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Atteinte de la COVID-19 : « Je n’arrivais pas à respirer »

Récit d’une jeune Française qui dit être revenue de très loin après avoir contracté la COVID-19. Encore en isolement, elle invite les gens à prendre l’épidémie au sérieux.

Deux femmes masquées marchent près de la pyramide du Louvre.

La France est l'un des pays européens les plus touchés par la propagation du coronavirus.

Photo : Getty Images / AFP/LUDOVIC MARIN

Les dernières semaines étaient très occupées pour Sabrina Houd, activement impliquée dans la campagne électorale du 1er tour des élections municipales françaises. Elle vivait au rythme effréné des rassemblements, des soirées et autres événements politiques.

Vers la fin février, cette Parisienne pensait avoir un de ces rhumes ordinaires qui, par temps hivernal, sont susceptibles de s’agripper à vous pendant plusieurs jours.

Ce qu’elle considérait être une inflammation saisonnière et passagère se mue en bronchite sévère, accompagnée de toux. Elle décide alors de consulter son médecin, qui lui prescrit principalement des antibiotiques.

Les médicaments auront peu, voire pas d’effet sur la jeune femme, qui est un sujet à risque. Immunodéprimée, la réaction immunitaire de son organisme est réduite, ce qui l’expose à un risque accru d’infections graves.

Pendant presque une semaine, elle est terrassée par une maladie dont elle ignorait le nom. C’était au début du mois de mars.

Tousser jusqu'à l'étouffement

Elle était en proie à une puissante poussée de fièvre pendant plus de quatre jours. Une fièvre qui rend fou, qui rend malade. À cela s’est ajoutée une toux qui provoque un étouffement, une toux pas du tout ordinaire.

Sabrina se souvient particulièrement de cette journée où elle croyait vivre ses derniers instants, dans la solitude de son appartement, loin des siens. Je me suis vue mourir.

C’était un samedi soir. J’avais la cage thoracique bloquée. À force de tousser, on bloque tous les muscles de la cage thoracique et du diaphragme, et moi, je ne savais pas ce que c’était.

Pour moi, je n’arrivais pas à respirer, j’étais sur le point de mourir, raconte-t-elle, affirmant avoir vécu ce qui semble être une expérience de mort imminente.

Je n’avais pas peur. Je me suis dit : bon maintenant je vais mourir. J’étais résignée, j’étais vraiment sur le point de partir. Je n’étais pas affolée, j’étais apaisée. Je n’ai pas eu le temps d’avoir peur ou de penser à des trucs.

Sabrina Houd

Un dernier message aux parents

La mort était tellement proche que la jeune femme a eu la lucidité d’écrire à ses parents pour leur dire ses dernières volontés.

J’ai eu la force d’envoyer un message à mes parents pour leur dire que ça se passait mal et que ça allait certainement mal se finir.

Pourquoi n’avoir pas appelé une ambulance? Pas question d’aller à l’hôpital, parce que, contrairement à ce qu’on montre à la télé, l’état des hôpitaux est critique. Pour moi, aller à l’hôpital, c’est traîner pendant des heures aux urgences pour une non-prise en charge vers la fin.

Je voulais rester chez moi, dans mon lit, tranquille. Si je dois mourir, je préfère mourir ici.

Sabrina Houd

Retour chez le docteur, qui décide de la dépister. Le vendredi 13 mars, Sabrina reçoit un appel de son médecin qui lui demande de passer à son cabinet. C’est là qu’elle apprend, le lendemain, qu’elle était atteinte de la COVID-19.

Il n'y a pas de traitement encore contre la maladie. Elle doit donc se contenter de quelques pilules pour faire baisser la fièvre et d’un sirop pour la toux. Des infusions et autres recettes maison sont aussi au menu.

En plus d’une santé chancelante, la trentenaire doit s’astreindre à une période d’isolement de 14 jours. L’exercice est pénible. On meurt à petit feu.

Il y a deux jours, elle a fait une rechute, mais le pire est passé, dit-elle d’une voix enrouée.

Celle qui se décrit comme une maniaque du lavage des mains et de la désinfection ne sait pas comment elle a pu contracter le virus. De ses activités politiques, qui supposent beaucoup de contacts humains? Peut-être?

Quoi qu’il en soit, Sabrina Houd compte se lancer à nouveau dans la mêlée politique, cette fois comme candidate. Elle pense que le gouvernement français, qui a maintenu ce scrutin en pleine épidémie, serait tenté de refaire le 1er tour, largement boudé par les électeurs.

D’ici là, elle se fait la promesse, non électorale, de se faire vacciner chaque année, en raison de son immunodépression.

En attendant, elle invite les gens à agir avec altruisme et à se défaire de l’individualisme, et ce, en observant les règles de distanciation sociale et autres mesures de prévention.

Il faut penser à l’entourage, parce qu’on peut être porteur sain, parfaitement en bonne santé, tout en constituant un danger pour les personnes vulnérables.

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