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La COVID-19 accentue les défis économiques de l'Alberta, selon des experts

Le premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney.

La province a fort à faire pour limiter les effets d'une crise économique qui ne fait que commencer.

Photo : Radio-Canada

La crise économique qui secoue l'Alberta trouve entre autres ses racines dans la pandémie mondiale, mais aussi dans la chute dramatique des prix du pétrole. Les prochains mois s'annoncent compliqués pour la province et le monde entier, et les défis, notamment économiques, seront nombreux.

Selon Joseph Doucet, doyen de la Faculté d’administration de l’Université de l’Alberta, il est difficile de prévoir avec précision ce qui attend la province dans les mois à venir puisque, à l’heure actuelle, personne ne connaît la longueur et la gravité de la crise.

Une chose est sûre, toutefois : le budget, comme adopté la semaine dernière, n’a plus lieu d’être. Il n’y a aucun espoir pour la province de boucler son budget dans les deux ou trois prochaines années, compte tenu de l’effondrement significatif des recettes fiscales, affirme-t-il.

C’est pourquoi les gouvernements devraient se concentrer sur des solutions à court terme.

Le plus urgent est d’assurer une sécurité financière pour les travailleurs et les familles, pour que les gens puissent ne pas paniquer, explique Joseph Doucet, alors que de nombreuses personnes perdent leur emploi à la suite de la fermeture de beaucoup d’entreprises.

Un comité spécial responsable de la relance

Pour aider la province à faire face aux défis qui l’attendent dans les mois à venir, Jason Kenney a mis en place un comité spécial dont l'objectif sera de trouver des solutions à long terme.

Composé entre autres de l’ancien premier ministre canadien Stephen Harper et de l’économiste Jack Mintz, ce comité doit s'attaquer à une tâche titanesque, estime M. Doucet.

Je pense que les gouvernements vont être appelés à investir dans l'infrastructure comme moyen de faciliter la reprise de l’économie.

Joseph Doucet, doyen de la Faculté d’administration de l’Université de l’Alberta

Parmi les mesures envisageables, il y a l'adoption d'une taxe sur les ventes, comme au Québec, pour stabiliser les recettes fiscales de la province.

Joseph Doucet ne cache pas que cette mesure a ses avantages. Moi, j’ai longtemps milité en faveur d’une taxe de vente. C’est une des actions qui doit être prise par le gouvernement pour donner une plus grande stabilité au niveau de la prévision et de l’action fiscale, analyse-t-il.

Il admet toutefois que le moment n’est pas bon, puisque l’introduction d’une nouvelle taxe risquerait d’asphyxier davantage les porte-monnaie des Albertains, qui ont perdu un pouvoir économique considérable ces derniers jours.

Introduire une nouvelle taxe aujourd’hui, dans cette situation, serait presque criminel, martèle de son côté Marco Navarro-Génie, président de l'Institut Hautlin, réputé pour ses positions conservatrices.

Cela serait économiquement pire que de ne rien faire.

Marco Navarro-Génie, président de l'Institut Hautlin

Des taux qui facilitent l'endettement

Reste que l’endettement des gouvernements semble être la meilleure solution à ce jour, étant donné que les taux d'intérêt sont très bas. Cette situation ne semble toutefois pas faire l’affaire de tous.

Pour le moment, tout le monde se met d’accord que les taux d’intérêt vont rester bas et que l’accès au crédit va être relativement facile, compte tenu des actions des banques centrales, explique-t-il.

Marco Navarro-Génie partage également cette opinion, même si les conséquences de cet endettement risquent, selon lui, de se faire sentir sur une ou deux générations.

Il estime que les milliards injectés dans l’économie canadienne par les différents ordres de gouvernement sont essentiels pour garder une paix sociale.

Si on ne fait pas ce que les gouvernements sont en train de faire, on risquerait qu’il y ait des gens dans les rues, qu’il y ait une montée énorme du taux de criminalité; des choses que l’on ne peut pas vraiment imaginer dans un pays comme le Canada, dit-il, inquiet.

Malgré tout, il espère que si la crise n’est pas trop longue, les conséquences seront plus facilement surmontables.

Si on arrive à s’en sortir d’ici six à huit semaines, je pense qu’on aura une récession qui durera entre six mois et un an. Si cela dure beaucoup plus que deux mois, je pense que l’on pourrait aller jusqu’à créer une espèce de dépression, met-il tout de même en garde.

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