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Confinés, les Québécois rénovent

Un plan et des outils de rénovation

Certains Québécois profitent du temps passé à la maison en cette période de pandémie pour effectuer de petits travaux.

Photo : iStock

Les ventes de gallons de peinture, de certains matériaux de construction et de produits de décoration sont à la hausse dans plusieurs quincailleries de la grande région de Québec en cette période de pandémie de la COVID-19. Mais pour combien de temps?

On dirait que les gens qui sont à la maison se disent : "On pourrait refaire une partie du sous-sol, on va poser du bois flottant, on va peinturer", observe le président de Canac, Jean Laberge, et ce, dans les 30 succursales en opération.

Par contre, M. Laberge est clair : Ce n’est pas le temps de magasiner, de fouiner partout. On veut se mettre en mode service essentiel. Les gens entrent, ils sont accompagnés, ils prennent ce dont il ont besoin et ensuite ils retournent, dit-il.

L’entrée des clients est contrôlée et les heures d’ouverture des magasins ont également été réduites au cours des derniers jours. La priorité de Jean Laberge est d’assurer la santé et la sécurité des employés ainsi que des clients.

On veut prendre les précautions nécessaires pour desservir notre clientèle encore pendant des semaines et des semaines.

Jean Laberge, président de Canac

Les gens peuvent avoir besoin de nous autres. Si par exemple le chauffe-eau brise, on ne peut pas donner le bain des enfants dans l’eau froide. Les gens doivent pouvoir acheter le nécessaire pour réparer, illustre-t-il.

Jean Laberge, président du groupe Canac, dans son centre de distribution de Saint-Augustin-de-Desmaures

Jean Laberge, président du groupe Canac, dans son centre de distribution de Saint-Augustin-de-Desmaures

Photo : Radio-Canada / Steve Breton

Même constat chez Matériaux Lavoie, dans le secteur Saint-Jean-Chrysostome, à Lévis.

Quand on est pris entre quatre murs, comme l’expression le dit, les gens font des travaux de peinture pour rafraîchir et prennent aussi des produits de nettoyage pour s’avancer dans le grand ménage du printemps, affirme la directrice générale, Chantal St-Pierre.

Même si elle note une baisse d’achalandage en magasin, Mme St-Pierre parle d’une augmentation des ventes d’environ 25 % seulement pour des gallons de peinture. Au niveau du chiffre d’affaires, il n’y a pas d’augmentation, mais on l’a maintenu, explique-t-elle. Ce qui lui permet pour l’instant de garder ses employés.

Tout comme chez Canac, elle explique que lorsque des gens arrivent en magasin, ils sont pris en charge rapidement par le personnel tout en gardant une distance.

On leur demande de mettre des gants pour toucher le matériel et on essaie de raccourcir les visites le plus possible. On offre aussi la livraison, les gens peuvent commander au téléphone ou en ligne, ajoute Chantal St-Pierre.

De la colle en bâton

Les ventes de certains produits sont en augmentation dans différentes quincailleries.

Photo : Radio-Canada

Notre dossier COVID-19 : les services ouverts ou fermés dans votre région

S’il a aussi remarqué une augmentation des ventes de gallons de peinture dans les premiers jours de la crise, le propriétaire du magasin Léopold Bouchard observe que c’est beaucoup plus tranquille depuis mercredi dernier.

Ça n’a duré que quelques jours. Sur le plancher, on a été obligés de couper des heures de nos employés pour atténuer la baisse d’achalandage. Ça, c’est très difficile pour nous, se désole-t-il.

Le contexte est particulier, j’ai acheté le commerce il y a un mois et demi.

Sylvain Lavoie, propriétaire du magasin Léopold Bouchard

Malgré tout, il s'estime chanceux. On est au ralenti, mais on vit très bien encore, affirme Sylvain Lavoie. Son entreprise peut survivre grâce aux commandes et aux projets qui étaient déjà en cours. Il se tourne aussi vers des méthodes alternatives pour continuer d’assurer plusieurs services.

Les gens se déplacent beaucoup moins. On a essayé de promouvoir nos livraisons, on est capable de faire des plans de salle de bains à distance par téléphone sans problème, dit-il.

Des accessoires de salles de bains dans un magasin

Intérieur du magasin Léopold Bouchard situé à Lévis, dans le quartier Saint-Romuald.

Photo : Arold Blanchet

Dans le secteur Charlesbourg, le propriétaire du magasin Home Hardware constate une hausse d’achalandage pour la période de l’année. Alain Boivin affirme que ces jours-ci, il vend huit fois plus de gallons de peinture et beaucoup plus de produits de nettoyage comparativement à une journée typique.

On a mis en place certaines mesures. Les gens ne peuvent pas entrer dans le magasin. On les arrête à la porte et on va chercher ce qu’ils veulent pour eux, précise M. Boivin.

Pour sa part, Yvan Côté observe une baisse de 50 % de ses ventes depuis le début de la crise. C’est beaucoup plus tranquille, c’est préoccupant, confie le propriétaire de la quincaillerie Home Hardware Côté, située sur l’avenue de la Montagne, à Québec.

D’ailleurs, le président de Canac ne se fait pas d’idée. Il ne s’attend pas à ce que la hausse observée au cours de la dernière semaine dure bien longtemps.

Parce qu'un moment donné, les gens vont peinturer leur chambre à coucher, ils vont peinturer leur sous-sol, vont faire les petits travaux. Mais je pense que les grands travaux, ils vont remettre ça à plus tard parce qu’il y a trop d’incertitude, explique-t-il.

La directrice générale chez Matériaux Lavoie affirme que la situation actuelle force l’entreprise à vivre au jour le jour, ce qui n’est pas habituel du tout.

C’est quelque chose qu’on n’est pas habitué de faire. Normalement, on voit toujours à long terme, on fonctionne avec des prévisions alors que depuis quelques jours, on fonctionne au jour le jour, comme toute la population, conclut-elle.

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