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De l'efficacité des masques faits maison, asthme et risque : des réponses à vos questions

Une femme porte un masque sur lequel est imprimé une bouche ouverte et de grandes dents.

Le port du masque artisanal est recommandé par de nombreuses agences de santé publique. Au Québec, ce n'est pas le cas.

Photo : Reuters / Washington Alves

Vous êtes très nombreux à nous contacter à l'adresse temoin@radio-canada.ca (Nouvelle fenêtre) et sur notre page Facebook Radio-Canada Information (Nouvelle fenêtre) pour nous envoyer vos questions et vos préoccupations sur la COVID-19. Nous répondons à quelques-unes d'entre elles.


Y a-t-il des études sur l’efficacité des masques faits maison?

France Nobert, par la boîte Témoin

Ces études n’existent pas pour la simple et bonne raison qu’elles seraient impossibles à mener. Tous les masques faits maison, ou artisanaux, sont différents. Il est par conséquent impossible de les comparer.

Les quelques études à leur sujet ont simplement évalué leur niveau d’ajustement au visage ou leur capacité à retenir certaines particules, expliquait le 7 avril l’Institut national de santé publique du Québec.

Aucune étude ne dit que ça nuit, explique de son côté l’épidémiologiste Nima Machouf. Quand on sait que ça ne nuit pas, poursuit-elle, on le prend même si ça ne donne que 1 % de protection de plus.

Mme Machouf recommande le port du masque artisanal depuis plusieurs semaines maintenant. Elle souligne chaque fois que ce n’est qu’une mesure de plus qui s’ajoute au lavage des mains et à la distanciation physique.

C’est ce que ne cesse de répéter le directeur de santé publique du Québec, Horacio Arruda. Encore lundi, il a pris la peine de dire qu’il n’était pas antimasque. Simplement, le port du masque doit se faire adéquatement. Depuis le début de la pandémie, M. Arruda insiste beaucoup sur le faux sentiment de sécurité que peut générer le masque, ce qui lui fait craindre que certains relâchent ainsi les autres mesures d’hygiène.

Surtout, les masques chirurgicaux doivent d'abord servir aux gens en première ligne, soit le personnel soignant. Cela ne signifie pas que les masques sont inefficaces pour protéger la population en général.

Quoi qu’il en soit, il y a une littérature qui commence à démontrer que peut-être, le port du masque pourrait être un élément contributif à une diminution des épidémies, a dit le directeur de santé publique, lundi. Au cours de la semaine, on va avoir une position nouvelle par rapport à ça, a-t-il ajouté.

Les conditions adéquates de fabrication de masques artisanaux seront alors précisées. Des vidéos pourraient même être produites afin d’expliquer aux gens comment le porter et comment l’enlever. Parce que même en milieu de soins, les gens peuvent se tromper, selon M. Arruda.

S’il n’y a pas d’études sur son efficacité, le masque artisanal est tout de même recommandé par de nombreuses autorités de santé publique. L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) note que c’est le cas de l’Agence de santé publique du Canada, des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) américains, de l’Organisation mondiale de la santé, de l’Institut Robert-Koch en Allemagne et de l’Académie de médecine en France.

Voici donc ce qu’écrivait l’INSPQ le 7 avril : Même s’il n’y a pas de données probantes qui prouvent que le port d’un couvre-visage (masque non médical, par exemple un masque en tissu artisanal) dans la communauté protège efficacement la personne qui le porte, il pourrait être porté dans les lieux publics où il est difficile d’éviter des contacts étroits avec les autres en espérant que ceci diminue le risque de transmission du virus par les personnes asymptomatiques ou peu symptomatiques (les personnes symptomatiques ne devant pas sortir).

Quelle est la différence entre une transmission aérienne et une transmission par gouttelettes d’un virus?

Danièle Fréchette, par la boîte Témoin

C’est principalement la taille, répond Alex Carignan, microbiologiste-infectiologue au CIUSSS de l’Estrie.

Les gouttelettes sont de plus grosses particules qui vont se déposer dans l’environnement immédiat des gens. C’est en raison des gouttelettes qu'on applique les deux mètres de distance.

La transmission par aérosol se fait par de plus fines gouttelettes qui peuvent rester en suspension dans l’air. Elle a lieu la plupart du temps en milieu hospitalier, explique l’expert, lors de certaines procédures, comme une bronchoscopie. Quand on entre une caméra à l’intérieur des poumons, par exemple, ça peut générer des aérosols, dit-il.

C’est pour ça qu’on doit porter le masque N95 à l’hôpital. « On a aussi des chambres dites à pression négative, qui gardent le virus à l’intérieur et dont le système de ventilation est muni de filtres », ajoute le médecin.

Dans la vie de tous les jours, c’est la transmission par gouttelettes qui est responsable de la majeure partie de la propagation du virus.

Une personne asthmatique est-elle considérée comme plus à risque avec la COVID-19?

Jeanne Laliberté, Patricia Richard et de nombreux autres, par la boîte Témoin

Il n’y a pas de données qui indiquent que les personnes asthmatiques sont plus à risque que les autres d’être infectées par le nouveau coronavirus, rappelle Alex Carignan, du CIUSSS de l'Estrie.

Deux études menées en Chine et en Corée du Sud n’ont pas observé que les patients asthmatiques hospitalisés étaient surreprésentés dans les populations étudiées en lien avec la COVID-19, indique aussi la Société canadienne de thoracologie.

Par contre, ceux qui souffrent d’un asthme non contrôlé peuvent être à risque de développer des complications s’ils deviennent infectés, reconnaît le Dr Carignan.

Les gens asthmatiques doivent donc être encore plus prudents que la moyenne, recommande-t-il, afin de ne pas acquérir l’infection.

Le 25 mars, Asthme Canada recommandait déjà aux gens atteints de cette maladie de demander à un ami ou à un proche de faire leurs courses pour eux et de se faire apporter leurs provisions.


J'ai presque 65 ans et mon employeur commence à rappeler des travailleurs. Est-ce que je peux refuser en raison de mon âge?

Yvon Lapierre, par la boîte Témoin

Vous pouvez refuser, bien sûr, mais il vous faudra alors quitter volontairement votre emploi.

En matière d’aide d’urgence, rien n’est prévu spécifiquement pour les personnes âgées qui travaillent et qui sont autonomes, mais qui ne veulent pas se rendre au travail.

Si vous refusez de travailler pour votre propre sécurité ou pour celle de votre conjoint ou conjointe, vous risquez donc de perdre cette source de revenus sans être admissible à la Prestation canadienne d’urgence (PCU).

Pour avoir droit à ces 500 $ par semaine pour un maximum de 16 semaines, on doit avoir perdu son emploi à cause de la COVID-19.

On peut aussi y avoir droit si l'on est atteint de la COVID-19 et que l'on ne peut pas travailler, ou si on s’occupe de quelqu’un qui est atteint de la maladie.

Ceux qui doivent rester à la maison pour s’occuper d’une personne à charge, comme de nombreux parents qui n’ont plus accès à un CPE ou une garderie, sont aussi admissibles.

Mais pour l’instant, les personnes âgées ne font pas partie d’une quelconque exception.

Mon conjoint a 80 ans, j’en ai 73. Nous pratiquons le vélo, le jogging, nous ne souffrons d’aucune maladie chronique. En quoi sommes-nous plus à risque que des gens de 50 ans?

Jocelyne Lefebvre, par la boîte Témoin

Plus les gens sont âgés, plus le risque qu’ils développent des complications, qu’ils se rendent aux soins intensifs et qu’ils meurent augmente, répond Karl Weiss, président de l'Association des médecins microbiologistes-infectiologues du Québec.

Tout simplement.

L'une des hypothèses à l’étude est qu'en vieillissant nos récepteurs au niveau pulmonaire se multiplient. Cela permettrait au virus de s’attacher plus facilement aux cellules et de créer des problèmes plus importants.

Il y a aussi l’aspect de l’immunité, poursuit M. Weiss. Plus on est âgé, moins notre système immunitaire apprend et s’adapte.

C’est une simple question de risque, expose-t-il.

Son collègue Alex Carignan, microbiologiste-infectiologue au CIUSSS de l’Estrie, va dans le même sens : une personne de 40 ans très en forme est moins à risque qu’une personne de 80 ans qui l'est tout autant, illustre-t-il.

Le médecin se veut toutefois rassurant et précise qu’il est clair que le fait d’être en bonne santé, quand on a 70 ans et plus, est une grande chance. Très souvent, dit-il, les complications observées dans cette tranche d’âge le sont chez ceux qui ont d’autres comorbidités, c’est-à-dire d’autres problèmes de santé sous-jacents.

Mais, il y a un mais. De façon indépendante, l’âge a malheureusement un rôle à jouer. Personne n’échappe aux statistiques, laisse tomber l’expert.

Les particuliers ne peuvent plus vendre leur voiture puisque les bureaux de la SAAQ sont fermés. Quand prévoit-on permettre cela? Aussi, les motos doivent obligatoirement être immatriculées ou transférées à un nouveau propriétaire au 1er mai. Comment fait-on?

Pierre Trudeau, par la page Radio-Canada Information sur Facebook

La Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) assure travailler à un élargissement de son offre de services tout en respectant les directives gouvernementales en matière de santé publique.

C’est du moins ce qu’elle nous a répondu par courriel, vendredi, quand nous l’avons relancée au sujet du transfert entre particuliers.

La société d’État a indiqué en fin de journée, vendredi, qu'elle faisait un premier pas. Dans un communiqué, la SAAQ a annoncé qu'à compter du 20 avril certains services en permis et en immatriculation seront offerts sur rendez-vous.

De plus, des mesures seront mises en place pour accompagner les clients par d’autres moyens que la prestation en personne. Par exemple, le transfert de propriété entre particuliers pourra être offert également par la poste, écrit-on.

Pour ce qui est des motos, la SAAQ rappelle que les autorités de santé publique demandent aux Québécois d’éviter tout déplacement non nécessaire.

Donc, la décision de remiser ou déremiser un véhicule appartient aux propriétaires, répond la société d’État.

Le coût de l’immatriculation, par exemple, variera en fonction de la période de validité de votre droit de circuler. Des remboursements sont prévus dans certains cas.

Ces questions sont abordées en détail sur le site de la SAAQ (Nouvelle fenêtre).

Rappelons en terminant que depuis le 25 mars, la Société de l'assurance automobile du Québec offre, sur rendez-vous seulement, certains services qu’elle juge essentiels.


Mon épouse et moi avons contracté la COVID-19. Nous sommes maintenant guéris. C’est exactement la même chose pour mon fils et sa conjointe, tests à l’appui. Pouvons-nous nous réunir tous les quatre?

Luc Brophy, par la boîte Témoin

Au plan infectieux, vous êtes de ceux qui pourraient se réunir, répond Alex Carignan, du CIUSSS de l’Estrie.

Le risque de transmission entre vous est pratiquement nul, assure l’expert.

En effet, il y a, pour l’instant, consensus scientifique : ceux qui guérissent de la COVID-19 développent une immunité contre la maladie. Pour combien de temps? Là-dessus, aucun consensus, car, nouveau coronavirus oblige, les données manquent.

Si la situation de M. Brophy et de sa famille est appelée à devenir plus fréquente au cours des prochains mois, elle est actuellement très rare.

Et le médecin Carignan – on le comprend! – ne veut pas être celui qui leur recommandera de se réunir, ce qui irait à l’encontre des consignes de la santé publique.

Les autorités policières, qui peuvent maintenant signifier des contraventions à ceux qui ne respectent pas ces consignes, ne sont pas encore prêtes à gérer ce type de situation.

Le « passeport immunitaire », qui permettrait à ceux qui ont guéri de la maladie de reprendre leur vie normale, est un dossier qui revient souvent, mais qui n’est qu’embryonnaire et semé d’embûches.

Pour l’heure, le projet n’est pas réalisable en raison de la faible qualité du dépistage. Mais, au-delà du volet scientifique, le « passeport immunitaire » demeure un enjeu épineux. De nombreux experts indiquent, par exemple, que son existence pourrait inciter certaines personnes à contracter la COVID-19 volontairement.

Ce n’est pas du tout ce que souhaitent les différentes autorités de santé publique de la planète!

Bref, pour l’instant, la situation de M. Brophy et de sa famille est trop rare pour que le gouvernement et ses experts y répondent. Mais c’est ce vers quoi on se dirige.


L’école recommencera-t-elle, oui ou non? On le voit dans d’autres pays, mais qu’en est-il du Québec?

Annie Chassé, par la boîte Témoin

Le gouvernement souffle le chaud et le froid sur cette question depuis que le premier ministre, François Legault, a dit vendredi dernier, en conférence de presse, qu’une reprise de l’école était possible avant le 4 mai en précisant qu’il était plus que sérieux.

M. Legault a reculé depuis. Pour l’instant, aucune décision n’est prise sur la réouverture des écoles. Les différents scénarios de réouverture n’en sont même qu’au stade préliminaire.

Mardi, les professeurs et les directeurs d’école ont déploré être dans le néant et ont réclamé des balises pour se préparer à la reprise.

Mercredi, des invitations pour démarrer les discussions avec les enseignants, les directions d’école et les autres acteurs du milieu éducatif ont été envoyées.

Jeudi, on apprenait que le gouvernement est divisé sur la question.

Québec est aux prises avec la situation dans les CHSLD, cette semaine, et ne semble avoir que peu de temps à consacrer à la question des écoles.

Ailleurs, il est vrai que la réouverture des écoles a lieu, comme au Danemark. En France et en Allemagne, elle est prévue pour le début de mai.

Pour ce qui est du Québec, il faudra vraisemblablement attendre la semaine prochaine pour en savoir plus.

Dans l’éventualité d’une réouverture des écoles au printemps, il semble déjà évident que la fréquentation ne sera pas obligatoire.


Serait-ce possible de provoquer l'immunité de groupe?

Jacinthe Poirier, par la boîte Témoin

Le retour des enfants dans les écoles serait une possible première étape dans une stratégie d’immunité de groupe, qui est l’atteinte d’un seuil de 60 % à 70 % d’une population qui a contracté la maladie et qui en est guérie.

On sait que les enfants ne sont pas à risque d'avoir la COVID-19 et encore moins de développer des complications.

C’est du moins l’état actuel de la science, insiste Caroline Quach, pédiatre, microbiologiste-infectiologue et épidémiologiste au CHU Sainte-Justine.

L’idée n’est certainement pas d’utiliser les enfants comme cobayes.

C’est plutôt, comme l’indiquait cette semaine l'influente Académie allemande des sciences Leopoldina, que les parents d’enfants d’âge primaire sont généralement plus jeunes, donc moins susceptibles de développer des complications si leurs enfants leur transmettent la COVID-19.

L’académie Leopoldina recommande d’ailleurs la réouverture aussi vite que possible des écoles primaires et secondaires.

Quant à l’hypothèse de cibler les gens moins à risque, par exemple les jeunes en santé, et de les infecter volontairement afin d’accélérer l’atteinte de l’immunité de groupe, elle a certainement été évaluée par la santé publique.

Mais, indique Alex Carignan, microbiologiste-infectiologue au CIUSSS de l’Estrie, il est très difficile de limiter la transmission à des groupes étroits.

Les jeunes en bonne santé vont travailler, vont avoir des contacts avec les gens plus à risque, ceux qui ont des problèmes de santé ou qui sont plus âgés, cite-t-il en exemple.

Dans un scénario idéal, concède l’expert, on atteindrait l’immunité de groupe en limitant les dégâts, en limitant les complications. Si on pouvait le faire de façon simple, ça pourrait être une solution très intéressante; mais malheureusement, c’est très difficile en pratique, conclut-il.


Y a-t-il une possibilité qu’on ne trouve jamais de vaccin? Comme pour le VIH par exemple?

Mario Blais, par la boîte Témoin

On doit demeurer optimiste, répond Alex Carignan, du CIUSSS de l’Estrie.

En médecine, il n’y a jamais de garantie, rappelle-t-il. Les gens travaillent certes très fort, mais la possibilité qu’on ne trouve pas de vaccin existe, malheureusement.

Les comparaisons avec le VIH sont toutefois très difficiles à faire. Le VIH est un virus tout autre, avec un mécanisme différent qui s’attaque à notre système immunitaire, insiste M. Carignan.

Un coronavirus aura une atteinte seulement indirecte sur notre système immunitaire.

L’expert dit avoir bon espoir qu’on arrivera à créer un vaccin contre ce nouveau coronavirus, mais ajoute qu’il faudra être patient.


En début de pandémie, un appel a été lancé pour le don de sang. Le sang d’une personne asymptomatique est-il porteur du virus?

Dolorès Soucy, par la boîte Témoin

D’abord, toute personne atteinte de la COVID-19 ou qui l’a été doit attendre 14 jours à compter de la date de rétablissement avant de faire un don de sang, rappelle Héma-Québec.

Ensuite, on indique que le niveau de risque de la COVID-19 demeure faible en matière transfusionnelle.

À ce jour, il n’y a aucune preuve que ce virus est transmissible par transfusion. La transmission par transfusion d’un virus respiratoire — incluant la COVID-19 — n’a en effet jamais été documentée, indique Héma-Québec.


Peut-on attraper une deuxième fois la COVID-19?

Michel Bujold et plusieurs autres, par la boîte Témoin

Le constat général demeure le même : lorsqu’on est infecté, on ne devrait pas l'être à nouveau, répond Alex Carignan, infectiologue au CIUSSS de l’Estrie et professeur-chercheur à l’Université de Sherbrooke et au Centre de recherche du CHUS.

Une fois qu’on a fait l’infection, on est considéré guéri et on monte une réponse immunitaire qui devrait nous protéger contre des infections subséquentes, ajoute Karl Weiss, chef du service des maladies infectieuses de l'Hôpital général juif de Montréal.

Les deux experts se sont exprimés au micro de Patrice Roy au cours des derniers jours.

Oui, poursuit Alex Carignan, quelques personnes semblent avoir fait une deuxième infection, mais, dans la majorité des cas, il s’agit de situations spécifiques, comme des gens dont le système immunitaire était si faible qu’il n’a pu produire une réponse à la première infection.

Sinon, ça revient souvent à la fiabilité des tests, précise Karl Weiss. Bien souvent, quand on est déclaré positif une deuxième fois, c’est en raison d’une erreur de test plutôt que d’une réelle double infection.

Selon les connaissances actuelles, vous avez guéri, vous êtes donc immunisé pour quelques années, spécifie M. Weiss. À moins que le virus ne se mette à changer, à muter de façon radicale, ce qui n’est pas du tout typique de ce virus, conclut-il.


Y a-t-il un marqueur commun chez les patients asymptomatiques?

Nancy Mimeault, par la boîte Témoin

Il va falloir trouver des marqueurs génétiques et savoir pourquoi certaines personnes n'ont pas de symptômes et ne sont pas malades, alors que d’autres vont développer des maladies très graves, rappelle Karl Weiss, qui est aussi président de l’Association des médecins microbiologistes-infectiologues du Québec.

On voit que certaines personnes exposées de façon intense au virus, par exemple en étant en contact répété avec des gens très malades, ne tombent pas malades et ne développent presque aucun symptôme, expose-t-il.

D’autres personnes auront des maladies très graves après une exposition pas du tout intense, même un peu douteuse.

Il y a certainement des marqueurs génétiques responsables de cet état de fait, statue l’expert.


Avec la saison d’ouverture des piscines qui approche, il serait utile de savoir si elles sont susceptibles de devenir des bains de COVID-19.

André La Fontaine, par la page Radio-Canada Information sur Facebook

Ce ne sera pas le cas et vous pourrez vous baigner – tout en respectant les consignes de distanciation physique – en toute sécurité.

Le chlore et les autres désinfectants arrivent très bien à inactiver les coronavirus comme le SRAS-CoV-2, indique l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), qui s’appuie sur les travaux des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), l’autorité de santé publique des États-Unis.

Il n’y a pas de preuve d'un risque de transmission de la COVID-19 par l’eau de baignade, écrit l’INSPQ sur son site web.

Le bon fonctionnement, l'entretien et la désinfection [par exemple au chlore et au brome] des piscines, des cuves thermales ou des spas, ainsi que des terrains de jeux aquatiques devraient permettre d'inactiver le virus à l'origine de la COVID-19, écrivent pour leur part les CDC.


Est-ce que les gens ayant un diabète de type 1 et 2 sont considérés dans le groupe des gens plus à risque? Ou seulement les gens ayant un diabète de type 1?

Sabrina April, de Québec

Que ce soit du côté de l’American Diabetes Association ou de Diabète Canada, on ne fait pas de facto la distinction entre les types 1 et 2.

Tout indique, toutefois, que les complications liées à la COVID-19 sont plus fréquentes chez les diabétiques de type 2.

Certaines des informations dont nous disposons sur les résultats [liés à la COVID-19] chez les personnes atteintes de diabète peuvent concerner principalement celles atteintes du type 2. Il faut aussi noter qu’une grande partie des mauvais résultats obtenus chez les diabétiques concernent ceux qui présentent de nombreuses autres comorbidités, explique Peter Senior, endocrinologue de l’Université d’Alberta, sur le site de Diabète Canada.

Les jeunes atteints du diabète et qui sont en santé ne devraient pas s’inquiéter outre mesure de développer des complications liées à la COVID-19, dit-il.

Mais cette infection demeure très imprévisible. Ce n’est pas le temps de s'exposer à des risques, mais plutôt de prendre des précautions, insiste le spécialiste.

Sinon, en effet, les personnes atteintes de diabète sont plus susceptibles de subir de graves complications liées à la COVID-19, rappelle l’American Diabetes Association.

C’est ce que répète aussi l’infectiologue Alex Carignan, du CIUSSS de l’Estrie, qui ajoute qu’outre l’âge, ceux qui ont des problèmes cardiaques ou pulmonaires sont aussi plus à risque.


Quelles sont les statistiques épidémiologiques pour le groupe d’âge 0-10 ans? Quel serait le risque de les retourner à la garderie ou à l’école plus hâtivement?

Mireille Cartier, par la boîte Témoin

Les enfants seraient probablement tout à fait corrects, croit Caroline Quach. On voit peu ou pas de complications chez les 0-10 ans, et d'ailleurs l’infection n’a pas l’air de les atteindre tant que ça, poursuit la microbiologiste-infectiologue du CHU Sainte-Justine.

On sait que les enfants de cet âge sont capables de passer au travers de la COVID-19. Dans certaines familles, quand un adulte est atteint et qu’il transmet la maladie à un petit, l’enfant va être malade de façon très légère. Dans d’autres familles, l’enfant n’aura jamais de symptômes.

Le risque ne vise pas les enfants, poursuit Mme Quach, mais il réside plutôt dans le fait qu’ils se transmettent le virus et l'apportent à la maison. C’est pour ça que les garderies et les écoles sont fermées, rappelle-t-elle, afin de ralentir le plus possible la transmission dans la société.

Comme ils ne sont pas à risque, c’est possible que les garderies et les écoles rouvrent. Caroline Quach ajoute une mise en garde : Il faudra alors voir comment on va gérer les parents, qui pourraient ainsi attraper [la maladie] et la propager entre eux de façon plus soutenue.


Pourquoi parle-t-on de possibles vagues de la COVID-19 plus tard cette année? Avec le SRAS et le H1N1, à ma connaissance, il n’y a pas eu de deuxième vague.

Isabelle Vaillancourt et de nombreux autres, par la boîte Témoin

En effet, il n’y a pas eu de deuxième vague concernant le SRAS, concède Caroline Quach, microbiologiste-infectiologue au Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine.

Mais, ajoute-t-elle, ce virus se transmettait beaucoup moins facilement que le nouveau coronavirus.

Avec le H1N1, toutefois, il y a bel et bien eu une deuxième vague. La première, au printemps 2009, n’a pas été si pire, mais à l’automne suivant, la deuxième a complètement submergé le Québec.

On a été chanceux, rappelle la médecin, puisque la création rapide d’un vaccin nous a permis de contrôler la deuxième vague.

Avec la COVID-19, tout indique que la première vague s’estompera avec l’arrivée de l’été, notamment puisque les gens seront plus souvent dehors. Le virus, qui est sensible à la chaleur, restera aussi moins longtemps sur les poignées de porte et autres surfaces du genre.

Une fois la saison estivale terminée, par contre, il n’y a aura toujours pas de vaccin.

En septembre, quand l’école va recommencer et que les gens vont de nouveau se regrouper à l’intérieur, ça va reprendre, soutient la microbiologiste-infectiologue.

D’autant plus qu’il sera beaucoup trop tôt pour que l’immunité de groupe soit établie. Il s’agit du seuil de gens – de 60 à 70 % d’une population – qui doivent avoir eu la maladie et s’en être remis, ce qui permet d’éviter une transmission soutenue, puisque le virus doit alors multiplier les détours pour passer d’une personne à l’autre.

Si on est à 10 % d’infection présentement, on ne sera pas rendu, cet automne, aux 60 à 70 % nécessaires pour espérer que tout s’arrête, avance Caroline Quach.

Quant à l’absence de vaccin, le meilleur scénario est celui qui nous permet d’éviter un rebond de la pandémie, estime une autre microbiologiste-infectiologue, Cécile Tremblay, du CHUM.

Quand viendra le moment d’alléger les mesures de confinement, il faudra y aller très graduellement afin d’identifier les nouveaux cas et de contrôler l’isolement et la mise en quarantaine de ces personnes, dit-elle.

C’est un peu ce qu’on pourrait espérer de mieux pour éviter que la deuxième vague ne nous submerge à son tour, explique Mme Tremblay.

Elle va dans le même sens que sa collègue, donc, et estime qu’une deuxième vague est inévitable.

On ne peut pas faire de miracle, mais on peut s’assurer qu’on ne commence pas à tout rouvrir tant que l’épidémie n’est pas sous contrôle, avance la médecin.


On rapporte que le vaccin BCG contre la tuberculose apporterait une certaine protection à celles et ceux qui l’ont reçu. Est-ce exact?

Mireille Beaulac et Isabelle Bohm, par la boîte Témoin

En effet, on sait déjà que le BCG peut avoir des effets bénéfiques autres que celui de protéger les gens contre la tuberculose, explique Caroline Quach, microbiologiste-infectiologue au Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine.

De là à conclure que ce vaccin protège contre la COVID-19, il y a un pas que je ne suis absolument pas prête à franchir, précise-t-elle.

Une étude récente existe, mais il faut faire attention à ses conclusions, ajoute l’experte, car il s’agit d’une étude écologique. Cela veut dire qu’on a comparé les taux d’infection par la COVID-19 de populations où le BCG est donné à ceux de populations où il n’est pas donné.

Cette étude a été menée assez tôt dans la pandémie, se remémore-t-elle, soit à un moment où les pays en développement, où est utilisé le BCG, n’étaient toujours pas en mesure de détecter les cas de COVID-19.

C’est intéressant puisque ça génère des hypothèses, se permet-elle d’avancer.

D’autres études avec des devis différents seront toutefois nécessaires. Les études écologiques sont très propices à différents biais, explique la médecin, car elles tiennent compte de la population en général sans fournir de données plus précises.

C’est aussi ce que l’on voit actuellement avec la chloroquine, indique Caroline Quach, qui rappelle qu’il faut faire attention à ce produit, puisque des cas de toxicité cardiaque sont signalés relativement à son utilisation.

Si je suis atteinte de la COVID-19, je n’irai pas me chercher une dose de chloroquine à la pharmacie sans faire partie d’une étude où il y a des suivis, dit-elle.

Nous ne sommes pas du tout rendus au point où l’utilisation de la chloroquine à grande échelle est souhaitable, juge l’experte. Dans des cas sévères, quand on n’a pas d’autres choix, c’est sûr qu’on va l’utiliser, mais sous surveillance, à l’hôpital, souligne-t-elle.


Je suis grand-père. Je respecte les consignes. Quand pourrais-je voir mes petites-filles de 2 et 5 ans et les serrer dans mes bras?

Miville St-Pierre, par la boîte Témoin

Malheureusement, on ne le sait pas encore, répond Alex Carignan, infectiologue au CIUSSS de l’Estrie et professeur-chercheur à l’Université de Sherbrooke et au Centre de recherche du CHUS.

Pour l’instant, ça fait partie des rassemblements que la santé publique recommande d’éviter. D'autant qu’il peut y avoir davantage de complications chez les personnes âgées lorsqu'elles sont infectées.

Avec la diminution graduelle de l’épidémie, quand on va tomber du bon sens de la courbe et qu’on va rouvrir un peu les activités sociales, on aura une meilleure idée du moment où ce sera possible, dit-il.

Mais il est encore trop tôt pour le dire.


J'ai 68 ans et je vais garder ma petite-fille, car mon fils et sa conjointe travaillent. Est-ce permis? Peut-on me donner une contravention?

Carole Coulombe, par la boîte Témoin

Comme le dit l’infectiologue Carignan, ce n’est pas recommandé par la santé publique, puisque les personnes âgées peuvent vivre davantage de complications si elles sont infectées.

Cela dit, ce n’est pas interdit non plus, comme l’a déterminé notre journaliste Thomas Gerbet, dans un papier publié jeudi.

Il a notamment contacté le Directeur des poursuites criminelles et pénales, puisque certains services de police se contredisent quant aux amendes de 1000 $ qu’ils peuvent remettre à ceux qui participent à des rassemblements illégaux.

Notre collègue a aussi indirectement confirmé que vous pouvez toujours aller vous occuper de votre petite-fille sans craindre d’être mise à l’amende.

Sur son site Internet, Québec indique notamment qu’un rassemblement intérieur est possible dans une résidence privée quand ses occupants accueillent toute personne leur offrant un service ou le soutien requis. On ajoute que, dans la mesure du possible, il faut maintenir une distance minimale de 2 mètres avec les occupants.


Qu’en est-il des cyclistes qui se croisent forcément à moins de deux mètres étant donné l’étroitesse des pistes cyclables?

Guy Martin et d’autres, par la boîte Témoin

Il y a une certaine paranoïa qui s’installe au sujet des cyclistes, des coureurs et des marcheurs, fait remarquer Alex Carignan, infectiologue au CIUSSS de l’Estrie.

Il y a un risque théorique qui existe dans ces situations. Le risque zéro n’existe pas, reconnaît-il. Mais on parle de contacts qui sont très brefs, qui sont instantanés.

On a des choses plus importantes à faire que de se soucier des coureurs ou des cyclistes, dit le médecin.

On doit se soucier des rassemblements qui durent plus longtemps, car c’est vraiment par ces contacts-là, au travail ou entre amis par exemple, que les gens vont l’attraper.

Le risque d’attraper le nouveau coronavirus en croisant un cycliste est donc minime, infime. Il faut mettre les choses en perspective, relativise l’infectiologue.


Il va falloir changer les pneus d’hiver de notre véhicule bientôt. Quand pourrons-nous le faire?

Fabien Côté, par la page Radio-Canada Information sur Facebook

D’abord, pas de panique, indique CAA-Québec, qui recommande d’attendre que la température atteigne un minimum de 7 °C, de jour comme de nuit.

Et comme les déplacements de la majorité des gens seront limités au cours des prochaines semaines, vos pneus ne subiront pas de dommages, indique l’organisation.

Tant que le soleil ne fait pas chauffer le bitume, poursuit-on chez CAA-Québec, vos pneus peuvent être conservés.

S’il est vrai que certains garages et ateliers mécaniques sont toujours ouverts malgré la crise, ils ne le sont que pour les réparations d’urgence ou nécessaires pour la sécurité.

La pose de pneus d’été n’est pas jugée prioritaire.

Cela dit, rien ne vous empêche de contacter votre garage, s’il est ouvert, pour prendre un rendez-vous afin d’éviter la cohue lorsque les restrictions liées à la COVID-19 seront levées, conclut l’organisme.


Je propose à la mère de mes enfants, qui est infirmière et qui envoie nos enfants dans un service de garde quand elle travaille, de les garder en isolement avec moi 100 % du temps pendant la pandémie, afin de minimiser les risques de contagion. Elle refuse. Ai-je des recours?

Jean-Christophe Noël, par la boîte Témoin

Non, à moins que votre ex-conjointe soit négligente, répond Alain Roy, professeur titulaire à la Faculté de droit de l’Université de Montréal, qui indique qu’on commence à avoir des réponses dans le cas de la garde d’enfants, puisqu’il y a une bonne dizaine de jugements qui ont été rendus au Canada depuis le début de la pandémie, dont un au Québec, par la juge Johanne April.

Une chose est claire, selon l’expert : la pandémie n’est pas en soi un motif suffisant pour qu’un parent se retire unilatéralement des modalités de garde ou qu’il fasse obstacle au droit de l’autre parent.

Il faut des circonstances très particulières pour qu’un parent décide de garder l’enfant avec lui au mépris des droits d’accès ou de la garde partagée convenue, indique le professeur de droit.

Le fait qu’un parent travaille dans le réseau de la santé, par exemple, n’est pas un motif suffisant, dans la mesure où ce parent applique les consignes d’hygiène.

Le fait qu’un parent habite dans une zone à accès restreint n’est pas un motif suffisant non plus.

Un motif suffisant serait, par exemple, le fait qu’un des parents soit carrément infecté par la COVID-19, ou qu’il ait des symptômes et qu’il soit en quarantaine.

Être négligent et minimiser l’impact de la crise en n’appliquant pas les mesures d’hygiène élémentaire est aussi un motif suffisant.

On peut souhaiter que les parents fassent preuve de suffisamment de maturité pour s’entendre, poursuit M. Roy. On peut convenir de réaménagements dans la garde partagée, par exemple.

Sinon, les services de médiation fonctionnent toujours et peuvent être très utiles.

Si l’entente n’est pas possible et que la médiation ne mène à rien, les tribunaux fonctionnent toujours, mais à vitesse réduite.

Il est possible de demander à un avocat de se saisir du dossier si on a un motif suffisant.

Alain Roy souligne toutefois à gros traits qu’il ne faut pas oublier de consulter l’enfant dans tout ça. L’enfant lui-même peut avoir ses propres préoccupations, on ne peut pas passer carrément par-dessus. Il est le premier concerné par la problématique, insiste-t-il.

En moyenne, la parole d’un enfant de 8 ans est généralement prise en compte par un juge, si on se fie aux balises de la jurisprudence, indique l’expert.

À 12 ans, on considère que la parole de l’enfant est assez pesante, ajoute-t-il.


Si on est déclaré positif, on doit attendre 14 jours après la fin des symptômes pour ne plus être contagieux, mais on ne peut pas subir un nouveau test. C’est bien ça?

Branca Franchini, par la boîte Témoin

C’est ce qu’on appelle de la gestion de risque, explique Alex Carignan, infectiologue au CIUSSS de l’Estrie et professeur-chercheur à l’Université de Sherbrooke et au Centre de recherche du CHUS.

Au bout de 14 jours, lorsque la personne n’a plus de symptômes depuis un certain temps, on considère que son niveau de contagion est minimal.

On n'a pas démontré que, même si le virus subsiste quelque peu chez cette personne, il réussisse à infecter d’autres personnes, indique l’infectiologue.

Pour le grand public, donc, on considère que les risques de contagion sont très, très faibles après 14 jours.

En ce qui concerne les travailleurs de la santé, on procède à un test 14 jours après le diagnostic ou lorsqu'ils n’ont plus de symptômes. On doit même s’assurer à deux reprises qu’il soient négatifs, explique M. Carignan.

Comme ils retourneront soigner des gens, on veut certifier que le risque n’est pas seulement minimal, mais qu’il est carrément nul.


Nous avons un chat qui va souvent dehors. Y a-t-il des risques de contamination par le coronavirus? Y a-t-il des consignes à respecter?

Diane Dupuis, par la boîte Témoin

Il n’y a aucune preuve scientifique selon laquelle nos chats et nos chiens peuvent nous transmettre directement le coronavirus ou la COVID-19, répond le médecin vétérinaire Michel Pepin, responsable des communications de l’Association des médecins vétérinaires du Québec (AMVQ).

On sait par contre que les animaux peuvent être un transmetteur indirect, comme un meuble, dit-il.

Si vous êtes porteur de la maladie, par exemple, et que vous postillonnez sur votre animal, vous pouvez répandre le virus sur son poil. On ne sait pas combien de temps ça peut rester sur le poil, quelques heures probablement, poursuit le Dr Pepin.

L’AMVQ invite donc les gens à prendre des précautions et à garder leurs animaux à l’intérieur.

Pas question de laisser sortir votre chat, recommande-t-on.

Si vous touchez un animal qui n’est pas le vôtre, lavez-vous les mains, évidemment.

Et la distanciation physique s’applique aussi à vos animaux. Si vous promenez votre chien, ne mettez pas les gens en contact avec votre animal.

Pour ce qui est de la transmission du virus, aucune inquiétude pour l’instant, indique l’AMVQ.

Oui, un chat en Belgique et un autre à Hong Kong ont été atteints de la COVID-19, rappelle Michel Pepin, tout comme un tigre du zoo du Bronx, à New York, qui aurait contracté la maladie par l’entremise d’un gardien du zoo qui ne présentait aucun symptôme.

Mais c’est anecdotique, rassure le vétérinaire. Il y a plus d’un million de cas chez les humains à travers la planète et il existe des centaines de millions de chiens et de chats.

Les animaux qui sont atteints de la COVID-19 présentent certains symptômes : perte d’appétit et toux sèche. Mais à part cela, précise Michel Pepin, ce n’est pas plus grave.

Qu’est-il des autres animaux? On sait que les furets, lors de la crise du SRAS, étaient sensibles au coronavirus, indique le médecin vétérinaire. Ils peuvent se le transmettre entre eux, ajoute-t-il, mais pas aux humains.

Bref, c’est anecdotique, mais on surveille ça attentivement, conclut-il.

Mon fils fréquente une école privée. Puisqu'il n'y a pas de cours et de services, pourquoi doit-on payer les droits de scolarité du mois d’avril?

Touria Janboubi, par la boîte Témoin

Parce que toutes les écoles privées, du moins celles représentées par la Fédération des établissements d’enseignement privés (FEEP), offrent présentement des formules d’enseignement à distance, explique le président de l’organisme, David Bowles.

Jusqu’au 27 mars, le ministère de l’Éducation obligeait par ailleurs les écoles privées à payer l’entièreté des salaires de leurs employés ainsi que leurs fournisseurs, ce qui inclut le transport scolaire, rappelle M. Bowles.

Depuis le 27 mars, on a un peu plus de latitude. On a maintenant la possibilité de négocier directement avec nos fournisseurs et de faire des mises à pied si on considère que c’est nécessaire, explique-t-il.

Ces mises à pied ne touchent que le personnel de soutien, car M. Bowles assure qu’à sa connaissance, tous les enseignants et les directions d’école travaillent actuellement.

Ce qui n’a pas changé, c’est que l’année scolaire n’est pas annulée. Les enseignants vont devoir évaluer les résultats des élèves à la fin de l’année.

Pour l’instant, donc, aucune école privée de la FEEP n'offre de rabais sur les droits de scolarité, puisque les enseignants comptent pour la majeure partie des masses salariales.

Il y aura peut-être certains rabais au terme de l’année, quand les établissements auront un portrait global de la situation, mais il ne faut pas s’attendre à ce que ce soit un grand pourcentage, explique le président de la FEEP.

Pour le transport scolaire et les services de garde, toutefois, il y aura des remboursements ou des arrêts de facturation.

J'ai encore reçu un Publisac, le 2 avril. Pourquoi est-ce un service essentiel?

Sandra Ledoux, par la page Radio-Canada Information sur Facebook

Vous êtes nombreux à vous demander pourquoi le Publisac est toujours livré aux portes dans le contexte de la pandémie.

C’est parce qu’il inclut des journaux locaux que le gouvernement permet sa présence dans la liste des activités prioritaires, a confirmé Québec, vendredi. La majorité des hebdomadaires régionaux sont livrés par l’entremise du Publisac, donc ça fait partie de la catégorie médias et télécommunications, explique Jean-Pierre D’Auteuil, du ministère de l’Économie et de l’Innovation.

L’entreprise responsable du Publisac, TC Transcontinental, indiquait en décembre dernier que 95 % des journaux hebdomadaires distribués au Québec passent par le fameux produit, qui contient aussi quantité de cahiers publicitaires.

L’entreprise a d’ailleurs tenu à faire le point dans un communiqué publié jeudi.

Nous poursuivons notre distribution à l’échelle de la province pour répondre à la demande de nos clients et des journaux locaux, indique-t-elle avant de préciser que la fermeture de certaines régions n’affecte pas ses activités de distribution.

Transcontinental se dit consciente des craintes de certaines personnes face à la présence du Publisac devant leur porte. Elle assure que ses employés, comme ses distributeurs et leurs camelots, « prennent tous les jours plusieurs mesures d’hygiène et de sécurité pour limiter les contacts et respecter les directives émises par le gouvernement ».

Par ailleurs, les risques de transmission du virus par le papier demeure très faible, rappelle l’International News Media Association (INMA), qui regroupe des professionnels des médias de plus de 70 pays.

L’association s’appuie sur de nombreuses sources pour en arriver à cette conclusion, notamment l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Vous pouvez consulter, en anglais, sa recension sur le sujet, ici.

On parle beaucoup de respirateurs, mais une machine CPAP prescrite pour l'apnée du sommeil pourrait-elle être utilisée en dernier recours?

Jack Angel, par la page Radio-Canada Information sur Facebook

Non, répond Alex Carignan, microbiologiste-infectiologue et professeur à la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke.

Dans les cas de COVID-19 les plus graves, on va en effet utiliser des respirateurs artificiels, souligne-t-il. Il s’agit d’appareils qui, de façon mécanique, transportent l'oxygène dans les poumons et éliminent le gaz carbonique du corps.

Les CPAP, qui ne sont pas des respirateurs artificiels, peuvent être utiles dans certains contextes, poursuit le médecin. Ces machines sont notamment utilisées par certaines personnes atteintes du syndrome d’apnée du sommeil. Elles permettent un traitement par ventilation en pression positive continue, ou continuous positive airway pressure (CPAP) en anglais.

Dans le contexte de la COVID-19, par contre, on tente d’éviter leur utilisation. Certains experts indiquent que ces appareils peuvent faciliter l’aérosolisation du virus, explique le microbiologiste-infectiologue.

Comme le nouveau coronavirus se transmet par gouttelettes, il faut éviter cette aérosolisation.

Les paramédicaux ont-ils droit à une prime?

Gilles Ricard, de Saint-Charles-Borromée

La réponse est oui : les ambulanciers paramédicaux se sont entendus avec Québec dimanche et obtiendront finalement la prime de 8 % versée à tous les professionnels de la santé en première ligne.

En plus des ambulanciers, cette hausse de rémunération temporaire touche notamment les professionnels des urgences, des soins intensifs, des zones de confinement, des cliniques de dépistage et des CHSLD.

D’autres travailleurs de la santé, comme les techniciens en laboratoire, les préposés à l’entretien ménager et les employés du 811, ont droit à une prime de 4 %.

L’enveloppe qui leur est accordée est de 287 millions de dollars.

Les gens qui font du jogging posent-ils une menace?

Louise Tremblay, de Montréal, ainsi que plusieurs autres

De nombreuses personnes se plaignent du comportement des joggeurs depuis quelques jours.

Je marchais tranquillement sur le trottoir lorsqu’un homme m’a dépassée en me frôlant sur la droite, en plein jogging. Il inspirait et expirait fortement comme quelqu’un qui fait de l’exercice intense; j’ai nettement entendu son expiration lorsqu’il m’a dépassée. Serait-ce un moyen de transmission possible, et si oui, faudrait-il demander à ceux qui courent de s’éloigner de ceux qui marchent?, nous demande notamment Louise Tremblay, de Montréal.

Toute personne qui ne respecte pas les deux mètres de distance recommandés par la santé publique est une menace. Que ce soit un marcheur ou un joggeur, répond d’emblée Cécile Tremblay, microbiologiste-infectiologue au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM).

Donc les joggeurs à deux mètres ne sont pas plus dangereux que les marcheurs à deux mètres?

Je dirais l’inverse : les joggeurs qui ne respectent pas deux mètres sont aussi dangereux que les marcheurs qui ne respectent pas deux mètres, ajoute l’experte.

Le fait de respirer fort puisqu’on fait de l’exercice physique ne signifie-t-il pas qu’on devrait, en tant que joggeur, se tenir encore plus loin des gens que la distance recommandée de deux mètres?

Non, répond Caroline Quach, microbiologiste-infectiologue et épidémiologiste responsable de l’unité de prévention et de contrôle des infections au CHU Sainte-Justine.

Le fait de respirer fort ne change rien à la recommandation de deux mètres. Se tenir plus loin pour cette raison, ce n’est basé sur aucune évidence scientifique, assure-t-elle, comme pour le lavage des pattes de chiens.

J’accouche dans une semaine et je voudrais savoir si ma grande sœur ou les grands-parents de ma fille pourront venir la rencontrer.

Angie Leon, de l’arrondissement de LaSalle, à Montréal

Malheureusement non.

Règle générale, la majorité des hôpitaux n’autorisent seulement que le deuxième parent à accompagner les femmes qui accouchent. Et il ou elle ne peut pas quitter les lieux une fois à l’hôpital, du moins pas tant que la mère n’a pas obtenu son congé. Aucun autre visiteur n'est autorisé pendant le séjour de la mère et du bébé.

C’est notamment la règle appliquée au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) depuis le début de la crise. La décision est réévaluée chaque jour selon l’évolution de la situation, a confirmé la porte-parole de l’établissement, Isabelle Lavigne, jeudi.

Même chose du côté du CHU Sainte-Justine, où aucun accompagnateur n'est permis pour les rendez-vous en clinique et où une seule personne peut être présente pour les accouchements, a aussi confirmé jeudi la porte-parole Florence Meney.

La politique pour l’accompagnement en hôpital peut être différente d’une région à l’autre, voire d’un établissement à l’autre. Il vaut mieux s’assurer, avec l’hôpital où l’accouchement est prévu, que le deuxième parent pourra accompagner la future maman.

Dans le cas de Mme Léon, qui va accoucher à l’hôpital de LaSalle, ce sera la règle de l’unique accompagnateur qui s’appliquera, indique par courriel le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal, de qui relève cet hôpital.

Lors de l’accouchement, une seule personne significative pourra y assister et soutenir la mère durant son séjour postnatal. Cependant, les parents ne peuvent pas circuler librement et aucune sortie de la chambre n’est permise, sauf au congé ou lors d’une situation urgente, précise-t-on.

Le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal ajoute suivre les recommandations cliniques du ministère de la Santé, qui sont mises à jour de façon régulière.

Évidemment, des mesures sont prises dans tous les hôpitaux du pays pour s’assurer que ni la mère ni la personne qui l’accompagne ne sont infectées par le virus.

Il n'y a aucune évidence scientifique que la COVID-19 est associée avec un risque de malformation à ce jour, le virus n’étant pas détecté dans le liquide amniotique, rappelle toutefois le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal. 

Quant aux visites à la maison, les consignes de la santé publique sont sans équivoque : personne ne doit vous rendre visite jusqu’à nouvel ordre.

La présentation [du bébé aux] familles peut se faire sur FaceTime ou Skype, a spécifié Paul Logothetis, porte-parole de l’Hôpital de Montréal pour enfants, la semaine dernière.

Est-il vrai que les barbus doivent absolument se raser?

David Therrien, par la page Radio-Canada Information sur Facebook

Dans la mesure où les gens restent chez eux et pratiquent les consignes d’hygiène habituelles, ils n’ont pas besoin de se raser, explique la médecin Cécile Tremblay, du CHUM.

C’est toutefois différent dans les hôpitaux, où les gens sont appelés à porter des masques. À ce moment-là, on recommande aux gens de se raser, rappelle la microbiologiste-infectiologue.

Les professionnels de la santé doivent se raser depuis déjà la fin du mois de février, à la recommandation du ministère de la Santé. La mesure vise à les protéger et à assurer le « port efficace des masques de protection ».

Les industries non essentielles sont fermées, alors pourquoi les mines du lac Bloom et d’ArcelorMittal, à Fermont, sont toujours ouvertes?

Donald St-Laurent, par la boîte Témoin

La mine du lac Bloom est la propriété de l’entreprise Champion, qui explique avoir réduit ses activités dans ses installations de Fermont dès que le gouvernement du Québec l’a ordonné.

Le 23 mars, le premier ministre François Legault a annoncé que le Québec va être sur pause pendant trois semaines, ce qui signifie que toutes les entreprises et tous les commerces jugés non essentiels doivent être fermés.

Le gouvernement a depuis publié une liste des entreprises et des activités prioritaires. Selon cette liste, les complexes industriels et miniers doivent réduire au minimum leurs activités.

C’est ce qu’indique avoir fait Champion à Fermont. Comme l'a demandé le gouvernement du Québec, nous participerons à l'effort collectif visant à limiter la propagation de la COVID-19, a déclaré le chef de la direction de l’entreprise, David Cataford, dans un communiqué publié le 24 mars.

ArcelorMittal est dans la même situation.

Dans les dernières semaines, nous avons mis en place des mesures de distanciation sociale, d’hygiène, de nettoyage des surfaces, de santé individuelle, y compris la vérification de la température des employés, a fait savoir l’entreprise, jeudi, dans une réponse transmise par courriel.

ArcelorMittal ajoute que, puisque ses activités sont jugées essentielles par le gouvernement, elle a l’obligation de maintenir un certain niveau d’activités nécessaires au fonctionnement de l’entreprise.

Et c’est ce que nous allons faire, indique-t-elle. Nous continuerons la production, mais à un niveau temporairement réduit.

Combien de temps peuvent durer les symptômes de la COVID-19?

Michèle Hélie, par la boîte Témoin

En moyenne, pour ceux qui ont la maladie de façon modérée, on parle de deux semaines. C’est une moyenne; ceux qui sont atteints de façon plus sévère peuvent l’être pendant plusieurs semaines, rappelle Cécile Tremblay, microbiologiste-infectiologue au CHUM.

À quel moment peut-on s’attendre à recevoir le résultat d’un test de dépistage? Mon test a été fait le 25 mars dernier, et je n’ai reçu aucun résultat à ce jour.

Jocelyne Lachapelle, par la boîte Témoin

D’abord, rappelons que la durée entre les tests et la communication de leurs résultats varie, car les échantillons ne sont pas tous traités par les mêmes laboratoires.

Cécile Tremblay, du CHUM, reconnaît que ce n’est pas normal d’attendre plusieurs jours. On souhaiterait que ça arrive plus rapidement, dit-elle, avant d’ajouter que nous disposons d’une capacité limitée à traiter tous ces tests en temps réel.

Il y a des efforts quotidiens de faits pour augmenter la capacité des différents laboratoires, indique-t-elle toutefois.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) dit de ne pas réutiliser un masque même s’il est nettoyé et désinfecté. Pourquoi le gouvernement du Québec dit-il le contraire?

Jean-Philippe Doire, de Rimouski

On n’est pas dans une situation normale, répond l’épidémiologiste Nimâ Machouf. Quand l’OMS donne des avis, elle tient compte de tous les pays, elle évalue les ressources du Burkina Faso autant que celles du Canada. La désinfection des masques est peut-être plus difficile à maîtriser dans certains pays, avance-t-elle.

Je me fierais à mon autorité locale, poursuit la chercheuse en santé publique. Si Québec pense qu’on peut le faire, c’est parce que les autorités de santé publique lui ont dit que c’était possible.

La question de M. Doire fait référence aux propos tenus en début de semaine par la ministre de la Santé du Québec, Danielle McCann. Il y a deux sortes de masques, les N95 et les masques chirurgicaux. Pour les N95, on demande maintenant aux gens [le personnel soignant] de les désinfecter et de les réutiliser. On a commencé à le faire afin de conserver nos stocks, a-t-elle indiqué mardi, lors du point de presse quotidien.

L’OMS recommande au grand public de ne pas réutiliser les masques faciaux, y compris les masques médicaux plats ou les masques N95. Si vous avez été en contact étroit avec une personne infectée par le nouveau coronavirus ou qui présente une autre infection respiratoire, le devant de votre masque doit être considéré comme contaminé. Vous devez enlever le masque sans toucher sa partie avant et le jeter de manière appropriée, indique l’OMS.

Néanmoins, au Québec, les masques chirurgicaux et les N95 doivent impérativement être réservés au personnel de la santé et aux patients depuis le début de la crise. Les masques N95 sont notamment utilisés par les médecins qui côtoient de près un patient atteint de la COVID-19, lors d’une intubation par exemple.

Et il semblerait qu’il soit possible de les nettoyer convenablement, explique Cécile Tremblay, microbiologiste-infectiologue au Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CRCHUM).

Certaines études récentes ont évalué la durabilité des masques N95, et il semble que certaines méthodes de désinfection soient concluantes, assure-t-elle.

Juste avant l’intervention de Mme McCann mardi, le premier ministre Legault a affirmé que les travailleurs de la santé du Québec pourraient manquer de masques, de gants ou de blouses d’ici 3 à 7 jours.

Les masques fabriqués de façon artisanale avec du textile de coton sont-ils utiles ou nuisibles?

Josée Larocque, par la boîte Témoin

Vous êtes toutefois nombreux à vous demander si, dans la vie de tous les jours, un simple masque peut aider à freiner la propagation du virus.

Les experts consultés s’entendent : ça ne peut pas nuire. Mais il ne faut surtout pas penser que c’est suffisant. Le lavage des mains demeure la meilleure façon de se protéger.

Il faut aussi, et surtout, éviter le faux sentiment de sécurité que peut engendrer le port du masque.

Si quelqu’un veut faire ses courses en portant un masque de tissu, grand bien lui en fasse, lance Nimâ Machouf. On protège un peu les autres, aussi, en faisant ça. Par contre, il faut demeurer vigilant quant au lavage des mains et aux mesures de distanciation sociale.

Ces masques servent surtout à empêcher une personne infectée de propager des gouttelettes, ajoute la microbiologiste-infectiologue Cécile Tremblay. Pour une personne qui n’est pas infectée, ça peut avoir un effet pervers et faire en sorte qu’elle se touche davantage le visage et qu’elle se contamine davantage.

Dans certains scénarios catastrophes envisagés par les autorités de santé publique aux États-Unis, le port de masques artisanaux par les travailleurs de la santé pourrait même être recommandé, évoque Alex Carignan, microbiologiste-infectiologue et professeur à la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke.

Heureusement, « on n’est pas rendu là », poursuit-il, mais le ministère de l’Économie du Québec serait déjà en discussion avec des entreprises d’ici pour essayer de favoriser la production de masques artisanaux, selon lui.

Nos chandails et nos foulards ne deviendront donc pas des masques de sitôt. Et c’est tant mieux, car il n’y a aucune donnée probante qui montre que ça apporte une protection significative, souligne le microbiologiste-infectiologue.

D’ailleurs, Horacio Arruda, directeur de santé publique du Québec, a répété, mardi, que le port de ce type de masque peut contribuer à ralentir la progression du virus, mais que ses effets sont surtout « psychologiques » et non physiques.

Quoi qu’il en soit, il ne faut pas se rabattre sur les masques chirurgicaux et les N95. Dans le contexte actuel, on ne peut pas recommander aux gens d’en porter, car nous allons priver les patients malades et le personnel de soins d’un outil nécessaire, a aussi répété M. Arruda mardi.

Il a bien raison, insiste l’épidémiologiste Nimâ Machouf, qui ajoute « qu’il faudrait bien mettre un spécialiste » sur la question de l’efficacité des masques artisanaux. Car, comme le souligne le médecin Carignan, impossible pour l’instant de savoir s’ils servent à quelque chose.

La maison est vendue et nous déménageons du Bas-Saint-Laurent vers le Centre-du-Québec. Pourrons-nous franchir les points de contrôle entre régions?

Anne St-Onge, de St-Paul-de-la-Croix, bientôt de Drummondville

Vous pouvez dormir sur vos deux oreilles : vous pourrez procéder, à condition de ne pas présenter de symptômes de la COVID-19.

D’abord, les entreprises de déménagement font partie de la liste des services essentiels établie par Québec. Les déménageurs ne doivent toutefois pas présenter de symptômes de la COVID-19 pour exercer leur travail, rappelle Québec.

Ensuite, le gouvernement permet toujours les déménagements d’une région vers une autre, et ce, même si certaines d’entre elles sont pratiquement fermées depuis samedi dernier.

La seule condition? Il faut que le déménagement concerne votre résidence principale.

Les gerçures aux mains sont-elles un vecteur de transmission du virus?

Hélène Hébert, par la boîte Témoin

Il n’y a pas de preuve de transmission autre que par la voie respiratoire, répond Alex Carignan, microbiologiste-infectiologue et professeur à la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke. 

Rien n’indique que la transmission du virus se fait par entrée directe; par conséquent, la transmission par gouttelettes demeure la seule voie d'infection.

On doit tout de même se maintenir les mains hydratées, poursuit l’expert, car des gerçures ou des coupures peuvent devenir la porte d’entrée à d’autres bactéries, qui peuvent causer des infections de la peau.

Mais il n’y a pas d’inquiétude en ce qui a trait à la COVID-19.

Pourquoi Justin Trudeau prolonge-t-il sa période de confinement?

Marc Guillemette, par la boîte Témoin

Simple : il a partagé la maison avec une personne qui était contagieuse jusqu’à récemment. Période d’incubation du virus est de 14 jours. L’avis est de poursuivre par précaution son isolement.

C’est ce qu’a répondu dimanche Philip Proulx, l’adjoint du premier ministre, sur Twitter. Sa réponse est venue quelques minutes après le point de presse quotidien de Justin Trudeau.

Devant les journalistes, le premier ministre avait indiqué qu’il devait continuer à s’isoler, puisque les symptômes de la maladie n'ont disparu de sa maisonnée que depuis quelques jours.

Sa femme, Sophie Grégoire, qui était atteinte de la COVID-19, a vécu sa quarantaine dans une aile séparée de la résidence de Rideau Cottage, qu’ils partagent avec leurs trois enfants.

Je dois continuer à suivre le protocole, a dit Justin Trudeau, dimanche. Le premier ministre pourrait ainsi diriger le pays depuis sa maison pour encore 12 ou 13 jours.

Je touche des prestations d’assurance-emploi de 940 $ par mois. Un restaurant qui voulait m’embaucher n’a pas pu, ce qui me fait perdre 250 $ par semaine. Est-ce que je peux arrêter le chômage et passer directement à la Prestation canadienne d’urgence (PCU) de 2000 $ par mois?

Liette LeBouthillier, par la boîte Témoin

La réponse est non. Vous n’avez pas droit à la PCU, puisqu'elle vise les gens qui ont perdu leur emploi à cause de la COVID-19. Le fait que vous n’ayez pu être embauchée en raison de la pandémie n’est malheureusement pas suffisant.

Il est impossible pour quelqu’un qui touche des prestations d’assurance-emploi de simplement passer du jour au lendemain à la PCU.

Dans certains cas seulement, il est possible de migrer de l’assurance-emploi vers la PCU. Mais pour cela, il faut arriver au bout de ses prestations. Ceux dont les versements de l’assurance-emploi se terminent entre le 15 mars et le 3 octobre ont notamment droit à la PCU.

À ce sujet, on vous invite à consulter les réponses de Luc Godbout, fiscaliste et professeur à l’Université de Sherbrooke : Qui a droit à la Prestation canadienne d'urgence?

Un homme masqué tient un grand pulvérisateur à la main d'où s'échappe une fumée. Il se trouve dans un stationnement, en Corée du Sud.

Certaines villes de Corée du Sud ont décidé de pulvériser des produits antiseptiques pour éviter la propagation de la COVID-19.

Photo : Getty Images / Chung Sung-Jun

Dans certains pays, des unités sanitaires nettoient à grande échelle les installations et endroits publics. Est-ce nécessaire pour aider à ne pas propager le virus?

Richard Langevin, Louise Proulx et d’autres

La question a été posée lundi à Alex Carignan, microbiologiste-infectiologue et professeur à la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke, dans le cadre de l’émission spéciale animée par Patrice Roy et diffusée à ICI RDI chaque jour à compter de 11 h.

Voici sa réponse :

C’est un outil de plus dans un contexte extrême. Reste que la grande majorité de la transmission se fait lors de contacts étroits entre personnes. Si on parvient à limiter la transmission par contact étroit, on va réussir à combattre l’épidémie. L’environnement a un rôle à jouer, mais dans ce cas-ci la meilleure façon de combattre l’infection par l'environnement, c’est le lavage des mains. On ne le répétera jamais assez. Un bon lavage des mains va nous éviter d’attraper l’infection via l’environnement dans des lieux publics.

Deux familles qui ont fait un voyage et qui ont respecté à la lettre la quarantaine de 14 jours peuvent-elles se fréquenter à nouveau?

Isabelle Lessard, par la boîte Témoin

Non, répond le Dr Carignan.

C’est rare qu’un confinement est total et absolu. Après 14 jours, on peut faire des activités nécessaires à la survie, comme les courses, mais il n’est pas recommandé de côtoyer d’autres personnes dans un but social, ajoute-t-il.

Je suis en quarantaine depuis plusieurs jours, et je n’ai aucun symptôme. Puis-je sortir prendre une petite marche dehors?

Ginette Blouin, de Québec

Si vous revenez de l'étranger, vous ne pouvez pas vous promener dans la rue pendant votre période d'isolement, que vous ayez ou non des symptômes. Vous devez rester à l'intérieur, sauf pour passer un test de dépistage. Le Canada et le Québec ont décidé vendredi de ne plus permettre aux voyageurs de retour au Canada qui sont obligatoirement en auto-isolement pendant 14 jours de marcher dans la rue.

Si vous présentez des symptômes, ne sortez en aucun cas de chez vous!

Avec la collaboration de Thomas Gerbet

Est-ce que je peux continuer à aller à mon chalet qui se situe dans une autre région que mon lieu de résidence?

Pierre, de Sainte-Marthe-sur-le-Lac

Le gouvernement du Québec demande à la population d’éviter de se déplacer d’une région à l’autre ou d’une ville à l’autre, sauf en cas de nécessité.

Le site du gouvernement indique que ces déplacements interrégionaux doivent se limiter à ceux liés à des raisons médicales et au travail.

Si vous décidez de vous rendre dans une résidence secondaire située dans une autre région que votre lieu de résidence, le gouvernement du Québec vous demande de ne pas fréquenter les lieux publics comme les épiceries et les pharmacies.

En tant qu’étudiant, est-ce que j’ai droit à la Prestation canadienne d’urgence de 2000 $?

Jean-Charles Hamel, étudiant à l’Université du Québec à Montréal

Oui, les étudiants ont droit à cette prestation s’ils remplissent certaines conditions. Parmi celles-ci :

  • Avoir gagné plus de 5000 $ en 2019 ou dans les 12 derniers mois;

  • Avoir perdu son emploi à cause de la pandémie de COVID-19;

  • Ne pas avoir reçu de revenu de travail pendant 14 jours consécutifs.

En date du 27 mars, la plateforme pour demander cette prestation n’a pas été mise en ligne par le gouvernement fédéral. À suivre!

Si les résultats de mon test de la COVID-19 sont négatifs, suis-je quand même obligé de continuer ma quarantaine?

Messaoud Herrati, de Longueuil

Oui, vous êtes obligé d'aller jusqu’au bout de votre quarantaine, même si vous avez reçu un résultat négatif à votre test.

Pour une personne qui s’est placée en isolement volontaire après avoir passé le test, un résultat négatif ne signifie pas qu’elle peut mettre fin à son isolement volontaire.

Elle doit respecter ses 14 jours d’isolement et ne pas sortir de chez elle, à moins que la santé publique ne la contacte pour lui signifier la fin de son isolement.

Les déplacements en moto sont-ils interdits?

Mario Perron, de Beloeil

Conduire sa moto n’est pas interdit en soi.

Ce sont les déplacements d’une région à l’autre, qu’ils soient effectués en moto, en train ou en voiture, qui sont à éviter.

Les personnes qui reviennent de voyage, doivent, elles, se placer obligatoirement en quarantaine pour 14 jours, et elles ne peuvent pas prendre leur moto.

À titre de rappel, les rassemblements intérieurs ou extérieurs, y compris en moto, sont interdits, sauf dans certains cas. Ces quelques exceptions se trouvent sur le site du gouvernement du Québec. 

Le camphre est-il efficace pour se protéger de la COVID-19?

Louise Belhumeur, de Laval

Attention aux faux remèdes! En aucun cas le camphre – ou toute autre huile essentielle – ne protège contre la COVID-19.

À l’heure actuelle, il n’y a aucun produit disponible pour prévenir, traiter ou guérir cette maladie.

Mon conjoint travaille dans une usine qui ne fait pas partie de la liste des activités manufacturières essentielles. Son patron refuse de la fermer. Qu’est-ce que je peux faire?

Une résidente de la région du Témiscouata

Pour formuler une plainte concernant une telle situation, vous devez contacter le gouvernement du Québec.

Vous pouvez composer le 1 877 644‑4545 ou remplir le formulaire disponible (Nouvelle fenêtre) sur le site Internet du gouvernement.

Devient-on immunisé contre la maladie lorsqu'on guérit?

Johanne Giroux, de Dosquet

Ce qui semble ressortir des différentes études, de façon globale, c’est qu’une fois qu’on l’a attrapé, on est immunisé, explique Karl Weiss, président de l'Association des médecins microbiologistes-infectiologues du Québec.

Certainement pour quelques années, ajoute-t-il, à moins que le virus ne se mette à changer, à muter de façon drastique, ce qui n’est pas du tout typique pour ce virus-là

L’idée actuelle : vous avez guéri, vous êtes immunisé.

Est-ce que les terrains de camping pourraient ne pas ouvrir ce printemps?

Michel Poulin, de Sherbrooke

Au Québec, la Sépaq a interdit l’accès à ses parcs nationaux, réserves fauniques et établissements touristiques en raison de la consigne prohibant les rassemblements. Ils sont fermés depuis 21 mars, et ce, jusqu’à nouvel ordre.

Camping Québec, qui représente les exploitants de terrains de camping privés au Québec, ne s'oppose pas à un potentiel report de l’ouverture de la saison – qui a habituellement lieu à la fin d'avril – en fonction des recommandations du gouvernement Legault et de la Direction de la santé publique.

En date du 25 mars, l’ouverture de la saison n’a pas été reportée.

Les magasins d'électroménagers ne figurent pas dans la liste des services essentiels. Que faire pour m’en procurer?

Un résident de Québec

Même si les succursales physiques de ces magasins sont fermées, il est toujours possible de se procurer des électroménagers autrement.

Plusieurs entreprises proposent un service d’achats en ligne ou par téléphone. Consultez leur site Internet pour obtenir plus d’information.

Je vis seule avec peu de revenus. J’ai des symptômes de la COVID-19 et je suis en isolement volontaire. Je me demande si l’ambulance va m’accepter si je n’ai pas de carte de crédit ou le montant nécessaire dans mon compte de banque pour payer les frais de transport.

Johanne Brodeur, de Boucherville

Les services d’Urgences-santé ne refusent JAMAIS de prendre une personne en charge. Toutefois, ces services ne sont pas gratuits pour tout le monde.

Les personnes âgées et les prestataires de l’aide sociale bénéficient du programme de gratuité (Nouvelle fenêtre) d’Urgences-santé.

Pour les personnes qui ne sont pas couvertes par ce programme, l’organisme offre une entente de paiement par versements mensuels.

Est-ce que les notaires doivent fermer?

Carolle D., de Lévis

Non, les cabinets de notaire ne vont pas fermer, car les services notariaux sont considérés comme un service essentiel par le gouvernement du Québec, et ce, malgré ce qu’a dit le premier ministre François Legault le 24 mars.

Québec demande toutefois à ce que ces services soient offerts à distance, dans la mesure du possible.

Si les transactions immobilières peuvent se conclure avec les notaires, les visites de logements, quant à elles, doivent cesser, a clamé mardi le premier ministre Legault. À l'heure actuelle, elles sont déconseillées, pas interdites.

Par ailleurs, il est toujours possible de faire appel à des déménageurs dans les prochaines semaines, qui bénéficient d’une exemption.

Comment justifier que la Société des alcools du Québec et la Société québécoise du cannabis soient considérées comme des services essentiels?

Richard Pregent, d’Ottawa

La Société des alcools du Québec (SAQ) et la Société québécoise du cannabis (SQDC) ont été désignées comme étant des services essentiels pour des questions d’ordre public.

Le gouvernement du Québec craint une ruée vers ces commerces advenant leur fermeture et il veut ainsi éviter le chaos.

De nombreuses personnes se sont précipitées le 23 mars vers les succursales de la SAQ et de la SQDC à l’annonce de la fermeture des commerces jugés non essentiels au Québec, alors que ces établissements n’étaient pas inclus dans ces mesures.

Quelle est la différence entre la colchicine et la chloroquine?

Louise Caron-Giguère, de Saint-Augustin-de-Desmaures

D’une part, la colchicine est un anti-inflammatoire très puissant d’origine végétale, utilisé habituellement pour traiter la goutte et la péricardite (une inflammation de l'enveloppe du coeur).

Des chercheurs de l’Institut de cardiologie de Montréal sont en train de mener une étude pour déterminer si la colchicine pourrait réduire le risque de complications pulmonaires liées à la COVID-19.

D’autre part, la chloroquine est un médicament contre le paludisme et la malaria commercialisé depuis 70 ans.

Administrée à des patients atteints de la COVID-19, elle permettrait de réduire la durée de la maladie et d’agir comme antiviral.

Cependant, la Direction de la santé publique du Québec ne recommande pas l’usage généralisé de la chloroquine chez les patients souffrant de la COVID-19.

Un rappel : il n’existe actuellement aucun traitement dont l’efficacité est documentée pour traiter la COVID-19.

Quelles sont les consignes concernant la garde partagée?

Micheline Martin, de Gatineau

C’est une question délicate et complexe qui requiert l’opinion d’un avocat spécialisé en droit familial.

Au Québec, nous vous conseillons de communiquer avec la Clinique d’assistance juridique COVID-19 (Nouvelle fenêtre), qui prodigue des conseils gratuits à la population. Vous pouvez la joindre sans frais au 1 866 699-9729.

En Ontario, vous pouvez contacter Aide juridique Ontario (Nouvelle fenêtre). À noter que les services de cet organisme ne sont pas gratuits pour tous.

Les camionneurs qui reviennent des États-Unis doivent-ils se placer en quarantaine?

Yannick Gagnon, de Saguenay

En date du 23 mars, les camionneurs n’ont pas à se mettre en quarantaine à leur retour au pays.

Le gouvernement du Québec n’a pas inclus le personnel de transport dans les consignes d’isolement volontaire de 14 jours.

Je fréquente une dame depuis 5 ans. Elle a 74 ans et moi, 82. Elle demeure seule dans sa maison, comme moi. On se parle plusieurs fois par jour sur FaceTime depuis le début du confinement. Elle est allée garder ses petits-enfants au New Hampshire à partir du 8 mars. Elle est revenue le 15 mars, sans indice de contamination. Après 15 jours, soit le 29 mars, puis-je aller la visiter et cohabiter avec elle quelques jours? Nous serons seuls et resterons à la maison. Nous n’avons pas de symptômes, mais nous nous ennuyons l’un de l’autre.

Un résident de Saint-Victor de Beauce

Difficile de vous donner une réponse précise. Voici les consignes officielles :

Une personne en quarantaine doit respecter sa période d’isolement. Elle ne peut pas aller à l’épicerie, ne doit pas visiter ses amis ou ses voisins, elle doit rester chez elle, même si elle ne présente pas de symptôme.

Si elle ne présente toujours pas de symptôme au bout de 14 jours, cette personne peut mettre fin à sa quarantaine.

Toutefois, le gouvernement du Québec recommande aux personnes âgées de rester à la maison, sauf en cas de nécessité ou d’exception.

Si une personne âgée est amenée à sortir, elle doit observer les principes de la distanciation sociale et éviter tout rassemblement.

À vous de juger!

En quoi consiste la distanciation sociale?

  • éviter les rassemblements non essentiels
  • éviter les salutations d’usage, comme les poignées de main
  • éviter les endroits très fréquentés comme ceux où ont lieu les concerts, les conférences et les festivals, de même que les arénas
  • limiter les contacts avec les personnes qui présentent un risque plus élevé, comme les aînés et les personnes en mauvaise santé
  • maintenir autant que possible une distance d’au moins 2 longueurs de bras (environ 2 mètres) avec les autres

Les personnes atteintes d'hypertension et de diabète sont-elles plus à risque?

Diane Boisvert, de Drummondville

La COVID-19 est particulièrement dangereuse pour les personnes qui sont fragilisées par des maladies chroniques, comme l’hypertension artérielle et le diabète, ou qui ont des problèmes cardiaques.

Ces personnes sont plus à risque de développer des symptômes graves et courent plus de risques de succomber à la maladie.

Je suis locataire, est-ce que je peux refuser que mon propriétaire fasse visiter mon logement?

Fanny Reynaert, de Trois-Rivières

Oui, car les visites d'appartement au Québec ont été suspendues jusqu'au 13 avril.

Y a-t-il des risques de contamination lorsque je me fais livrer de la nourriture?

Catherine Dupuis, de Laval

Si les restaurateurs suivent les consignes sanitaires habituelles lors de la préparation de la nourriture, le risque de propagation du virus est faible, car la cuisson des aliments suffit pour le tuer.

Les plateformes en ligne qui proposent des services de livraison offrent la possibilité – ou ont imposé – la livraison sans contact. Cette option permet de réduire les contacts humains depuis la cuisine jusqu’à la livraison sur le pas de la porte.

Pour plus de sécurité, il est toujours recommandé de se laver les mains après avoir touché une surface qui pourrait être contaminée.

J’ai 70 ans, puis-je sortir prendre une marche dehors?

Liliane Tremblay, de Québec

Le gouvernement du Québec a demandé aux personnes de 70 ans et plus d’éviter de sortir de chez elles. 

Faire une promenade est autorisé, mais il faut éviter tout rassemblement et appliquer les principes de la distanciation sociale.

Pourquoi? Parce que les personnes âgées sont parmi les plus à risque de succomber à la maladie. 

D’après les données sur la COVID-19 en Chine, où la pandémie a commencé, la proportion de personnes décédées par rapport au nombre de cas se chiffre à 0,2 % chez les 30-39 ans, mais grimpe à 8 % dans la tranche d’âge de 70 à 79 ans et à 15 % chez les personnes de plus de 80 ans.

Est-ce qu’on peut encore faire l’amour?

Ginette P., de Québec

En date du 19 mars, l’état de la science n’indique pas si le virus peut se transmettre sexuellement. 

Toutefois, toute personne qui entre en contact physique avec une personne atteinte par la COVID-19 – que ce soit en l’embrassant ou en touchant des parties de son corps contaminées par le virus, notamment les mains – se met à risque d’être, elle aussi, infectée par le virus.

Est-ce que la réduction des heures d'ouverture des commerces a un effet sur la propagation du virus?

Isabelle Martineau, de Montréal

La décision de réduire les heures d’ouverture des commerces de détail a été prise pour différentes raisons. Au Québec, plusieurs chaînes d’épiceries l’ont prise afin de laisser souffler leurs équipes et leur permettre de remplir les tablettes. 

La Société des alcools du Québec a aussi réduit les heures d’ouverture de ses succursales, car l’entreprise fait en ce moment face à une réduction de son personnel. Certains employés ne peuvent se présenter au travail pour des raisons personnelles ou familiales, par exemple garder leurs enfants à la maison.

En date du 19 mars, ces décisions ont été prises dans un contexte où il n’y a pas de transmission communautaire enregistrée au Québec, contrairement à la situation en Ontario. Pour rappel, il y a transmission communautaire lorsque le virus se propage au sein même d'une communauté, d'une personne à l'autre.

De nombreux commerces ont d’ailleurs annoncé qu’ils fermeraient leurs portes afin de réduire la propagation du virus.

Après combien de jours vais-je recevoir la réponse de mon test de dépistage?

Une résidente de Charlesbourg

En date du 19 mars, le délai moyen entre le test et la réponse est de deux jours au Québec. La province compte une trentaine de cliniques de dépistage et huit autres devraient ouvrir d’ici les prochains jours. Ce délai pourrait toutefois évoluer.

Est-ce que boire beaucoup d’eau ou se gargariser avec de l’eau tiède salée ou vinaigrée protège de la COVID-19?

Renaud Lévesque, de Sainte-Florence

Ni l’eau froide, ni l’eau chaude, ni l’eau tiède, ni l’alcool, ni aucune boisson, qu’elle soit salée ou vinaigrée, ne protège contre la COVID-19. 

L’équipe des Décrypteurs a produit un article sur le sujet. N’hésitez pas à aller le consulter!

Dois-je laver les légumes que j’achète?

Bruno Beauvilliers, de Candiac

La nourriture n’est pas une voie probable de transmission du coronavirus. Le seul risque reconnu pour le moment est si l’aliment a été manipulé par une personne contaminée. Contrairement aux bactéries, les virus ne se multiplient pas sur les aliments.

Santé Canada recommande de rincer vigoureusement à l’eau courante les fruits et légumes achetés à l’épicerie, et de les brosser, comme vous devriez d’ailleurs le faire en temps normal. N’utilisez pas de savon, de javellisant ou de désinfectant.

Les épiceries ont accentué leurs mesures d’hygiène en réaction à la pandémie. Elles demandent notamment aux personnes infectées, ou qui pensent l’être, de rester à la maison. Celles-ci peuvent faire leurs courses en ligne et opter pour la livraison. En magasin, évitez également de toucher à plusieurs aliments avant de faire votre choix.

L’Organisation mondiale de la santé rappelle en outre de suivre les mesures d'hygiène de base en préparant vos repas, comme le lavage des mains.

La cuisson des aliments suffit par ailleurs pour tuer le coronavirus.

Réponse préparée par Daniel Blanchette Pelletier

Quels sont les risques de contracter le virus en touchant de l'argent ou de la monnaie?

Éric Fournier, de Montréal

Le coronavirus se transmet par gouttelettes respiratoires de taille infime qui peuvent en effet se trouver sur une pièce de monnaie ou sur un billet de banque. Une personne pourrait être infectée après avoir touché une telle surface contaminée si elle porte ses mains à sa bouche, à son nez ou à ses yeux.

Les virus ne sont toutefois pas des bactéries et ne peuvent pas se multiplier sur des surfaces inertes, comme les pièces de monnaie ou les billets de banque. La durée de vie du virus sur une surface inerte varie de plusieurs heures à trois jours, en fonction de la surface, de la température, du taux d'humidité et de la quantité de virus qui y est déposée.

À titre d'exemple, le virus demeure contagieux jusqu'à 3 heures dans l'air, 24 heures sur du carton et jusqu'à 3 jours sur de l'acier inoxydable ou du plastique.

Selon les scientifiques, le virus reste fragile en environnement extérieur. Le principal vecteur de transmission reste la voie aérienne : lorsqu'une personne infectée tousse ou éternue sans faire barrière avec son coude.

Les commis d'épicerie devraient-ils porter des gants et devrais-je en porter lorsque je fais mon épicerie?

Yvan Bernard, de Saint-Côme-Linière

Comme le précise la réponse précédente, le virus ne se transmet pas par la peau, mais par des gouttelettes infectées.

Que l'on porte ou non des gants, on se trouve devant le même problème.

Si une personne touche une surface infectée par le virus (avec ou sans gants), cette personne risque de le propager à toute autre surface qu'elle touche. Ensuite, si elle porte ses mains (gantées ou non) à son visage, elle risque de se contaminer elle-même.

Porter des gants n'est donc pas un rempart contre la COVID-19. C'est pourquoi il est fortement conseillé de se laver les mains régulièrement et d’éviter de porter ses mains à son visage.

Les salons de coiffure et de manucure doivent-ils fermer?

Suzanne Pelchat, de Sept-Îles, et Ève Desrosiers, de Saint-Hyacinthe

Depuis le 23 mars, les salons de coiffure et les salons de manucure font partie de la liste des établissements qui doivent fermer (Nouvelle fenêtre), sur ordre du gouvernement du Québec.

À l'Île-du-Prince-Édouard, salons d'esthétique et salons de coiffure sont fermés depuis le 18 mars.

Est-ce qu'une personne guérie peut transmettre le virus?

Michel Julien, de Québec

À quel moment peut-on parler de guérison? Quatre périodes sont distinguées dans le déroulement d’une infection virale : l'incubation (le temps estimé entre la contamination et l'apparition des premiers signes de la maladie), les symptômes, la guérison clinique et la disparition du virus du corps.

Toutefois, la fin des symptômes ne signifie pas que le virus a disparu. La guérison clinique − c'est-à-dire la fin des symptômes − n'indique pas que le virus a été éliminé définitivement du corps. Une personne cliniquement guérie peut tout de même être infectée, et donc contagieuse.

Pour qu’un cas soit totalement écarté, le patient infecté doit obtenir deux tests négatifs à la COVID-19 à au moins 24 heures d’intervalle.

Quels symptômes de la COVID-19 dois-je avoir pour me faire dépister?

Céline Ranger, de Montréal

En date du 18 mars, voici la procédure de la ligne Info-Santé (811 et 1 877 644-4545) du ministère de la Santé du Québec pour recevoir un test de dépistage de la COVID-19 :

La personne doit revenir d’un voyage à l’étranger depuis 14 jours ou moins, ou être en contact étroit avec une personne qui revient d’un séjour à l’étranger.

ET elle doit présenter au moins un des trois symptômes suivants :

  • Fièvre
  • Toux
  • Difficultés respiratoires

Selon l'évolution de la situation, la procédure pourrait évoluer.

La procédure de Télésanté Ontario (1 866 797-0000) est différente. Il faut remplir un formulaire d'autoévaluation (Nouvelle fenêtre) avant d'appeler la ligne. Au Nouveau-Brunswick, il faut faire le 811.

En guise de rappel, voici une infographie rappelant les symptômes de la COVID-19, de la grippe et du rhume :

Tableau comparatif des symptômes de la grippe, du rhume et de la COVID-19.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Tableau comparatif des symptômes de la grippe, du rhume et de la COVID-19. **Mis à jour le 19 mars 2020.

Photo : Radio-Canada

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