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Les agriculteurs manitobains craignent les répercussions de la COVID-19

Un fermier qui s'occupe de ses vaches

Alain Philippot dans l'une de ses étables.

Photo : Radio-Canada / Trevor Lyons

Radio-Canada

L’année s’annonçait déjà compliquée pour les agriculteurs en raison des blocages ferroviaires. Maintenant, ils craignent les répercussions liées au coronavirus, tout en assurant qu'il n'y aura pas de pénurie de nourriture.

En plus de 35 ans comme agriculteur, Alain Philippot a connu des défis, mais il affirme qu’il n’a pas vu venir une pandémie comme celle de la COVID-19. Le producteur laitier à Saint-Claude au Manitoba est généralement préoccupé par la sécheresse et les négociations commerciales.

Bien sûr quand on va chercher des choses au village on garde nos distances. Il faut qu'on appelle d'avance, on va chercher seulement ce qu'on a besoin [...], mais on arrive à opérer sans aucun problème, dit-il.

Selon lui, la demande pour des produits laitiers reste constante, et il pourra continuer à répondre à cette demande. On n'a pas à s'inquiéter, il y en aura sur les étagères, dit-il.

Il assure aussi que le lait reste tout à fait sécuritaire. Une chose que l'on peut garantir c'est que le lait ne touche pas les mains humaines, les gens portent des gants, assure-t-il.

Dans ces temps difficiles, M. Philippot s’est tourné vers la sagesse de sa mère octogénaire. Elle m'a expliqué que l'isolement, ces choses-là, sont des choses qui ont déjà été faites et qu’il y a déjà eu des fois pendant les guerres, où il a fallu rationner certaines choses, dit le fermier.

Il soutient que la pandémie pourrait se traduire, entre autres, par des retards dans la production de pièces d'équipements pour les fermiers.

De l’aide d’Ottawa bien accueillie

Patty Rosher est la directrice générale du groupe Keystone, organisme qui représente les agriculteurs du Manitoba. Elle souligne que les fermiers sont actuellement en rattrapage quant aux ventes de grain qui ont été enrayées par les blocages ferroviaires et que le réseau de transport semble bien tenir le coup.

Elle souligne que le soutien des gouvernements fédéral et provincial sera essentiel si la crise de la COVID-19 persiste. Ils pourraient être confrontés à des ralentissements dans les chaînes d’approvisionnement d’engrais ou d’équipement, en plus d’avoir du mal à trouver de la main d’œuvre.

Pour venir en aide aux agriculteurs, le gouvernement Trudeau a annoncé en début de semaine des prêts additionnels de 5 milliards $. Cette aide aux agriculteurs et aux entreprises agroalimentaires, qui sera gérée par Financement agricole Canada, vise à donner plus de souplesse financière aux producteurs qui éprouvent des problèmes de liquidité et aux transformateurs d'aliments qui subissent des réductions au niveau des ventes en raison de la situation actuelle.

En plus, les producteurs qui devaient rembourser des prêts obtenus en vertu du Programme de paiements anticipés au plus tard le 30 avril se voient offrir six mois de plus pour le faire. Selon le gouvernement fédéral, cela va permettre aux agriculteurs de garder 173 millions $ dans leurs poches au cours des prochains mois.

Pour bien des producteurs, cette aide viendra atténuer la pression immédiate, affirme Mme Rosher. Elle espère que d'autres annonces seront faites prochainement vu que les agriculteurs commencent les semences à la mi-avril.

Avec les informations de Patrick Foucault

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