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Québec entrouvre la porte aux travailleurs de la santé diplômés à l’étranger

Un médecin portant une blouse blanche.

Des médecins étrangers veulent appuyer le réseau de la santé québécois.

Photo : iStock

Pour faire face à la crise du coronavirus et à une éventuelle pénurie du personnel hospitalier qui pourrait en résulter, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) du Québec ouvre la possibilité que des médecins diplômés à l’étranger qui se trouvent sur le territoire et dont le diplôme n’est pas actuellement reconnu puissent soutenir le réseau.

Ces personnes, qui ne pourront pas exercer la fonction de médecin, seront appelées à occuper d’autres fonctions, selon le ministère, qui ne les précise pas.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la campagne Je contribue lancée par le MSSS.

Toute personne ayant de l'expérience ou une formation en santé ou en services sociaux et qui souhaite apporter son aide quant à la situation liée à la propagation de la COVID-19 est invitée à remplir le formulaire affiché sur le site web de la campagne (Nouvelle fenêtre).

À la question de savoir si les travailleurs en santé diplômés de l’étranger pourraient être éventuellement appelés en renfort à titre de médecins, une porte-parole du ministère affirme que cette option n’est pas sur la table pour le moment.

Actuellement, en raison du délestage des activités non essentielles qui ont eu lieu dans le réseau, le MSSS estime que le nombre de médecins est suffisant pour répondre au besoin.

Marie-Claude Lacasse, porte-parole du MSSS

Il est toutefois possible, selon elle, pour les diplômés étrangers qui n'ont pas de permis d'exercice du Collège des médecins pour pratiquer au Québec de servir le réseau dans d’autres fonctions où leur expérience en santé pourra être mise à contribution dans cette période de crise.

Ces personnes pourront envoyer leur CV dans le cadre de la campagne et seront interpellés selon leur profil et les besoins [...] Les expériences de travail de chacun sont analysées au cas par cas, ajoute Marie-Claude Lacasse par courriel.

Parmi les secteurs auxquels les participants à la campagne peuvent contribuer, on retrouve le service téléphonique Info-Santé 811, le travail en laboratoire et en imagerie médicale, entre autres.

Mme Lacasse précise toutefois que l’initiative a pour objectif de combler des besoins de main d’œuvre dans le réseau en temps de pandémie.

Cette initiative n’est pas une voie de passage pour déroger aux mécanismes en place pour obtenir un permis d’exercer la médecine du Collège des médecins du Québec.

Marie-Claude Lacasse, porte-parole du MSSS

Une pétition en ligne

Une pétition a été lancée le 20 mars appelant les gouvernements provinciaux et Ottawa à permettre aux diplômés étrangers de soutenir le réseau de la santé canadien. Elle a récolté plus 7600 signatures.

Nous nous portons volontaires, sans aucune attente salariale, pour donner du répit au personnel qui se trouve sur la ligne de front pendant ces temps de crise, indique le texte de la pétition, signé par un regroupement de diplômés étrangers en médecine.

Monzer Al-Dureid fait partie des personnes qui ont signé la pétition. Originaire de Damas et diplômé en soins paramédicaux de l’Université du Roi Saoud, à Riyad, il est arrivé à Montréal en novembre dernier comme réfugié et a commencé à suivre des cours de francisation dès son arrivée.

Il se trouvait en Arabie saoudite lors de l’éclosion du coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (CoV-SRMO), il y a près de cinq ans. Tout comme la COVID-19, ce virus s'attaque principalement aux poumons, provoquant une pneumonie aiguë chez les malades.

Selon l'OMS, le CoV-SRMO a fait plus de 321 décès dans plus de 15 pays, dont l’Arabie saoudite qui a recensé à elle seule plus de 280 morts entre 2012 et 2014.

J’ai peur qu’on arrive à une situation similaire à celle qu’on voit dans d’autres pays, comme en Italie, et que le personnel de la santé se retrouve débordé, explique M. Al-Dureid dans un entretien téléphonique.

J’aimerais pouvoir aider parce que je veux redonner à ce pays qui m’a accueilli. Nous sommes nombreux à vouloir soutenir le réseau comme bénévoles, on ne cherche pas à être rémunérés. Nous voulons juste contribuer pour éviter le scénario italien.

Monzer Al-Dureid

En Italie, le gouvernement fait appel à des médecins qui se trouvent dans des pays voisins pour leur venir en aide, explique-t-il. J’espère qu’on n’arrivera pas là, et c’est pour cela qu’on aimerait être impliqués.

Des membres des services de santé italiens en tenue de protection.

L'Italie compte jusqu'à maintenant 69 176 cas de COVID-19; 6820 personnes sont mortes.

Photo : Reuters / Massimo Pinca

Monzer Al-Dureid affirme avoir entamé le processus pour la reconnaissance de son diplôme avant le début de la crise du coronavirus, mais qu’en raison de la situation qui sévit depuis des mois, il est devenu impossible de faire le suivi.

Nous sommes plusieurs dans cette situation, et nous sommes frustrés parce que nous sommes obligés de rester à la maison, alors qu’on pourrait être utiles et donner du répit au personnel actuel, ajoute-t-il.

Mardi, alors que le Québec franchissait la barre symbolique des 1000 cas confirmés,le Collège des médecins a annoncé sa décision de permettre aux résidents ayant terminé leur formation d'exercer à titre de médecin, avec un permis restrictif.

Pratiquer la médecine avec un diplôme étranger

Pour exercer la médecine au Québec avec un diplôme étranger, il faut passer par plusieurs étapes. D'abord, il faut réussir l'examen d'évaluation du Conseil médical du Canada (CMC), puis l'examen d'aptitude du CMC et enfin l'examen clinique objectif structuré de la collaboration nationale en matière d'évaluation. Cela coûte en moyenne 5000 $.

Une fois ces examens réussis, on obtient le diplôme d'équivalence du Collège des médecins. Ensuite, le candidat doit faire deux années de résidence dans une des quatre facultés de médecine de la province pour avoir le permis d'exercer au Québec.

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