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Du Beachclub au CHSLD

Ils font partie de notre paysage quotidien, on les voit partout sans les voir. Les agents de sécurité sont désormais encore plus présents et plus sollicités que jamais pour contrôler l’accès aux établissements de santé ou aux résidences pour personnes âgées.

Un agent de sécurité.

Un agent de sécurité à l'entrée d'une urgence

Photo : Radio-Canada / René Godin

Depuis 34 ans, Constant Gagné est agent de sécurité. Certains disent portier, ou doorman, ou bouncer. Lui, il dit agent de sécurité parce que la sécurité, c’est ce qui l’anime.

Pendant 20 ans, il a été directeur de la sécurité au Beachclub; depuis, il s’affaire à coordonner et assurer la sécurité lors de spectacles d’envergure ou de grandes fêtes publiques ou privées.

La pandémie lui a ravi son emploi, mais il n’a pas tardé à mettre son expertise au service de la communauté. Jeudi dernier, il a été contacté par un CHSLD de Saint-Jérôme qui lui offrait de travailler au contrôle des allées et venues de tous. Trois jours plus tard, dimanche, il était en poste. Il n’a pas cessé de travailler depuis.

La COVID-19 fait fuir les gens... pas lui.

C’est normal de vouloir fuir! Moi, spontanément, j’aide les gens. C’est dans ma nature. J’essaie toujours de sécuriser les autres.

Constant Gagné
On voit M. Gagné qui tient un écouteur dans son oreille.

Constant Gagné a aussi incarné le personnage de Shrink dans le film « Bumrush » de Michel Jetté.

Photo : Cineplex

A-t-il peur d’être contaminé? Il s’inquiète comme tout le monde, mais il est prudent et applique scrupuleusement les consignes.

Puis, il a suivi une formation pour obtenir son permis, une formation qui comportait un volet sanitaire en cas de pandémie.

Mais cela fait bien des années, alors il a révisé ses notions. Et sur les lieux de son nouveau travail, on lui a procuré un manuel avec les directives à suivre.

Désormais, il pose les questions d’usage aux gens qui se présentent : il demande aux livreurs de déposer les colis, les désinfecte, rappelle aux gens de garder une distance sécuritaire.

Bref, on est bien loin de l’ambiance festive et joyeuse des bars et des partys!

Agents demandés

Les agences de sécurité privées ne suffisent plus à la demande.

Chez Gardium, une agence qui compte 1800 agents, répartis habituellement dans les usines, les commerces, les services de transport, on a dû se redéployer à toute vitesse.

Puisque les agents de sécurité détiennent un permis délivré par le Bureau de la sécurité privée, ils peuvent être affectés à différents endroits.

Ça signifie que tous les agents mis à pied depuis la fermeture de centaines de bars, magasins et centres commerciaux ont la possibilité d’être embauchés ailleurs dans le système de santé.

Le président de l’entreprise, Dany Laflamme, reçoit des demandes du secteur de la santé comme jamais auparavant.

Des cliniques, des CSSS, des résidences, des CHSLD, tous ces établissements sont débordés et le personnel de sécurité qui y travaille normalement assure les services pour lesquels il est embauché.

Des résidents d'un CHSLD se déplaçant dans le corridor.

Des résidents d'un CHSLD se déplaçant dans le corridor.

Photo : Radio-Canada / Simard, Claudie

Cependant, avec les nouvelles directives ministérielles en vigueur, tout ce secteur doit se réorganiser.

Depuis la pandémie de COVID-19, explique Dany Laflamme, les établissements de santé et d’hébergement ont reçu l’ordre de contrôler l’accès à leurs bâtiments. Nous venons donc en soutien aux équipes régulières qui y travaillent déjà.

Avec la multiplication de toutes ces cliniques de dépistage, le rôle des agents de sécurité est encore plus important.

La vice-présidente de Gardium, Julie Léger, explique leur travail.

Ils agissent en première ligne, pour filtrer les passages, orienter les gens, leur permettre ou leur interdire l’accès et, encore une fois, leur rappeler les consignes élémentaires de distanciation sociale et de lavage de mains.

Julie Léger, vice-présidente de Gardium

Quand on lui demande si ses agents sont inquiets, Dany Laflamme offre cette réponse pleine de sagesse :

On n’est pas là pour maîtriser les gens! On est là pour faire respecter les directives. Nos agents ont un équipement individuel fourni par l’établissement afin de ne pas se mettre à risque. Ils portent un masque et des gants.

Dans les hôpitaux, un rôle pivot

Quiconque s’est rendu dans un hôpital sait que des agents de sécurité y sont en poste, aux endroits stratégiques. Ils surveillent, agissent comme sentinelles si un imprévu survient et répondent aux codes blancs, c’est-à-dire lorsqu’un membre du personnel est victime d’une agression.

À l’Hôpital général juif de Montréal, l’un des hôpitaux désignés pour accueillir les patients atteints du coronavirus, on compte 40 agents de sécurité pour couvrir tous les quarts de travail en temps normal.

Depuis la pandémie, le responsable des mesures d’urgence et de la sécurité, Du Dinh, a dû faire appel à des agences privées pour augmenter son personnel de sécurité.

Nous avons 10 agents de plus pendant la journée, 7 ou 8 le soir, et 2 pendant la nuit. Les activités de l’hôpital se poursuivent. Bien qu’on ait reporté les rendez-vous non urgents, on continue d’accueillir des patients qui reçoivent leur traitement en oncologie, des femmes enceintes pour leur suivi de grossesse et tous les autres patients qui ont besoin de soins urgents, précise M. Dinh.

L'entrée de l'Hôpital général juif.

L'entrée de l'Hôpital général juif

Photo : Radio-Canada / Martin Thibault

Les nouveaux agents de sécurité contrôlent l’accès à l’hôpital et font respecter les directives ministérielles.

Leur rôle est crucial parce que les gens, les patients autant que les membres du personnel ne sont pas habitués à ces nouvelles procédures et font preuve de réticence.

Leur intervention est très délicate et ils font preuve de compassion et de diplomatie, souligne Du Dinh. Mais les agents font de l’excellent travail, ils s’adaptent... en fait, tout le monde s’adapte!

Au CHU Sainte-Justine, lui aussi désigné pour les patients infectés par la COVID-19, on a réaffecté des agents pour effectuer le triage aux entrées ou pour aider à la gestion des cliniques de dépistage.

David Villemaire, le chef de la sécurité du CHU Sainte-Justine, se réjouit d’avoir une équipe si dévouée.

Nous sommes chanceux de pouvoir compter sur une équipe de surveillants qui donne autant de temps pour le bien de nos patients. Beaucoup d’agents travaillent en heures supplémentaires.

Les agents travaillent bien souvent avec une nouvelle clientèle.

Constant Gagné est philosophe.

Jusqu’à la semaine dernière, je gérais une équipe de surveillants. Maintenant, l’équipe, c’est moi! Je fais de la désinfection pour la première fois, mais je m’adapte.

Constant Gagné

Tout le monde s’adapte, à une vitesse supersonique.

Désormais, il faut prendre de vitesse le virus. Le plus rapide gagnera cette bataille épique.

Avec la collaboration de Stella Dupuy

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