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L'Ontario serait en manque de lits et de respirateurs dès la fin avril

Équipement respiratoire dans un hôpital allemand.

Équipement respiratoire dans un hôpital allemand.

Photo : Getty Images / Thomas Lohnes

La Presse canadienne

Une étude réalisée par des épidémiologistes de Toronto laisse croire que la plus grande province du Canada pourrait manquer de lits de soins intensifs et être en pénurie de respirateurs d'ici la fin avril, même en supposant une forte baisse du taux d'infection actuel.

Des chercheurs de l'Université de Toronto, du University Health Network et du Sunnybrook Hospital ont publié un modèle montrant que l'Ontario pourrait manquer de machines et d'espace pour ventiler les patients très malades dans un peu plus de cinq semaines.

Dans les travaux dirigés par Beate Sander, titulaire de la chaire de recherche du Canada en économie des maladies infectieuses, même un scénario prudent supposant un taux d'infection inférieur à celui qu'on observe actuellement entraînerait de graves pénuries.

Selon ce scénario, le taux quotidien moyen d'infection au cours des 37 jours serait de 7,5 %, soit le taux que le Japon a connu, comparativement au taux quotidien de 26 % enregistré ces derniers jours.

Le même scénario implique que les hôpitaux réussiraient à conserver 25 % des 2053 lits de soins intensifs de la province pour les patients atteints de la COVID-19, bien que la plupart des experts disent que de 85 % à 90 % des lits sont généralement occupés par des patients atteints d'autres maladies.

Mme Sander a affirmé dans une entrevue qu'elle espérait que la recherche aboutirait à une prise de décision éclairée sur les mesures de santé publique.

Un modèle plus optimiste de son groupe prédit que, si la province parvient à augmenter la capacité pour les patients atteints de la COVID-19 en ajoutant plus de 2000 lits et 600 respirateurs, le système pourrait tenir pendant 60 jours, mais qu'il pourrait toujours y avoir une pénurie critique de respirateurs.

L'étude évalue que le séjour moyen dans l'unité de soins intensifs serait de huit jours.

Les modèles n'ont pas encore inclus de facteurs susceptibles de ralentir la propagation du virus, comme les récentes restrictions frontalières ou la fermeture des écoles.

Il existe également un pire scénario intégrant des taux d'infection plus élevés qu'en Italie. Le système ontarien serait alors en pénurie de lits et de respirateurs en soins intensifs en seulement 16 jours.

Au cours de la dernière semaine, certains ministres provinciaux de la Santé ont annoncé leur intention d'acheter des respirateurs additionnels.

Mercredi, la ministre de la Santé de l'Ontario, Christine Elliott, a déclaré aux journalistes : Nous avons certainement un approvisionnement suffisant pour la situation que l'on vit présentement.

Elle a ensuite mentionné que la province avait commandé 300 respirateurs de plus, qu'elle devrait recevoir sous peu, et que les fabricants de pièces d'automobiles cherchaient à se rééquiper pour pouvoir produire des respirateurs en Ontario.

Nous savons qu'avec la fermeture de nombreuses frontières, nous devons trouver notre approvisionnement à l'interne, a-t-elle dit.

Le premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney, a affirmé : Les services de santé de l'Alberta nous avisent qu'ils ont des fournitures adéquates pour faire face à cette crise. Il a ajouté que la province avait commandé 50 respirateurs.

Au Québec

Le premier ministre du Québec, François Legault, a déclaré que sa province avait suffisamment de respirateurs et qu'elle en acquerrait plus si la demande augmentait.

On a assez d'équipement à court terme, mais on travaille quand même sur des scénarios plus pessimistes, pour être prêt au cas où, a dit M. Legault, vendredi, en conférence de presse.

On a commencé à parler avec des entreprises, si c'est nécessaire, pour construire des respirateurs, pour fabriquer des masques, pour fabriquer tous les équipements qui pourraient être essentiels s'il y avait une situation qui devenait beaucoup plus critique, a-t-il poursuivi.

En Colombie-Britannique, le ministre de la Santé, Adrian Dix, a affirmé qu'il rendrait public le nombre de nouveaux respirateurs une fois les commandes reçues, ajoutant que la province en comptait actuellement 1272.

Des épidémiologistes disent que ces niveaux d'approvisionnement pourraient ne pas être suffisants, à moins que n'entrent en vigueur des distanciations sociales encore plus importantes et d'autres mesures de santé publique partout au pays.

David Fisman, épidémiologiste à l'École de santé publique Dalla Lana de l'Université de Toronto, a salué le modèle de Mme Sander, mais a ajouté que la projection sur 37 jours était optimiste.

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