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La chloroquine, un espoir pour le traitement de la COVID-19?

Le médicament a donné des résultats chez certains patients, mais il faut plus d’études, préviennent les experts.

Un homme en sarrau tient deux plaquettes de comprimés.

Des comprimés de chloroquine et d'hydroxychloroquine, utilisés dans une étude à l'IHU Méditerranée Infection de Marseille.

Photo : Getty Images / Gérard Julien

Depuis une semaine, la chloroquine est sur toutes les lèvres. Ce médicament antipaludique de longue date et peu coûteux a été testé contre l’infection par le coronavirus, notamment à l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection de Marseille.

Une présentation scientifique d'un chercheur de cet institut (Nouvelle fenêtre), le professeur Didier Raoult, a d’ailleurs été visionnée plus de 850 000 fois sur YouTube. Le chercheur présentait des résultats d’une étude clinique sur 24 patients (Nouvelle fenêtre) pour traiter la COVID-19 avec de l’hydroxychloroquine, un dérivé de la chloroquine.

Dans son étude (Nouvelle fenêtre), les patients à qui on a administré ce médicament se sont rétablis plus rapidement que ceux qui n'ont rien pris. Les résultats étaient encore plus probants chez ceux qui ont pris de l’hydroxychloroquine combinée à un antibiotique, l’azithromycine.

Devant ces résultats encourageants, le gouvernement français a approuvé la tenue d’études cliniques à l’échelle du pays, et le laboratoire français Sanofi s’est dit prêt à donner des millions de doses du médicament.

Utilisée pour les cas graves au Québec

Au Québec, le Dr Michel De Marchi a confirmé à Radio-Canada qu’il a commencé à utiliser l’hydroxychloroquine pour le traitement de la COVID-19 à l’Hôpital général juif de Montréal.

Toutefois, les autorités en santé publique de la province restent prudentes avant de crier victoire. Il y a déjà eu des études en laboratoire qui ont montré qu’il y avait un potentiel, dit le Dr Luc Boileau, président-directeur général de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux du Québec (INESSS). Mais du côté des études cliniques, il n’y a pas de démonstration franche et établie dans la communauté scientifique.

Le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, a martelé le même message en point de presse vendredi : La chloroquine est rapportée comme étant très efficace dans certaines situations, mais elle ne peut pas être donnée à n’importe qui.

La chloroquine va être donnée dans certains cas très sévères, mais elle n’est pas forcément efficace à certains niveaux de la maladie.

Dr Horacio Arruda, directeur national de santé publique du Québec

Ne pas utiliser à la maison

Puisque la chloroquine est utilisée depuis longtemps contre le paludisme, aussi appelé malaria, certains pourraient être tentés de recourir à l’automédication. Un geste que déconseille fortement le Dr Boileau, car le médicament peut avoir des effets secondaires et n’aura pas forcément l’effet escompté.

Il y a des gens qui en ont même à la maison parce qu’ils auront voyagé, puis on leur a donné ça à titre de prévention pour une infection de malaria, et qui peuvent se dire : “Bon, je vais l’utiliser, et ça va me rassurer”. On ne recommande pas ça non plus.

Dr Luc Boileau, pdg de l'INESSS

Des études ailleurs dans le monde

L’engouement pour la chloroquine se fait sentir ailleurs dans le monde. Aux États-Unis, le Secrétariat américain aux produits alimentaires et pharmaceutiques (FDA) a indiqué jeudi qu’il allait faciliter les études sur la chloroquine (Nouvelle fenêtre) pour le traitement de la COVID-19.

Le président américain Donald Trump a toutefois semé la confusion jeudi en annonçant, à tort, que le médicament était déjà approuvé par la FDA pour cette maladie (Nouvelle fenêtre). Aux États-Unis, il est approuvé pour la malaria, le lupus et l’arthrite rhumatoïde.

Des études sont également menées en Australie et en Chine (Nouvelle fenêtre).

Avec la collaboration de Normand Grondin

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