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Qu'attendent les Ontariens de la mise à jour économique?

Un homme prend un rouleau de papier essuie-tout sur les tablettes.

Nombre d'épiceries peinent à remplir leurs tablettes, particulièrement de papier de toilette que les clients s'arrachent.

Photo : Radio-Canada / Michel Bolduc

Le gouvernement de Doug Ford annoncera une série de mesures pour soutenir l’économie ontarienne dans sa mise à jour économique, mercredi. Plusieurs familles et entreprises souhaitent un sérieux coup de main financier de la province.

C'est le cas de Badreddine Jablate, qui commence à être hanté par la question du prochain loyer et des factures à venir. Ce chauffeur routier indépendant dans la distribution agroalimentaire a arrêté de travailler depuis une semaine par crainte de contracter la COVID-19.

Une crainte d’autant plus légitime que M. Jablate est asthmatique. Originaire du Maroc, il s’est installé au Canada il y a 15 mois avec sa femme, désormais en télétravail à domicile, et leurs trois enfants.

Un homme portant des lunettes sourit

Badreddine Jablate, père de trois enfants, a arrêté son travail de chauffeur routier indépendant depuis le 16 mars. Nouvel arrivant au Canada, il dit « croiser les doigts » pour être reconnu éligible aux programmes d'aides de l'Ontario et du fédéral.

Photo : Radio-Canada / Courtoisie Badreddine Jablate

L’interruption de ses revenus complique déjà sévèrement la situation financière de la famille.

J’ai été contraint de résilier temporairement l’assurance automobile, témoigne-t-il. Avec le confinement, je suis conscient que la facture de gaz va exploser, l’électricité de même, sans compter le loyer et le budget nourriture.

Je suis dans le flou total.

Badreddine Jablate, conducteur de poids lourd

Le quadragénaire redoute enfin le fait de ne pas être admissible aux aides gouvernementales à venir.

Travis Silverman, de son côté, souhaite une aide financière adaptée aux familles qui sont touchées par les effets de la COVID-19, en fonction du nombre d’enfants et du coût de la vie. L'enseignant, qui habite à Toronto avec ses cinq enfants, craint de ne pas pouvoir joindre les deux bouts avec la fermeture prolongée des écoles.

Je ne sais pas quel sera mon revenu. Ça me stresse, affirme Travis Silverman.

Une personne regarde devant elle

Travis Silverman demande une aide financière adaptée selon le nombre d’enfants et le coût de la vie

Photo : Radio-Canada / Chris Langanzarde

Travis Silverman espère aussi que les processus de demande d'aide soient simplifiés. Je connais beaucoup de gens, beaucoup de travailleurs pour qui ce serait un processus intimidant.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

Une approche « prudente »

Le Canada se dirige vers sa plus importante contraction de l'économie depuis les années 60. Les économistes des grandes banques prédisent maintenant une contraction d'au moins 10 % dans les prévisions les plus optimistes. Le taux de chômage au pays devrait grimper au-dessus de 9 % au début de l'été.

Le ministre ontarien des Finances, Rod Phillips, présentera une mise à jour économique, mercredi, plutôt qu’un budget complet, tel que prévu. La situation évolue de jour en jour et d’heure en heure, explique-t-il, ce qui complique le calcul des revenus et des dépenses anticipées.

Cette mise à jour devrait inclure une poignée de mesures visant à soutenir les familles, les travailleurs et les entreprises, mais le ministre affirme que son gouvernement prône tout de même une approche « prudente ».

Lundi, le NPD suggérait au gouvernement de verser 2000 $ aux ménages aux prises avec le chômage ou avec une baisse de revenus, ainsi qu’un complément pour les familles, allant jusqu’à 250 $ par enfant.

Augmenter les dépenses et le déficit

Lors de son dernier énoncé économique, le gouvernement Ford envisageait un déficit de 9 milliards de dollars cette année, mais des économistes estiment que les conservateurs devront mettre sur la glace leur objectif d’équilibrer le budget d’ici cinq ans.

Nicolas-Guillaume Martineau.

Nicolas-Guillaume Martineau est professeur d'économie au Collège Glendon de l'Université York.

Photo : Radio-Canada / Ramin Pezeshki

C’est une situation de crise exceptionnelle. On ne résout pas ce genre de chose en augmentant ou en diminuant les impôts. On les résout par les dépenses publiques et ça veut dire, avec les recettes fiscales qui vont diminuer, de faire des déficits importants pour la province, explique l’économiste Nicolas-Guillaume Martineau.

On devra sans doute aggraver le déficit dans les mois qui suivent

Nicolas-Guillaume Martineau, professeur d’économie au Collège Glendon

Rebekah Young, économiste à la Banque Scotia, est elle aussi en faveur d’une intervention marquée de la province. Il faut dépenser plus et faire passer le message qu’on va dépenser plus, dit-elle.

Elle croit que l'Ontario devrait injecter 4 % de son PIB dans l'économie, soit plus de 30 milliards de dollars, comme l'ont fait les gouvernements lors de récessions précédentes.

Rebekah Young, économiste à la Banque Scotia

Rebekah Young, économiste à la Banque Scotia

Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny

En plus d’effacer les incertitudes économiques, la priorité est de supporter les ménages à faible revenu et les PME vulnérables avec un soutien direct. Plusieurs gens vont perdre leur emploi, et ça va s'empirer dans les semaines et les mois à venir.

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Toronto

Politique provinciale