•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les journaux acadiens régionaux subissent les contrecoups de la crise

Le journal et le magazine Gaboteur.

Le Gaboteur annonce la fin de son édition papier pour la durée de la crise du coronavirus.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Radio-Canada

La COVID-19 force les directions des médias régionaux, particulièrement en milieu minoritaire francophone, à faire des sacrifices. En Atlantique, des journaux acadiens annoncent déjà la fin de leur édition papier pendant que d'autres réduisent les heures de leurs employés.

Il y a certains journaux qui devront cesser le papier et continuer sur le web, il y a des postes qui seront coupés, c'est ce qu'on entend, mais je n'ai pas de chiffres précis rapporte Francis Sonier, président de l'Association de la presse francophone ( AFP ) et directeur général de l’Acadie Nouvelle.

Le quotidien francophone du Nouveau-Brunswick a annoncé mardi qu’il réduisait le salaire de ses employés et leur horaire de 20 %.

Francis Sonier, éditeur et directeur général de L'Acadie Nouvelle et président de l'Association de la presse francophone.

Francis Sonier, éditeur et directeur général de L'Acadie Nouvelle et président de l'Association de la presse francophone.

Photo : Radio-Canada / François Vigneault

Le format papier du quotidien sera aussi moins dense que d’habitude, cette réduction du nombre d'articles s'expliquant par l'absence d'événements sportifs et culturels. Mais l'information régionale demeure, assure M. Sonier.

Vous voyez, le journal a moins de pages, tout en gardant le même nombre d'informations régionales. Ce qu'il y a moins dans le journal, évidemment, les arts et spectacles et le sport, les événements n'étant pas là, ça s'explique. Donc notre information régionale demeure, nos équipes demeurent, tous les employés sont en poste, mais malheureusement il a fallu réduire la semaine de travail de chaque employé, ajoute Francis Sonier.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

Selon lui, les médias seront touchés par cette crise et tous n’y survivront pas.

Certainement, ça va ébranler l'industrie des médias. Il y en a certains qui ne passeront pas au travers, d'autres pourront mieux le faire. C'est difficile de prévoir ce qui va arriver.

Francis Sonier, président de l'Association de la presse francophone

Chute des revenus publicitaires

Pour plusieurs journaux, le manque à gagner est sur le plan de la publicité.

Ça s'en va de pire en pire. C'est normal, on s'attendait à ça, parce que les commerçants ici sont affectés comme ceux partout dans le monde. Acheter de la publicité quand les portes sont fermées ou à peu près fermées, ce n’est pas quelque chose qu'on pense de faire, indique Bernard Richard, propriétaire du Moniteur acadien.

Bernard Richard debout les bras croisés devant son bureau.

Le Moniteur acadien ne sait pas pour combien de temps, il pourra continuer sa publication papier.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hughes

L’une des solutions pour faire face à la chute des revenus publicitaires et des abonnements serait une aide économique du gouvernement fédéral, soutient le président de l'Association de la presse francophone.

Un peu comme le H1N1 à l'époque, le gouvernement fédéral avait fait une campagne massive de publicités dans les journaux de l'APF et dans tous les journaux au pays. On souhaite que ce soit la même chose, revendique Francis Sonier.

Miser sur le web

La Voix acadienne, à l’Île-du-Prince-Édouard, et Le Gaboteur, à Terre-Neuve-et-Labrador, ont quant à eux annoncé qu’ils arrêtaient leurs éditions papier pendant la pandémie du coronavirus.

Le plus clair de nos versions papier sont utilisées par les écoles, qui, bien sûr, sont fermées. C'est plus difficile d'avoir les versions papier qui ont besoin d'être imprimées et transportées. Pour la période de la crise, on va simplement publier en version électronique, en ligne, explique Nathalie Brunet, la présidente du conseil d'administration du journal Le Gaboteur.

Les mesures de l’état d’urgence actuelle rendent pratiquement impossibles l'impression et l’acheminement des versions papier de ces journaux régionaux.

Par exemple, Le Moniteur acadien, qui a été créé il y a plus de 150 ans, dépend d'une imprimerie en Nouvelle-Écosse. Et les transports interprovinciaux sont difficiles pendant cette crise.

Notre imprimerie, pour l'instant, nous assure que cette semaine ils auront le journal, mais la semaine prochaine, ce n’est pas sûr. Notre imprimerie est située à Pictou, en Nouvelle-Écosse, et en ce moment, les frontières sont affectées par tout ce qui se fait.

Bernard Richard, propriétaire Moniteur acadien

Une période d'adaptation, selon une spécialiste

Alors que l'information sur la pandémie évolue d'heure en heure, plusieurs abonnés se tournent de plus en plus vers les réseaux d'informations en continu. Pour Marie-Linda Lord, professeure en information-communication à l'Université de Moncton, les journaux régionaux doivent s’adapter pendant cette crise.

Marie-Linda Lord

Certains petits journaux régionaux ne passeront pas à travers la crise, selon Marie-Linda Lord.

Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

C'est sûrement très difficile parce que le nombre de sujets est réduit, le nombre d'intervenants est réduit, donc on n'est plus dans la même réalité que l'on connaît. Les journaux doivent s'adapter et espérer que ça ne dure pas trop longtemps pour survivre. C'est ça le gros défi, analyse cette spécialiste des médias.

Avec les informations de Rose St-Pierre

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Nouveau-Brunswick

Emploi