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Immunodéficience et COVID-19 : une fragilité en quête d'une solution mondiale

Un homme en sarrau tient deux plaquettes de comprimés.

De récentes recherches sur la chloroquine et l'hydroxychloroquine indiquent que ces médicaments donnés pour rétablir des immunodéficiences pourraient aussi aider à contenir la propagation du coronavirus.

Photo : Getty Images / Gérard Julien

Radio-Canada

Alors que les Canadiens s’efforcent de ralentir la propagation du nouveau coronavirus, les personnes au système plus faible doivent redoubler de vigilance. Toutefois, les recherches permettant de mettre au point les médicaments pour combattre leurs immunodéficiences pourraient apporter des réponses à la crise sanitaire mondiale.

Pour le Dr Paul Fortin, un chercheur clinicien au centre de recherche du Centre hospitalier universitaire de Québec à l’Université Laval, les personnes au système immunitaire affaibli doivent faire plus attention à la COVID-19 que le reste de la population.

On n’a pas les données, mais on suspecte qu’il faut faire plus attention lorsqu’on a des médicaments qui peuvent affecter notre système immunitaire, recommande-t-il.

Il reconnaît toutefois que les recommandations pour ces gens restent les mêmes que pour le reste de la population : distanciation sociale et isolement (si nécessaire) sont de mise.

On n’a pas de preuve qu’ils ont plus de risque s’ils vont au travail, à moins d’être exposés en contact proche avec des gens qui ont pu être exposés à la COVID-19, ajoute le chercheur.

Il rappelle également que tous ne sont pas logés à la même enseigne et qu’il existe différents degrés d’immunosuppression.

Les gens qui ont eu de la chimiothérapie pour le cancer vont souvent avoir une immunosuppression beaucoup plus forte que les gens qui prennent des médicaments à long terme pour une maladie inflammatoire, explique le Dr Fortin.

Ne pas arrêter son traitement

Si les traitements médicaux qui affaiblissent le système immunitaire constituent une fragilité face à la COVID-19, le Dr Fortin insiste sur l’importance de continuer à les respecter.

Les recommandations actuelles sont de ne pas cesser, surtout pas de nous-mêmes, les médicaments qui contrôlent l’inflammation. Il faut comprendre que les médicaments [comme ceux de l’arthrite] ne sont pas juste là pour la douleur, mais pour contrôler une maladie du système immunitaire, insiste-t-il.

Il reconnaît que des aménagements peuvent être faits dans certains cas, mais qu'il est essentiel d’en parler à son médecin.

« Si on a une maladie inflammatoire chronique comme une polyarthrite rhumatoïde, il est essentiel de continuer le traitement à moins d’avoir une infection et là, il faudrait parler à son médecin pour savoir quoi faire avec le médicament », explique-t-il.

Des recherches sur des médicaments pour les faiblesses immunitaires

D’un autre côté, le Dr Fortier souligne l’importance de récentes recherches faites sur des médicaments donnés aux personnes immunodéprimées, qui pourraient s’avérer utiles dans la lutte contre la COVID-19.

L’intérêt le plus grand présentement, c’est sur une classe de médicament qu’on appelle les antimalariques. Ce sont des médicaments qui avaient été initialement développés pour traiter la malaria. Au cours des 50 dernières années, on a découvert qu’ils avaient des propriétés pour rééquilibrer le système immunitaire, explique le chercheur.

Il cite particulièrement la chloroquine et l'hydroxychloroquine, qui sont utilisées depuis plusieurs années, notamment pour traiter des cas de lupus, une maladie auto-immune.

Le Dr Fortin évoque une récente recherche aléatoire sur un petit échantillon d’une cinquantaine de personnes menée en France.

[Il semblait y] avoir un effet bénéfique sur la durée de la maladie, en fait du statut de porteur de la COVID-19. Ça semblait diminuer le temps qu’une personne qui avait la COVID-19 pouvait porter [le coronavirus] et donc le transmettre, précise-t-il.

Il ajoute que si les tests s’avéraient concluants, le médicament pourrait être donné à toute personne connue comme porteuse du coronavirus. Toutefois, il souligne que cette étude préliminaire n’a pas été faite sur un grand nombre de sujets.

Un autre enjeu de l’utilisation de ces médicaments est qu’ils restent utiles à d’autres traitements et qu’ils devront, le cas échéant, être utilisés avec parcimonie, au risque de voir naître une pénurie.

On est en train aujourd’hui de conseiller les décideurs sur quels patients doivent absolument continuer ce médicament. Puis on est en train de définir si certaines personnes chez qui [...] un remplacement pourrait être envisagé. Alors là, on pourrait arrêter le médicament pour le redistribuer vers les besoins en COVID-19, souligne le Dr Paul Fortin.

Il reste cependant à étudier les mécanismes d’action du médicament, qui ne sont pour le moment pas clairement identifiés dans le cas de la COVID-19.

Enfin, le Dr Fortin souligne l’importance du travail conjoint des autorités sanitaires qui permet déjà de mener des processus de tests de médicaments beaucoup plus rapidement qu’à l’accoutumée.

En fin de semaine, on a appris que pour un autre médicament, qui s’appelle la solchicine, il va y avoir un essai qui va être fait au Québec sur plus de 6000 personnes, et tout le processus pour approuver [les tests], qui prend plus d’un an, a été diminué à deux semaines, se félicite-t-il.

Toutefois, il faudra encore au moins de six mois à un an avant d’avoir les résultats.

L'évolution de la COVID-19 d'heure en heure

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