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L’Ontario est la province qui compte le moins de respirateurs artificiels par habitant

Un respirateur artificiel.

Si le gouvernement Ford assure avoir suffisamment de matériel médical pour faire face à la COVID-19, l'Ontario est la province qui compte le moins de respirateurs artificiels par habitant.

Photo : Radio-Canada / Montage : Isabelle Plamondon

Yasmine Mehdi

L’Ontario dispose d’un total de 1810 respirateurs artificiels pour faire face au nouveau coronavirus. Ce nombre est le plus bas par habitant au pays, selon les données compilées par Radio-Canada.

Il aura fallu plusieurs jours et des demandes répétées pour que la province accepte finalement de dévoiler le nombre de respirateurs artificiels dont elle dispose.

Dans un courriel lundi soir, une porte-parole du ministère de la Santé a précisé qu’il y avait 1300 lits d’hôpitaux équipés de respirateurs dans le réseau et que la province disposait d’une réserve d’urgence de 210 appareils additionnels.

Quelque 300 respirateurs ont par ailleurs été commandés pour faire face à la pandémie et livrés la semaine dernière.

Si le gouvernement Ford répète être suffisamment équipé pour faire face à la COVID-19, l’Ontario est la province comptant le moins de respirateurs au prorata de sa population. Elle en compte 12 par centaine de milliers d’habitants, et ce, en comptabilisant les appareils en stock et les nouvelles commandes.

Ce chiffre est encore plus significatif si on le compare à la province voisine, qui compte 3000 respirateurs. Le Québec est ainsi la province ayant le plus de respirateurs au prorata de sa population. Elle en compte 35 par centaine de milliers d’habitants.

Déjà des inquiétudes dans la province

Des experts s’inquiètent déjà de la capacité qu’a l’Ontario de répondre à la crise.

Selon les prévisions d’un groupe d’épidémiologistes de Toronto, la province pourrait manquer de lits de soins intensifs et être en pénurie de respirateurs d’ici la fin d'avril, même en supposant une baisse importante du taux d'infection actuel.

Pourtant, la province aurait eu plusieurs fois l'occasion d’apporter des améliorations à son système de santé après sa bataille contre le SRAS.

Des respirateurs artificiels dans une usine où l'on fabrique de l'équipement médical en Suisse.

Des respirateurs artificiels dans une usine où l'on fabrique de l'équipement médical en Suisse.

Photo : Reuters / Arnd Wiegmann

En 2010, la province s’est par exemple procuré 216 ventilateurs destinés à sa réserve provinciale, selon un récent rapport de l'organisme gouvernemental SOSMPC. Il y a aujourd’hui 210 respirateurs dans cette réserve, soit 6 de moins qu’en 2010.

Pour la députée néo-démocrate France Gélinas, c’est signe d’un sous-financement dans le réseau de la santé.

Pour moi, ce n’est pas du tout une surprise. En Ontario, on est toujours ceux qui ont le moins de lits, le moins de professionnels de la santé, a déploré la porte-parole de l’opposition en matière de santé.

On demande à nos hôpitaux de fonctionner comme des superhéros tout le temps [...] Le gouvernement n’a jamais investi à la hauteur de l’augmentation de la population.

France Gélinas, critique du NPD en santé

Tout le gouvernement travaille d’arrache-pied pour assurer un approvisionnement suffisant en matériel médical, a rétorqué le premier ministre Ford mardi, lors de son point de presse quotidien.

Doug Ford en conférence de presse.

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Nous voyons la lumière au bout du tunnel, a-t-il assuré, en affirmant que la province voulait faire appel au secteur privé pour produire davantage de respirateurs.

Le gouvernement dit aussi être en train de déterminer quels sont les hôpitaux qui ont les grands besoins afin de leur allouer de l’équipement médical supplémentaire.

Tous les malades n’ont pas besoin d’un respirateur

Dans environ 80 % des cas, les personnes qui contractent la COVID-19 en guérissent sans traitement particulier. Cela veut toutefois dire qu’environ 1 personne sur 5 a besoin d’être hospitalisée — parmi les complications possibles figurent la pneumonie et le syndrome respiratoire aigu sévère. En France,des « jeunes de tous âges » doivent être hospitalisés.

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