•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

COVID-19 : les chauffeurs de taxi frappés de plein fouet par la crise

Une voiture de taxi dans un stationnement, en hiver.

Plusieurs chauffeurs de taxi continuent de travailler, malgré la crise de la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Christian Millette

Radio-Canada

En pleine crise de la COVID-19, l’industrie du taxi ressent de fortes secousses. Les chauffeurs doivent attendre de longues heures pour avoir des clients et ceux-ci sont souvent inquiets en montant dans le taxi.

Du côté de Bob Taxi à Gatineau, on estime ne transporter en ce moment que 20 % de l’achalandage habituel.

Sur 22 chauffeurs, il y en a 6 à 8 qui travaillent. Les chauffeurs ont peur, ils veulent protéger leurs familles, ce que je comprends bien, mais vu qu’on est un service essentiel, on n’a pas choix de continuer, a expliqué le propriétaire Tony Fadell en entrevue lundi aux Matins D’Ici.

La société de taxi n’a pas eu d’autre choix que d’envoyer 80 % de ses employés réguliers vers le chômage temporaire. Mais les chauffeurs de taxi étant des travailleurs autonomes, ils n’ont généralement pas le droit à l’assurance-chômage.

Des taxis nettoyés toute la journée

L’entreprise de taxi a mis les bouchées doubles en matière de nettoyage et cherche à se procurer un système de machine à vapeur pour désinfecter les voitures de l’extérieur.

On travaille jour et nuit pour être certain qu’il n’y a pas de transmission dans nos autos, elles sont désinfectées après chaque client et les chauffeurs se lavent les mains régulièrement pendant la journée.

Tony Fadell, propriétaire de Bob Taxi à Gatineau

Malgré leurs efforts, les rares clients qui montent dans les taxis sont inquiets. Ils demandent aux chauffeurs : "avez-vous embarqué des gens qui toussaient ? Comment lavez-vous votre auto ?", c’est pas mal toute une journée de questionnements et les chauffeurs comprennent bien la peur des clients, a ajouté M. Fadell.

Livraison de nourriture

L’industrie du taxi est déjà fragilisée depuis plusieurs années, notamment par la concurrence des services comme Uber ou Lyft. Pour faire face à cette nouvelle crise, Bob Taxi est forcé de se diversifier et se tourne vers la livraison de nourriture.

Depuis vendredi, on offre nos services de livraison à toutes les épiceries et pharmacies de la région de l’Outaouais [...] On ne va pas changer de taxi à service de livraison, mais en ce moment, on veut rester un service essentiel pour aider les gens à déplacer leur nourriture, a précisé le propriétaire de Bob Taxi.

Le cri du cœur de certains chauffeurs

Certains chauffeurs d’autres compagnies de taxi se disent extrêmement inquiets et reprochent à leur compagnie de ne pas les aider davantage.

Radio-Canada a rencontré le chauffeur Ibrahim Nohad devant l’aéroport d’Ottawa. En tant que travailleur autonome, il se sent bien seul dans cette crise qui affecte son métier.

Je travaille comme contractant avec [la société de taxi] Blueline. On prend des risques. Je suis dans le taxi depuis 1995 et je n’ai jamais vu une situation comme ça. On attend 3 ou 4 heures pour avoir un client, puis il faut payer les frais de l’aéroport et de la compagnie, a indiqué le chauffeur.

Un chauffeur de taxi attend dans sa voiture.

Le coronavirus complique le travail quotidien des chauffeurs de taxis qui disent devoir payer pour le nettoyage de leurs voitures.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Poudrier

M. Nohad et son collègue Hassen Salih affirment que la compagnie ne leur a pas fourni de masques pour se protéger le visage et qu'ils doivent payer eux-mêmes les produits de nettoyage de leurs voitures.

Ils disent aussi qu’ils se sentent à risque et sont inquiets pour leur famille quand ils rentrent chez eux. Ils souhaitent que le public se rende compte de leur situation et du fait qu’ils ne gagnent pratiquement pas d’argent.

En attendant, ils font ce qu'ils peuvent pour se protéger. J’ai pris la décision de ne laisser personne s’asseoir à côté de moi, ils vont juste en arrière. J’ai des gants, des affaires [de nettoyage] dans ma voiture, a conclu M. Nohad.

Avec les informations de Jean-François Poudrier

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Ottawa-Gatineau

Coronavirus