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analyse

La désunion américaine face à la crise de la COVID-19

Entre Washington, les États et les villes, la réponse à la pandémie et les mesures imposées sont bien différentes.

Une ambulance dans la ville de New York.

L'État de New York compte 5 % des cas de COVID-19 dans le monde.

Photo : Getty Images / AFP / Angela Weiss

C’est une histoire qui a refait surface aux États-Unis ces derniers jours.

Il y a plus de cent ans, en 1918, deux villes ont réagi de manière bien différente à l’épidémie de grippe espagnole qui s'abattait sur le sol américain.

Saint Louis, au Missouri, a rapidement mis en place des mesures de confinement et des restrictions qui seraient aujourd’hui qualifiées de mesures de distanciation sociale. En quelques jours, les écoles et les églises ont été fermées. Les rassemblements de plus de vingt personnes ont également été interdits.

Les autorités de Philadelphie ont, de leur côté, agi beaucoup plus lentement. Les rassemblements ont été prohibés seulement deux semaines après les premières éclosions de cas. Un grand défilé a même été tenu dans la métropole de la Pennsylvanie, alors que des contaminations y avaient été recensées.

Résultat : à son sommet, le taux de mortalité à Saint Louis n’a été que le huitième de celui de Philadelphie.

Un défilé au centre-ville de Philadelphie, en septembre 1918.

Un défilé au centre-ville de Philadelphie, en septembre 1918.

Photo : Crédit: Naval History and Heritage Command

À l’époque, il n’y avait aucune directive nationale, le président Wilson n’a même pas fait de déclaration sur le sujet, explique John Barry, auteur du livre The Great Influenza : The Story of the Deadliest Pandemic in History. Les villes ont été laissées à elles-mêmes, ajoute-t-il.

Les parallèles entre 1918 et 2020 ont leurs limites. À l’époque, par exemple, un grand nombre de médecins américains n’étaient pas au pays, mais plutôt au front, en Europe, ce qui n’est évidemment pas le cas cette année. Puis, face au coronavirus, les autorités fédérales ont tout de même donné certaines directives, ce qui n’avait pas été fait pour la grippe espagnole.

N’empêche, la comparaison tient toujours. Encore aujourd’hui, face à une crise de santé publique, il n’y a pas une, mais des réponses aux États-Unis.

De la Californie au Mississippi

La Californie et l’Illinois ont décrété des confinements généralisés sur leur territoire. New York et le Connecticut, eux, préfèrent s'en tenir à un isolement de la main-d’oeuvre non essentielle.

Pendant que ces États demandaient à leurs citoyens de rester chez eux la semaine dernière, la Floride tardait à fermer ses plages publiques bondées pendant le congé scolaire. Dans plusieurs cas, ce sont les autorités municipales qui ont pris les choses en main.

Le gouverneur de l'État de New York parle, assis devant des centaines de boîtes de matériel médical.

Andrew Cuomo a réagi au souhait exprimé par le président Trump alors qu'il annonçait la conversion d'un centre de congrès en hôpital de fortune.

Photo : Reuters / Mike Segar

Pendant que la Louisiane multiplie les mesures de distanciation sociale sur son territoire, le gouverneur du Mississippi voisin refuse de décréter un confinement, affirmant que son État ne sera jamais comme la Chine.

À ces politiques qui diffèrent d’un État et parfois d’une ville à l’autre, il faut ajouter les instructions du gouvernement fédéral qui, en ce moment, demande d’éviter les rassemblements de plus de 10 personnes.

Relancer l'économie

Le président Trump ne cache plus ses interrogations quant aux impacts économiques des mesures de distanciation mises en place un peu partout au pays. Le remède ne peut pas être pire que la maladie, répète-t-il, évoquant des semaines et non des mois avant un retour à la normale.

Lors d’une assemblée citoyenne virtuelle sur les ondes de Fox News, le président, qui a connu une remontée dans l’opinion publique selon un récent sondage Gallup, a annoncé vouloir rouvrir le pays à Pâques, soit le 12 avril.

L’idée de relancer rapidement l’activité économique a suscité des réactions bien différentes.

Êtes-vous prêts à prendre le risque de votre survie pour maintenir cette Amérique que nous aimons? Si c’est l’entente, je suis en faveur, a déclaré le lieutenant gouverneur du Texas, le républicain Dan Patrick, sur les ondes de Fox News, se rangeant derrière la proposition du président.

Si c’est la santé publique contre l’économie, il faut choisir la santé publique. On ne peut mettre un prix sur la vie humaine, a plutôt écrit sur Twitter le gouverneur démocrate de New York Andrew Cuomo qui, comme plusieurs élus, démocrates et républicains, a vanté les mérites des mesures de distanciation.

La formule est presque devenue un cliché : les États-Unis sont divisés. C’est ce que rappellent ces différentes stratégies mises en place pour affronter un virus qui, lui, ne connaît ni les frontières ni les couleurs politiques.

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