•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Obligés de fermer boutique, les fleuristes jettent des millions de fleurs

Conséquence concrète de la fermeture des commerces non prioritaires : « Pour l’industrie florale au Québec, c’est la catastrophe. »

Une fleuriste ramasse des bouquets de fleurs avec des gants.

Les ventes des fleuristes étaient déjà en forte baisse depuis plusieurs jours en raison des restrictions de regroupement.

Photo : Getty Images / carterdayne

Considérés comme non essentiels, les fleuristes ont dû fermer leurs portes hier, jusqu’au 13 avril. La plupart n'ont pas eu le choix de mettre à la poubelle leurs stocks périssables, pris de court par l'annonce du premier ministre François Legault.

Mario Martel a fait travailler ses employés toute la journée de mardi pour jeter des fleurs aux poubelles. Trente mille roses, quantité de marguerites et beaucoup de belles renoncules qu'il venait tout juste de recevoir du sud de la France.

C'est l'équivalent de 150 000 $, se désole le distributeur de fleurs, responsable de trois compagnies à Montréal, à Longueuil et à Québec.

Les fleurs peuvent survivre dans des chambres froides de 4 à 15 jours, selon les variétés. Les stocks ne pourraient donc pas tenir jusqu'à la fin de la « pause »imposée par le gouvernement du Québec aux commerces et entreprises jugés non prioritaires.

Chez Profleurs, un autre distributeur à Montréal, on a jeté des palettes entières de fleurs. Des millions de tiges, explique la responsable, Nancy David. Ses pertes sont estimées à plusieurs centaines de milliers de dollars.

Si j’avais pu en distribuer plus, je l’aurais fait, mais on avait peu de temps devant nous avant la fermeture, regrette-t-elle.

Nancy David a tout juste eu le temps d'aller porter « des chaudières de fleurs » à un CHSLD de Laval et quelques bouquets à sa famille.

On ne sait pas où on s’en va. Pour l’industrie florale au Québec, c’est la catastrophe.

Nancy David, distributrice de fleurs, compagnie Profleurs

Pas de vente pour Pâques, inquiétudes pour la fête des Mères

La fleuriste devant des plantes.

Josée Fortin, de Fleuristerie O'Fleurs, se prépare à perdre des milliers de dollars de chiffre d'affaires.

Photo : Radio-Canada

Les ventes des fleuristes étaient déjà en forte baisse depuis plusieurs jours en raison des restrictions de regroupement. Les repas de famille ne sont plus recommandés, tout comme les rassemblements lors de funérailles.

C'est dur pour le moral, témoigne Josée Fortin, propriétaire de Fleuristerie O'Fleurs, sur la rue Beaubien Est. Elle a dû mettre à pied deux employés et le fait de ne pas travailler durant trois semaines lui fera perdre des milliers de dollars de chiffre d'affaires.

La fleuriste va tenter de faire des ventes en ligne cette semaine en livrant les bouquets, mais le compte à rebours a commencé avant que les fleurs se fanent.

Cette fin de semaine, si la température le permet, je vais offrir les fleurs gratuitement dans des bacs à l'extérieur. Je ferai tout pour ne pas les jeter, parce que c'est vraiment cruel.

Josée Fortin, propriétaire de Fleuristerie O'Fleurs

À Longueuil, Charlot fleurs et cadeaux a limité les pertes en anticipant la crise. On avait annulé toutes nos commandes pour la fête de Pâques, explique le copropriétaire Sylvain Tremblay. La semaine dernière, on a aussi liquidé le plus de fleurs possible à 50 % de réduction.

Le fleuriste a tout de même jeté des centaines de dollars de stock, mardi, et il s'inquiète que les fermetures des commerces non essentiels soient prolongées au-delà du 13 avril, ce qui pourrait compromettre les ventes très importantes de la fête des Mères, le 10 mai.

Les fleuristes Philippe et Vincent, sur la rue Laurier Est, à Montréal, ont fermé complètement boutique, mardi, découragés. Ils avaient passé une commande, lundi, pour toute la semaine. Autant de ventes perdues.

Chez Fauchois Fleurs, de la rue Saint-Denis, à Montréal, six employés sont en congé forcé. Les propriétaires vont poursuivre leur activité avec de la livraison. On essaie de continuer pour rester en vie, nous a expliqué une responsable, pour que le bateau ne coule pas.

Le magasin a voulu donner des fleurs à une résidence pour personnes âgées, mais la direction a refusé par crainte de la contamination.

[Correctif] Dans une version précédente de cet article, il était écrit que Fauchois Fleurs allait « liquider ses stocks » avec la livraison. En fait, le fleuriste va plutôt continuer de s'approvisionner en fleurs fraîches de l'île-du-Prince-Édouard et de l'Ontario.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Coronavirus

Économie