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« Déplorable » de maintenir les services de la SAQ, affirme le syndicat des employés

« Dans les deux dernières semaines, on a fait les ventes qu’on a faites à Noël. Donc, fermer pour trois semaines la SAQ, ça n’aurait pas un impact majeur sur son chiffre d’affaires », dit la présidente du syndicat des employés.

Une file devant la SAQ du boulevard Talbot à Chicoutimi.

La succursale de la SAQ Dépôt du boulevard Talbot, à Chicoutimi, a connu une hausse de l'achalandage lundi.

Photo : Radio-Canada / Yohann Gasse

Il est « déplorable » que les succursales de la Société des alcools du Québec (SAQ) demeurent ouvertes au grand public en dépit des strictes mesures de protection de la santé publique en vigueur, estime la présidente du syndicat des employés, Katia Lelièvre.

Québec a ordonné lundi la fermeture de tous les commerces jugés non essentiels pour empêcher la propagation du coronavirus, mais les services de la SAQ sont considérés comme essentiels.

Les clients entrent dans nos succursales, touchent à tout – aux bouteilles, aux portes de frigos. On ne peut pas tout laver, on n’y arrivera pas, a-t-elle expliqué en entrevue à Tout un matin.

C’est absolument impossible à l’intérieur des succursales de respecter la limite du 2 mètres [de distance entre deux personnes]. Je ne sais pas comment on peut faire payer quelqu’un à deux mètres!

Katia Lelièvre, présidente du Syndicat des employés de magasin et de bureau (SEMB)

Selon Mme Lelièvre, les clients qui se promènent actuellement dans les corridors des succursales ne respectent tout simplement pas les consignes de distanciation données par Québec.

Depuis le début de cette crise-là, les gens viennent nous voir et nous disent de façon tout à fait ouverte : "je m’en viens chercher mon vin avant de me mettre en quarantaine", relate Mme Lelièvre.

Pour les employés des succursales, se faire dire de façon claire qu’une personne ne devrait pas se trouver nulle part ailleurs que dans sa résidence, et que sa priorité est de venir acheter du vin, c’est quand même anxiogène.

Hier, on a vu presque un état de panique dans la population, des files qui n’en finissaient plus pour se faire des réserves avant que le gouvernement soit clair, parce qu’il devait être gêné de dire en point de presse que c’est un service essentiel.

Katia Lelièvre, présidente du Syndicat des employés de magasin et de bureau
Des gens attendent en file devant la SAQ.

Une centaine de personnes attendaient lundi midi devant la SAQ dépôt du boulevard des Récollets à Trois-Rivières.

Photo : Radio-Canada

Des propositions restées lettre morte

Selon Mme Lelièvre, l'argument selon lequel les services de la SAQ sont essentiels pour que le Trésor public ne se prive pas des revenus qu'il en tire pendant cette période difficile ne tient tout simplement pas la route.

En fait, dans les deux dernières semaines, on a fait les ventes qu’on faites à Noël. Donc, fermer pour trois semaines la SAQ, ça n’aurait pas un impact majeur sur son chiffre d’affaires, observe-t-elle.

Mme Lelièvre affirme que le syndicat a proposé plusieurs idées à la direction de la SAQ pour que les employés soient mieux protégés, comme l’installation de panneaux de Plexiglas aux caisses, mais en vain.

La cheffe syndicale souhaiterait également qu’à l’instar des épiceries et des pharmacies, les succursales de la SAQ puissent prendre des commandes par téléphone ou par courriel.

Les employés pourraient ainsi la préparer avant que les clients ne viennent la chercher.

Une telle approche limiterait les contacts humains à l’intérieur des succursales, mais la direction n’y a pas donné suite non plus, dit-elle. Pour l’instant, il semble que cette solution n’est pas retenue. Les clients continuent de rentrer.

Il est déjà possible de passer des commandes en ligne sur le site de la société d'État, mais il est clair que le service ne pourra pas répondre à la demande, confirme Mme Lelièvre.

La SAQ indique déjà sur son site Internet qu'elle ne peut plus garantir les délais de livraison, en raison du volume élevé de commandes.

Une file d'attente.

La SAQ de la rue Masson était prise d'assaut par les clients lundi, avant même que le premier ministre Legault n'évoque la fermeture de toutes les entreprises non essentielles.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Une question de balance des inconvénients, dit Legault

Dimanche, le premier ministre Legault avait défendu la décision de garder les succursales de la SAQ ouvertes malgré la fermeture des centres d'achats.

Je ne voudrais pas qu’il y ait une ruée vers les endroits où l’on vend la boisson, comme les épiceries. Je veux éviter le chaos. Il y aurait plus d’inconvénients à fermer les SAQ que de les garder ouvertes, a-t-il fait valoir.

Depuis le début de la crise, la SAQ a cessé ses dégustations en succursale le 14 mars, avant d'annoncer, quelques jours plus tard, qu'elle n'accepterait plus les paiements en argent comptant.

Samedi dernier, la direction de la SAQ a aussi indiqué que ses succursales n'ouvriraient plus le dimanche. Cette consigne est entrée en vigueur dès le lendemain.

La semaine dernière, les responsables de la société d'État ont dû s'excuser d'avoir envoyé une consigne à toutes les succursales de ne plus accueillir les personnes de 70 ans et plus.

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