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Des parents redoutent les obstacles de l'apprentissage en ligne à cause de la COVID-19

Le ministre de l’Éducation Stephen Lecce en conférence de presse dans une classe.

Le ministre de l'Éducation Stephen Lecce

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Radio-Canada

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, et le ministre de l'Éducation, Stephen Lecce, ont annoncé la mise en place d'un portail d'apprentissage pour permettre aux élèves ontariens de suivre des cours en ligne à domicile. Toutefois, l'initiative pourrait rencontrer plusieurs obstacles, estiment certains parents.

Cette initiative débutera dès lundi en raison de la fermeture des écoles de la province liée à la pandémie de la COVID-19.

Toutefois, l'instauration de ce portail génère de nombreuses questions sur sa faisabilité.

L'Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) insiste sur le fait que cela ne remplace pas les cours en classe, mais son président, Rémi Sabourin, a salué l’initiative.

Néanamoins, il dit craindre pour les familles exogames.

Rémi Sabourin en entrevue.

Le président de l'AEFO, Rémi Sabourin.

Photo : Radio-Canada

Phyllis Dalley, directrice des programmes de formation à l'enseignement de l’Université d’Ottawa, salue la mise en place de ce portail en ligne. Elle pense toutefois qu’il pose un défi d'accessibilité au niveau langagier pour les communautés francophones et pour les parents qui n’ont pas le français comme langue d’usage.

Selon elle, le français utilisé par ce portail en ligne est de niveau universitaire.

Cela pourrait poser des problèmes aux parents, notamment ceux qui présentent une insécurité linguistique, explique-t-elle.

Une femme avec un manque noir et une chemise blanche.

Phyllis Dalley, directrice de l'Unité de recherche éducationnelle, Une école pour tous, située à la Faculté d'éducation de l'Université d'Ottawa.

Photo : Radio-Canada

D’autre part, les cours en ligne nécessitent un accès à une bonne connexion et à des ordinateurs. Or, certains parents disent qu’ils ne sont pas forcément équipés chez eux pour faire l’école à la maison.

C’est le cas de Julie Lupetu, dont les trois enfants vont à l'école à Windsor. Cette mère de famille monoparentale s’inquiète à l’idée de faire l'école à la maison. On a un seul ordinateur, se confie-t-elle. C’est vraiment compliqué parce que je n’ai pas le matériel adéquat.

Est-ce que l’Internet tiendra? Je n’ai pas un débit si haut que cela.

Julie Lupetu, mère de trois enfants

Jerry Masiya, directeur de l’organisme Place du partage à Windsor, est du même avis. Son organisme offre une aide aux devoirs pour les enfants de familles immigrantes.

Ce n'est pas tout le monde qui est connecté à un réseau Internet dans notre communauté. C’est tout un problème, c'est tellement difficile, explique-t-il.

On essaie de donner à chaque famille au moins un ordinateur pour trois enfants, alors une famille de six enfants, comment vont-ils se partager un ordinateur? Ça sera un peu difficile.

Jerry Masiya, directeur général de l’organisme Place du partage

Des difficultés pour les parents non francophones

Des parents qui ne parlent pas français, mais dont l'enfant se trouve dans une école francophone craignent eux aussi éprouver des difficultés avec ce nouveau format.

C'est le cas de Ewa Jagielski, mère de deux élèves. Elle estime qu'elle ne sera pas en mesure de suivre l’apprentissage en ligne. Mme Jagielski explique qu’en temps normal, elle peut parler avec les enseignants en anglais. Elle espère donc que la nouvelle plateforme va prévoir un échange avec les enseignants.

Sa fille de 13 ans, Daria Jagielski, n’est pas enchantée à l’idée de suivre des cours en ligne.

Elle pense que les interactions entre les élèves et les enseignants vont être fortement réduites. D’après elle, cela pourrait pénaliser les élèves timides qui préfèrent poser leurs questions aux professeurs en personne, à la fin des cours.

Johanne Lacombe, présidente de l’Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques, a fait part de ces obstacles au ministre de l’Éducation. Elle rappelle que dans certaines régions de la province, la connexion à Internet et le wifi sont très mauvais. Mme Lacombe estime que le ministre Lecce s'est montré ouvert à ces défis.

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