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Il y a 40 ans, Mgr Oscar A Romero « la voix des sans-voix » était assassiné au Salvador

Visage d'Oscar Arnulfo Romero

Monseigneur Oscar Arnulfo Romero qui célèbre une messe.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le 24 mars 1980, l’évêque Oscar Romero, ardent défenseur des pauvres au Salvador, est tué alors qu’il célèbre la messe à l’hôpital de la Divine Providence à San Salvador. Un assassinat qui indigne la population locale et qui est condamné dans le monde entier. Nos journalistes ont couvert cet événement prélude à la guerre civile salvadorienne qui allait durer 12 ans.

Mgr Oscar Romero : défenseur des paysans déshérités

Au Salvador, le coup d’État du 15 octobre 1979 porte au pouvoir une junte militaire soutenue par l’extrême droite et les États-Unis qui souhaitent appliquer une politique de « contention du communisme ». « Les Américains craignent l’avènement d’un autre Cuba. »

Monseigneur Romero écrit au président Jimmy Carter pour lui faire connaître son désaccord face à l’appui des États-Unis au régime en place. Un régime qui protège l’oligarchie et qui multiplie la répression envers les laissés pour compte.

L’évêque Romero dénonce également l’extrême gauche lorsqu’elle fait des victimes parmi la droite.

Au Salvador en 1980, « 14 familles salvadoriennes détiennent plus de 50 % des terres ». Monseigneur Romero est alors fortement impliqué dans la lutte contre l’oligarchie.

Suite à l’assassinat de l’évêque Romero, la violence monte d’un cran. L’indignation est profonde et 17 attentats à la bombe sont répertoriés dès le lendemain.

Au moment de l’assassinat de Mgr Oscar Romero, le journaliste Normand Lester est en tournée en Amérique latine. C’est de Tegucigalpa au Honduras qu’il commente les événements salvadoriens. Le 25 mars 1980, son reportage est présenté au Téléjournal.

Reportage du journaliste Normand Lester sur la mort de Mgr Romero au Salvador. Le bulletin de nouvelles est animé par Michel Benoît.

« Depuis plusieurs mois déjà, certains dirigeants de l’Église catholique comme Monseigneur Romero sont la cible de l’extrême droite, qui les considère comme des alliés des communistes, parce qu’ils appuient les revendications des paysans déshérités »

— Une citation de  Normand Lester, journaliste

Au Ce soir du 25 mars 1980, l’animateur Gérard-Marie Boivin s’entretient avec le journaliste Bertrand de la Grange, un correspondant qui connaît bien le Salvador. Il explique qui était Mgr Romero et pourquoi il était devenu une cible de l’extrême droite.

Le journaliste Bertrand de la Grange, correspondant au Salvador, explique qui était Mgr Romero, pourquoi il était devenu une cible de l’extrême-droite. Le bulletin de nouvelles est animé par Gérard-Marie Boivin.

Dans ses homélies, l’homme d’Église rapportait les nouvelles sociales du pays et dénonçait les meurtres politiques. Il prônait une réforme agraire, ce qui dérangeait les riches du pays. Les paysans sans terre, qui formaient la majorité de la population du Salvador, pouvaient entendre ses discours tous les jours sur les ondes de la radio locale.

Les obsèques de l’évêque Romero regroupent 350 000 personnes dans la capitale San Salvador. Des centaines de prêtres et des évêques du monde entier sont également présents. À l’instant où commence la messe, une bombe éclate parmi la foule et des coups de feu se font entendre. L’incident provoquera une cinquantaine de décès.

La guerre civile a ravagé le Salvador de 1980 à 1992. Elle a laissé derrière elle 75 000 morts et 12 000 blessés et a fait 8000 disparus.

La guerre opposait le front des Forces populaires de libération (FPL), la guérilla et le Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN) à l’extrême droite, composée des escadrons de la mort pro-gouvernement et de l’armée salvadorienne. Selon les rapports produits après la commission de la vérité de l’ONU, ces derniers seraient responsables de 85 % des meurtres durant la guerre civile.

Les plaies sont pansées, mais les cicatrices demeurent

Le 2 mai 2007, le correspondant Jean-Michel Leprince présente un reportage au Téléjournal sur la situation politique au Salvador. Quinze ans après la fin de la guerre civile salvadorienne, les tensions se font toujours sentir entre la droite et la gauche.

Le journaliste correspondant Jean-Michel Leprince fait un compte rendu de la situation politique au Salvador où la droite et la gauche coexistent, mais des éléments du passé violent sont rappelés. Le bulletin de nouvelles est animé par Bernard Derome.

Les accords de paix ont installé une démocratie en permettant aux ennemis d'hier, la guérilla et l'extrême droite, de siéger côte à côte à l'Assemblée nationale. Jean-Michel Leprince a rencontré deux députés, symboles de la lutte ancienne, pour voir à quel point ils s'étaient rapprochés et il a constaté que la réconciliation est ardue.

Alan Quinn, un témoin des applications des accords de paix de Chapultepec en 1992 résume ainsi le climat.

« Cette haine qu’on sentait avant, aujourd’hui elle est peut-être un peu plus subtile, mais il y a encore des problèmes de fond.  »

— Une citation de  Alan Quinn, Responsable du CECI au Salvador

Comme l’explique Jean-Michel Leprince, malgré les accords de paix de 1992, la pauvreté est toujours très présente au Salvador. Les tensions sociales sont toujours vives. Le taux de criminalité est élevé et on compte aujourd’hui un taux d’homicides « encore plus important qu’au temps de la guerre civile ».

Au Salvador, Mgr Romero fait toujours l’objet d’un véritable culte. Le pape François a procédé à sa canonisation à Rome le 14 octobre 2018.

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