megan Goddard

De nombreuses denrées alimentaires périssables qui avaient été accumulées au CCFM seront données à d’autres organismes, dit-elle.

Marion Willis indique que le St. Boniface Street Links a été contacté mardi soir par la Fédération métisse du Manitoba (FMM), qui souhaite s’allier au projet et propose d’autres approches pour trouver rapidement un autre emplacement.

Nous ne savons pas vraiment ce qui va arriver. Tout ça est vraiment dur pour nous, lance Marion Willis.

On avait déjà fait beaucoup de travaux au refuge du CCFM; là, il va falloir tout recommencer. C’est vraiment difficile.

Marion Willis, fondatrice et directrice, St. Boniface Street Links

Le CCFM rouvrira ses portes aux heures habituelles, mercredi, pour les employés et les organismes qui y travaillent, indique Ginette Lavack.

Celle-ci dernière indique également que le restaurant Stella's sera ouvert, mais qu'il offrira uniquement des repas à emporter.

Les gens pourront accéder au restaurant Stella's pour pouvoir venir ramasser leur bouffe par certaines portes, mais il n’y a personne qui mange au resto , conclut Ginette Lavack.

Le Centre culturel franco-manitobain est fermé au grand public depuis la semaine dernière.

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