•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

COVID-19 : isolées, les victimes de violence conjugale n’appellent plus à l’aide

Le poing d'un homme avec la silhouette floue d'une femme derrière.

Depuis le début de la crise de la COVID-19, les organismes qui soutiennent les femmes victimes de violence conjugale reçoivent très peu d'appels.

Photo : iStock

Deux organismes de l’Outaouais s’inquiètent pour les femmes victimes de violence conjugale. Depuis le début de la pandémie de la COVID-19, ils n’ont reçu pratiquement aucun appel pour de l’accompagnement d’urgence, alors que beaucoup de victimes sont confinées avec leur agresseur.

À la maison d’hébergement Pour Elles des Deux Vallées, on a mis plusieurs mesures en place depuis le début de l’épidémie de COVID-19.

On fait en sorte de limiter tous les contacts de l’extérieur, les dons, les livraisons. Les résidentes et intervenantes doivent porter des gants, il y a du Purell partout [...] et dans notre maison, quand une nouvelle femme est hébergée, on lui demande d’être en quarantaine pendant 14 jours pour ne pas contaminer les autres, explique la directrice générale Annick Brazeau.

Mais dans les faits, très peu de femmes appellent ou viennent en maison d’hébergement depuis le début de la crise de la COVID-19. Un contraste saisissant avec les dernières années où les maisons débordaient et ne pouvaient accepter de nouvelles résidentes.

Ce silence m’inquiète beaucoup [...] On est persuadés que la violence conjugale n’a pas disparu tout d’un coup. Comme tout est fermé, peut-être que les femmes ont l’impression que nous aussi, mais ce n’est pas le cas.

Annick Brazeau., directrice générale de la Maison d’hébergement Pour Elles des Deux Vallées

Mme Brazeau craint que les femmes confinées avec leur conjoint violent aient encore plus de difficultés à appeler à l’aide.

Une crainte partagée par le Centre d’aide et de lutte contre les agressions sexuelles (CALACS) de l’Outaouais. On n’a aucun appel pour de l’accompagnement d’urgence depuis dix jours, indique Laetitia Clairet, intervenante sociale au CALACS de l’Outaouais.

Le Centre a dû suspendre ses activités régulières, comme les ateliers de sensibilisation dans les écoles, le suivi de groupe ou encore le suivi individuel en personne. Mais il continue à fournir un accompagnement d’urgence par téléphone.

On continue à prendre nos messages, à retourner nos appels, beaucoup d'organismes font du télétravail, on reste là et notre équipe va être créative pour offrir plus de services, insiste Mme Clairet.

Des conseils pour les femmes

Les organismes conseillent d’abord aux proches qui sont au courant ou soupçonnent des violences conjugales de continuer à appeler les femmes coincées à la maison.

Quant aux femmes elles-mêmes, elles peuvent peut-être essayer de communiquer par code avec les maisons d’hébergement. Peut être nous dire "j’ai besoin de nourriture", comme une façon détournée d’appeler à l’aide, suggère Annick Brazeau.

Elle rappelle que la violence conjugale est une urgence qui ne s’arrête pas avec la pandémie.

Tout le monde est occupé par le COVID-19, mais la violence conjugale est une urgence, les femmes qui la vivent et qui appellent la police ou vont à l'hôpital vont être reçues quand même, rappelle Mme Brazeau.

Si vous avez besoin d’aide et que vous êtes en danger immédiat, appelez le 911.

Pour trouver de l’aide au Québec, vous pouvez contacter SOS violence conjugale au 1-800-363-9010.

Avec les informations d'Antoine Trépanier

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Ottawa-Gatineau

Coronavirus