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Entre déception et soulagement pour les athlètes olympiques d'Ottawa et de Gatineau

Les athlètes de la région appuient la décision du COC de ne pas participer aux Jeux à l'été 2020.

Un homme d'origine asiatique porte un masque sanitaire. Derrière lui, un bandeau fait la promotion des Jeux olympiques de Tokyo.

Le CIO estime qu'il n'est pas encore temps de prendre des « décisions radicales » sur la tenue des Jeux olympiques de Tokyo.

Photo : Reuters / Issei Kato

Jonathan Jobin

Ils sont des dizaines d’athlètes. Des sportifs de la région d’Ottawa et Gatineau qui rêvaient de participer aux Jeux olympiques ou paralympiques.La décision du Comité olympique canadien (COC) de ne pas participer aux Jeux de Tokyo, s’ils se tiennent l’été prochain, aura un grave impact sur eux. 

La région envoie toujours une délégation importante d’athlètes au grand rendez-vous du sport mondial, et 2020 n'y faisait pas exception. Parmi eux, Erica Wiebe, Alexis Lepage, Michael Woods, Vincent De Haître et Farah Jacques, pour ne nommer que ceux-là. 

Des visiteurs qui portent des masques se promènent parmi les anneaux olympiques dans le musée olympique de Tokyo.

Les Jeux olympiques de Tokyo doivent s'amorcer le 24 juillet.

Photo : Associated Press / Jae C. Hong

C’est plate quand on est le premier pays à le faire, mais en même temps le Canada montre un certain leadership et une responsabilité. C’est la bonne décision à prendre. Même si c’est plate pour énormément de monde, réagit l’escrimeur Maxime Brinck-Croteau, qui visait une 2e participation aux Jeux.

Deux escrimeurs s'affrontent lors d'une étape d'escrime aux Jeux olympiques.

L'escrimeur gatinois Maxime Brinck-Croteau, lors de son match contre Vadim Anokhin, aux Jeux olympiques de Rio, en 2016.

Photo : Associated Press / Vincent Thian

Audrey Leduc, qui faisait partie de l’équipe du relais 4 x 100 m, comprend la décision du COC

J’étais triste, mais en même temps je comprends la raison pour laquelle ils ont pris cette décision. C’est pour la santé des athlètes, des entraîneurs et de nos familles, affirme la jeune femme de 21 ans. 

Sa collègue sprinteuse, Farah Jacques, soutient de son côté que les athlètes vivront maintenant moins d’incertitude, même si tout n’est pas encore réglé. 

On ne savait pas où se situer, si on devait continuer à s'entraîner. La décision est logique dans le sens où on avait un risque pour notre santé et notre sécurité. En même temps, c'est quand même les Jeux olympiques et je pense à mon rêve. Ça met comme une barrière. Il n’y aura pas de Jeux pour nous cet été, raconte Jacques qui devait participer à la compétition au 100 mètres haies. 

La coureuse Farah Jacques gagne une course au 100 mètres haies.

Farah Jacques (à gauche) lors d'une course avec Katarina Vlahovic et Georgia Ellenwood.

Photo : The Canadian Press / DARRYL DYCK

De l’incertitude, il en reste toutefois. Le Comité international olympique (CIO) affirme qu’il se donne encore quatre semaines avant de prendre une décision et que l’annulation des Jeux n’est pas une option.

Avant la décision du COC, le cycliste d’Ottawa Michael Woods mentionnait déjà le report des Jeux à 2021.

Le CIO se cache les yeux en pensant qu’ils pourront se tenir en juillet. L’organisation ne pense qu’à elle-même, pas aux athlètes, disait Woods il y a quelques jours, tout en reconnaissant qu'un report serait à son avantage. L’athlète s’est fracturé le fémur lors de sa dernière compétition.

Un cycliste lève les bras en triomphe.

Michael Woods à l'arrivée

Photo : Getty Images / AFP/Marco Bertorello

On a vraiment l’impression qu’ils pensent juste aux profits qu’ils peuvent faire mais pas à nous. La situation n’est pas évidente pour personne. Ils nous prennent zéro en considération.

Farah Jacques, sprinteuse

Sur leurs comptes Twitter respectifs, la nageuse paralympique Camille Bérubé et la joueuse de tennis Gabriela Dabrowski ont fait part de leur déception, tout en saluant la décision du COC.

Des scénarios différents d'un athlète à l'autre

Un report à 2021 aurait forcément une incidence différente sur chaque athlète. Alexis Lepage, par exemple, tente de voir les choses positivement.

C’est décevant d’un point de vue sportif personnel, parce que je m’entraîne depuis longtemps. Par contre, je me dis qu’un triathlète est à son top à 27-28 ou 29 ans. Ça me laisse un an pour être encore meilleur. C’est en restant positif que je pourrai avoir plus de motivation pour la prochaine année. Je peux prendre du repos et être en meilleure forme si les Jeux se tiennent en 2021, affirme le jeune homme, en isolement à Québec.

Le triathlète Alexis Lepage en action à vélo lors d'une compétition.

Alexis Lepage lors d'une compétition

Photo : Courtoisie

Scénario semblable pour Audrey Leduc qui visait d’abord une participation aux Jeux de 2024.

C’était une chance de plus que j’avais d’aller à Tokyo. Elle va peut-être s’envoler s’ils annulent les Jeux, mais je suis encore dans l’équipe, mes chances sont là. Je contrôle pas la décision, je vais juste faire le mieux pour m’entraîner. Les Jeux pourraient être cet automne ou en 2021. Il faut rester alerte, croit Leduc.

Huit femmes athlètes participent à une course de 100 mètres.

Audrey Leduc (no 57), lors d'une course du Championnat NACAC, à Querétaro, au Mexique

Photo : Gracieuseté / Athletics NACAC

À bientôt 34 ans, Brinck-Croteau, de son côté, pourrait être forcé à la retraite, même s’il ne veut pas précipiter sa décision.

La décision est impossible à prendre en ce moment, c’est trop tôt. J’avais déjà mis un 25 cents de plus dans le parcomètre après les Jeux de Rio, dit l'escrimeur en rigolant. Si c’est annulé, ça veut probablement dire la retraite forcée par la COVID-19. Mais, c’est pas une question de ma petite personne. C’est une pandémie mondiale, dit Brinck-Croteau avec sagesse.

Sur ce point d’ailleurs, tous les athlètes de la région s’entendent. Ils suivront à la lettre les recommandations des autorités de santé publique et demandent aux gens de faire la même chose. Plus vite la pandémie sera derrière nous, moins il y aura de rêves brisés par le nouveau coronavirus.

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