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Foyer d’infection redouté à Lavaltrie

Le bâtiment, construit récemment, compte six étages.

Le premier ministre François Legault a confirmé que la majorité des cinq décès de la COVID-19 ont eu lieu à la résidence pour aînés EVA, dans Lanaudière.

Photo : Radio-Canada / Carla Oliveira

Radio-Canada

Si le nombre de personnes infectées par la COVID-19 se multiplie au Québec, c’est aussi le cas des foyers potentiels d’éclosion de la maladie, comme cette résidence pour personnes âgées de Lavaltrie où habitait Mariette Bernier-Tremblay, 82 ans, première victime de la pandémie au Québec.

Les ambulanciers qui sont intervenus le 13 mars auprès de Mme Bernier-Tremblay sont en quarantaine depuis. Ils n’avaient pas revêtu l’équipement approprié, faute d’information.

Leurs collègues ont confirmé à Radio-Canada qu’ils sont revenus à trois reprises dans la même résidence depuis le 13 mars, chaque fois pour des patients qui présentaient des symptômes grippaux et souffraient de problèmes respiratoires.

La direction de l’établissement où résidait la femme a distribué une lettre à ses pensionnaires jeudi matin pour leur demander de s’isoler et de limiter leur circulation dans les couloirs. Les contacts avec le personnel traitant ont aussi été limités au strict minimum.

L’établissement n’a pas voulu commenter l’état de santé de ses autres résidents ou de ses employés. Dans Lanaudière, on comptait vendredi sept cas, le même nombre que jeudi et un de plus que mercredi. Les analyses des tests de dépistage se poursuivent.

Quant aux ambulanciers, on demande à la population de bien les informer quand on appelle la ligne d’urgence. Quand il y a des gens qui ont voyagé et qui ont des symptômes, ils doivent nous le dire le plus rapidement possible, explique Claude Lemay, directeur des opérations chez HRH services préhospitaliers.

M. Lemay ajoute que ses ambulanciers ne peuvent pas se permettre de revêtir les équipements lors de chaque intervention. Si on fait ça, on va finir par manquer d’équipement et notre personnel ne pourra plus intervenir si on n’a pas les équipements, explique-t-il.

Des inquiétudes persistent aussi chez d’autres intervenants en santé, comme les ergothérapeutes et les travailleurs sociaux qui, encore lundi, travaillaient dans la résidence où habitait Mariette Bernier-Tremblay, à Lavaltrie.

Ce qu’on déplore, c’est que nos membres n’ont pas de consignes claires et qu’on leur demande, malgré les recommandations de la ministre [de la Santé Danielle] McCann, de faire des visites à domicile alors qu’on juge que c’est non essentiel, lance leur représentant syndical, Steve Garceau, de l’Alliance du personnel professionnel et technique du réseau de la santé et des services sociaux.

Déjà, le premier ministre François Legault et le patron de la santé publique, le Dr Horacio Arruda, ont demandé aux Québécois de ne pas visiter les centres pour personnes âgées.

Mais éventuellement, il va falloir que des gens puissent entrer, selon Caroline Quach, microbiologiste-infectiologue responsable de l'unité de prévention et contrôle des infections du CHU Sainte-Justine, si ce n’est que le personnel et certains aidants naturels.

C’est un équilibre précaire, reconnaît-elle.

Les dirigeants de la santé publique savent où sont les foyers de contagion, assure-t-elle, mais le problème est plutôt que certaines personnes sont peu ou pas symptomatiques et n’ont pas été testées.

C’est pour ça que ça devient impossible de savoir d’où ça part, explique la microbiologiste.

Vendredi, le maire de la petite municipalité de Côte-Saint-Luc, dans l'ouest de l'île de Montréal, s'inquiétait d'ailleurs de voir sa ville devenir l'« épicentre » de la pandémie au Québec à la suite de la découverte de quatre cas de COVID-19.

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