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Lac-Simon ferme les portes de sa communauté

Une affiche à l'entrée de la communauté autochtone de Lac-Simon, en Abitibi-Témiscamingue.

Seules les personnes qui ont des urgences ou des rendez-vous médicaux essentiels pourront quitter le territoire de Lac-Simon (archives).

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Villeneuve

La communauté du Lac-Simon limite dès lundi les entrées et les sorties de la population sur son territoire. Le conseil de bande a pris cette décision lundi après l’annonce des quatre premiers cas de COVID-19 en Abitibi-Témiscamingue.

Ainsi, seules les personnes qui ont des urgences ou des rendez-vous médicaux essentiels pourront quitter le territoire de Lac-Simon, jusqu'à nouvel ordre. Un contrôle des entrées et des sorties sera effectué tout près du poste de police et les autorités policières pourront intervenir si des gens refusent de collaborer, selon la cheffe Adrienne Jérôme.

On a pris la nouvelle de ce matin [lundi] comme un choc, affirme-t-elle. Encore beaucoup de nos gens allaient à Val-d’Or et on ne sait pas où sont les cas. Les gens qui prenaient ça à la légère vont désormais le prendre très sérieusement. C’est épeurant parce que beaucoup de nos gens ont des maladies chroniques. On ne peut pas se permettre d’avoir le virus.

On doit protéger nos enfants et nos aînés. Des adultes vont tomber comme des mouches si on avait un cas.

Adrienne Jérôme, cheffe de Lac-Simon

La cheffe de Lac-Simon assure que les livraisons des denrées alimentaires et médicales pourront se poursuivre et que l’épicerie de la communauté ne manquera de rien

Couvre-feu à Winneway

Des mesures sont aussi en place à Winneway, où un contrôle des accès a débuté vendredi. Un registre des sorties est aussi tenu et tous les membres sont invités à limiter au strict minimum leurs déplacements.

Steeve Mathias pose devant des casiers.

Steeve Mathias, chef de la Première Nation de Long Point, à Winneway

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Le conseil de bande a même instauré un couvre-feu de 21 h à 6 h, après une rencontre avec les aînés de la communauté samedi. Le chef Steve Mathias admet que le défi est grand pour faire respecter ces mesures, étant donné que la communauté n’a pas son propre service de police.

Ce n’est pas évident. On a vu des gens frustrés de se faire revirer de bord.

Steve Mathias, chef la Première Nation de Long Point, à Winneway

On se donne des mesures, mais a-t-on les moyens et les ressources de les faire respecter? C’est un de nos gros défis. C’est sûr qu’on a besoin de la collaboration de notre population et dans l’ensemble les gens sont respectueux. On vit chaque situation au jour le jour et notre comité pandémie se réunit chaque matin pour faire le point, indique Steve Mathias.

Santé et surpeuplement

La santé fragile d’une forte proportion de la population et la surpopulation dans les logements sont évidemment deux des principaux enjeux rencontrés par les Autochtones.

On estime que 35 % de notre population souffre du diabète et on a aussi des gens qui font de la dialyse ou qui ont des problèmes pulmonaires, précise Steve Mathias. C’est évident qu’il a fallu prendre des mesures plus strictes, parce qu’il faut protéger ces gens-là.

Adrienne Jérôme rappelle à quel point sa communauté peut difficilement pratiquer la distanciation sociale.

Nos maisons sont surpeuplées et c’est la plus grosse partie du problème, souligne la cheffe du Lac-Simon. On est 2000 pour 340 maisons. Ça va être difficile à gérer si ça se propage dans la communauté. C’est impossible pour bien des gens de s’isoler. On va se pencher dès aujourd’hui à trouver lieu pour isoler les gens si on a cas.

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