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La saison de pêche annulée à cause du coronavirus?

Un crabier, dans la glace, est accosté au quai. Au loin, la baie de Shippagan est toujours couverte de glace.

L'annulation de la saison n'est pas impossible s'inquiète des pêcheurs et un observateur.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

La saison de pêche est-elle en péril? Ce serait du jamais vu, mais son annulation, aussi difficile soit-elle pour l’économie de la Péninsule acadienne, est possible selon des gens du milieu.

C’est la grande question qui circule sur le quai de Shippagan, lundi. Ça ne regarde pas trop bien, lance Donat Robichaud, un capitaine suppléant. L’économie de tout le monde est touchée.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

Je ne sais pas, ça va dépendre du gouvernement [fédéral], ajoute son collègue, Jacques-Émile Roussel, crabier et propriétaire. C'est qu’avec les travailleurs dans les usines, je ne sais pas comment ça va marcher.

Jacques-Émile Roussel discute avec un journaliste qui tient un micro à distance à l'aide d'une perche.

Jacques-Émile Roussel s'inquiète des conséquences économiques chez les plus jeunes.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Il s'inquiète particulièrement des plus jeunes. Ils ont tous des maisons à payer, des familles à faire vivre. [...] Les travailleurs d'usine et les hommes de pont, ce n'est pas drôle pour eux autres.

Si on n’a pas de pêche ici dans le coin, ça va être un désastre.

Jacques-Émile Roussel, crabier

Si on devait en arriver là, la Péninsule acadienne va manger un coup, répond Donat Robichaud. Il précise que la pêche est l’une des principales industries dans la région.

Tout le monde est vraiment nerveux avec ça.

Difficile, voire impossible pour les usines

L’ancien ministre des Pêches du Nouveau-Brunswick, Bernard Thériault, ne veut pas « être le prophète de malheur », mais pour lui, les variables laissent présager le pire.

Les conditions semblent être réunies pour rendre la saison impossible.

Des travailleurs d'une usine de transformation de fruits de mer.

Des travailleurs d'une usine de transformation de fruits de mer.

Photo : Radio-Canada

D’un point de vue de santé publique, il doute qu’une usine de transformation puisse fonctionner avec la menace de la COVID-19. On travaille, dans l’eau, dans l’humidité, on travaille à un pied l’un de l’autre, il y a des centaines de personnes collées ensemble.

Je ne sais pas si le ministère de la Santé le permettrait.

Bernard Thériault, ancien ministre des Pêches du N.-B.

Il n’y a toujours aucun cas confirmé de COVID-19 dans la Péninsule acadienne. Mais le pire va venir, lance Bernard Thériault. Ça tiendrait du miracle qu’il n’en ait pas dans quelque temps.

L’ancien ministre s’inquiète aussi d’assister à la fermeture des marchés asiatiques et états-uniens. On vend 80 % et plus de nos produits à l’extérieur.

Le travail se poursuit sur les quais

Sur le quai de Shippagan, toute cette incertitude n’empêche pas les pêcheurs de travailler sur leurs bateaux pour s’assurer d’être prêts en vue d'une éventuelle saison.

Deux hommes travaillent sur des cages à crabes. Elles font la taille d'un homme et sont tressées de cordages orangés.

Malgré l'invitation à rester chez soi, plusieurs pêcheurs travaillaient au quai de Shippagan, lundi.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Nous autres, on n’a pas le choix, il faut avoir nos bateaux de près, et après, on doit attendre les règlements du MPO, explique Jacques-Émile Roussel.

Il précise que la température des membres de son équipage est prise chaque jour et qu’aucun d’eux n’a séjourné à l’extérieur du pays.

La Garde côtière canadienne a déjà commencé ses travaux de déglaçage de la région pour permettre aux pêcheurs de partir en mer, avant l'arrivée des baleines noires en mai.

Aucun changement « pour l'instant »

Pour l'instant, il n'y a aucun changement de prévu aux dates d'ouverture et de fermeture des pêches, indique une porte-parole du ministère Pêches et Océans. D'ailleurs, toutes les mesures visant à soutenir cette industrie sont prises, assure-t-elle.

La COVID-19 a de graves répercussions économiques sur l'économie mondiale, et nous allons soutenir les Canadiens tout au long de ce processus, assure-t-il.

Le ministère rappelle par exemple que l'industrie a obtenu une exemption des récentes fermetures de frontières pour les travailleurs étrangers temporaires.

On précise toutefois que la situation est constamment réévaluée.

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