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Frappé par la COVID-19 : un couple de Montréalais témoigne

Le reportage de Marie-Michelle Lauzon

Photo : Facebook/Patrick Lowe

Radio-Canada

Patrick Lowe et Sébastien Corbeil forment un couple en santé, du moins en temps normal. Les deux hommes, dans le début de la cinquantaine, n’ont pas d’antécédents médicaux notables et sont en très bonne forme physique. Un peu plus d’une semaine après avoir découvert qu’ils souffraient de la COVID-19, ils témoignent du caractère particulièrement éprouvant de cette maladie respiratoire que certains qualifient de simple grippe.

Ils espèrent que leur histoire encouragera les gens à prendre les mesures nécessaires pour se protéger et pour protéger les plus vulnérables.

Le 6 mars, le couple de Montréalais s’envolait vers Miami rejoindre des amis avant se de rendre au Texas pour célébrer un anniversaire.

Bien sûr, ils ont pensé à la COVID-19 avant de décider à aller de l’avant avec ce voyage, mais la situation en Amérique du Nord leur semblait sécuritaire.

Au Québec, il y avait un cas, en Floride il y avait deux cas, au Texas il y avait un cas. Les probabilités de contagion me semblaient bien minces… innocemment. Mais voilà, on est quand même partis.

Patrick Lowe

Un retour à la maison brutal

Ils sont revenus à Montréal le 16 mars, sans savoir qu’ils avaient contracté la COVID-19. Tout semblait aller jusqu’à la nuit suivante, quand les symptômes ont commencé à se manifester. Pendant la nuit, on a fait une très, très grosse fièvre, raconte Patrick, parfois interrompu par ses propres quintes de toux, à travers l’objectif de sa webcam. Quand ça [commence], ça ne te lâche pas. Ça vient par vagues. C’est très, très difficile.

Le couple n’a pas tardé à demander et à subir des tests de dépistage. Vingt-quatre heures plus tard, les deux hommes avaient la confirmation qu’ils souffraient bel et bien de la COVID-19.

Les jours suivants n’ont pas été de tout repos, comme l’explique Patrick. Au début, je n’avais pas de toux. J’avais mal aux muscles, j’avais mal à la peau. Juste mettre mon pyjama le matin, c’était difficile. Tout est difficile avec la COVID-19, résume-t-il, ajoutant qu’à cause de la fièvre, on se déshydrate. Ça [ajoute] de la fatigue, de la léthargie, ce qui n’aide pas du tout. Ces symptômes, auxquels s’est ajoutée la toux, perdurent depuis deux semaines.

Le Québec rapportait lundi 1013 cas de COVID-19, dont 439 à Montréal. Les États-Unis en recensaient 54 808.

Incapables de faire quoi que ce soit

Huit jours plus tard, les deux hommes restent trop affaiblis pour trouver la force de défaire leurs valises. La fièvre les a entraînés dans une série de nuits blanches et ils n’ont presque rien avalé depuis l’apparition des symptômes. Même consommer de la soupe est presque impossible pour eux. Toute tentative de se nourrir entraîne chez eux des nausées. Tout goûte mauvais souligne Patrick, tout te lève le cœur.

Et si c’est lui qui raconte leur histoire, c’est que les symptômes sont pires chez son conjoint.

Vendredi dernier, Sébastien a trouvé la force de filmer une courte vidéo qu’il a diffusée sur les réseaux sociaux pour tenir ses amis au courant de son état de santé et pour encourager les gens à dire à leurs parents de rester chez eux. On y voit que pour lui, rester assis et s’exprimer exige un important effort alors qu’il raconte craindre de perdre connaissance chaque fois qu’il monte un escalier. Hier, il était moins pire, se rassure son compagnon, mais jusqu’à dernièrement, les marches, il les montait une à la fois.

Dans ces circonstances, Sébastien passe la majorité de son temps au lit depuis plus d’une semaine. Il était encore trop malade pour accorder une entrevue mardi. Patrick dit s’être tellement inquiété qu’il a envisagé de composer le 911 dimanche pour faire hospitaliser son amoureux.

Un appel à protéger les plus vulnérables

Il garde espoir qu’ils s’en remettent tous les deux, mais leur état de santé a fait très peu de progrès ces derniers jours. C’est sur la durée, constate-t-il, que cette maladie peut être bien plus dure que la grippe, même chez des gens en parfaite santé.

Je ne vois pas comment les personnes déjà un peu souffrantes vont réussir à passer à travers cette épreuve, prévient-il.

Avec les informations de Marie-Michelle Lauzon

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