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Les enfants détiendraient-ils la clé d'un remède contre la COVID-19?

Une petite fille lit un livre allongée sur un lit.

Jusqu'ici, les enfants n'ont que rarement eu des complications après avoir été infectés par la COVID-19.

Photo : getty images/istockphoto / gpointstudio

David Rémillard

« Pourquoi les jeunes enfants ne développent presque pas de complications? » La question est celle du Dr Guy Boivin, un infectiologue québécois à la recherche d'antiviraux efficaces pour lutter contre la COVID-19.

Le cas des enfants intrigue particulièrement le Dr Boivin, et il n'est pas le seul spécialiste à s'interroger.

C'est comme si les jeunes enfants ne développaient pas une réaction inflammatoire aussi importante que les adultes, remarque l'infectiologue au CHU de Québec et professeur de microbiologie à l'Université Laval.

Ils sont également sous-représentés dans les statistiques d'hospitalisation à travers le monde.

Je pense que c'est une matière à étude plus approfondie. [...] Ça va peut-être nous donner la clé pour de nouveaux traitements.

Le Dr Guy Boivin, infectiologue et microbiologiste au CHU de Québec

Les adultes, ce dont ils semblent décéder, c'est non seulement de la multiplication du virus, mais aussi de la réaction inflammatoire [aux poumons] qui devient disproportionnée, précise-t-il.

Ce contraste entre l'évolution de la maladie chez les enfants et chez les adultes mériterait une attention particulière, selon le chercheur.

Ce constat d'une réaction inflammatoire moins sévère chez les enfants a d'ailleurs influencé la réflexion d'autres chercheurs québécois, qui testeront dès lundi un médicament prometteur.

À la recherche d'antiviraux

Le Dr Boivin, qui a connu les pandémies de SRAS en 2003 et de grippe H1N1 en 2009, participe lui aussi à cet effort pour découvrir des antiviraux efficaces contre la COVID-19.

Grâce à une subvention de 900 000 $ de l'Agence de la santé publique du Canada, sur deux ans, il travaillera sur deux fronts pour s'attaquer au virus SRAS-CoV-2.

Le Dr Guy Boivin, microbiologiste et infectiologue au CHU de Québec.

Le Dr Guy Boivin, microbiologiste et infectiologue au CHU de Québec

Photo : Radio-Canada

D'une part, avec des collègues chercheurs, il procédera à ce qu'on appelle du repositionnement thérapeutique.

On se sert de médicaments déjà sur le marché pour traiter une condition X, par exemple en cardiologie ou contre le cancer, et on regarde s'il y a une activité contre le virus en question, résume-t-il.

Il donne l'exemple d'un médicament normalement utilisé pour traiter l'angine de poitrine, mais dont les composés ont montré une efficacité contre le virus de l'influenza. La découverte a été réalisée il y a un an et demi. C'est déjà en phase clinique d'évaluation.

On veut réaliser la même expérience pour le coronavirus, toujours dans l'objectif de découvrir un médicament en attendant la mise au point d'un vaccin.

On veut cependant aller plus vite. Le Dr Boivin espère qu'un traitement sera disponible d'ici quelques mois.

L'arme ultime reste le développement d'un vaccin, mais on est à 8 à 12 mois d'un vaccin.

Le Dr Guy Boivin, infectiologue et microbiologiste au CHU de Québec

Mais pas question non plus de brûler des étapes. J'insiste pour que ces traitements soient évalués de façon appropriée, prévient-il. Une phase d'essai clinique, comparant un placebo et le traitement réel, sera nécessaire pour avoir le cœur net qu'il y a un effet.

Un coronavirus en gros plan.

Les scientifiques ont identifié la protéine permettant au virus de se multiplier dans l'organisme.

Photo : Shutterstock / Shawn Hempel

L'éventuel traitement serait administré précocement aux personnes déclarées positives à la COVID-19 et qui présentent des risques de complications, comme les personnes âgées ou celles qui ont des problèmes médicaux préexistants.

D'emblée, le repositionnement thérapeutique permet de sauver de 1 à 2 ans, puisqu'il n'est pas nécessaire d'évaluer à nouveau la toxicité d'un composé.

Frapper à la source

L'autre outil dans le coffre du Dr Guy Boivin est la modélisation 3D.

Les chercheurs ont déjà identifié la protéine permettant au coronavirus de se multiplier dans l'organisme. Avec la modélisation 3D, on veut maintenant cerner les endroits où injecter des inhibiteurs qui permettraient de neutraliser cette protéine, et donc la multiplication.

Cette approche et celle du repositionnement thérapeutique devraient permettre de trouver un traitement, croit l'infectiologue.

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