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Pourquoi certaines personnes résistent aux mesures de santé publique?

Gros plan d'Horanio Arruda portant la barbe et des lunettes.

Le Dr Horacio Arruda supplie la population de se conformer aux consignes du gouvernement.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

David Rémillard

Des jeunes font la fête malgré la pandémie, une personne atteinte de la COVID-19 ne respecte pas son confinement, des aînés sortent malgré l'avis contraire du gouvernement; une étude québécoise tentera de comprendre les facteurs qui influencent l'adhésion (ou non) de la population aux recommandations de la santé publique.

Le Dr Horacio Arruda supplie depuis des jours la population de suivre les directives pour se prémunir contre le coronavirus. Pourtant, certains groupes et individus continuent de les ignorer.

Pour les comprendre et les convaincre, une étude sera menée par Ève Dubé, professeure au Département d'anthropologie de l'Université Laval et chercheur à l'Institut national de santé publique du Québec.

Avec des partenaires spécialisés en intelligence artificielle, l'équipe de Mme Dubé analysera des milliers de commentaires laissés par des internautes sur les réseaux sociaux en lien avec la pandémie de COVID-19.

L'analyse sera réalisée en temps réel.

L'objectif, c'est de soutenir les efforts de santé publique pour savoir à qui on droit parler, quoi leur dire, quels messages circulent le plus et comment contrer la désinformation en ligne, résume Mme Dubé, qui s'intéresse en temps normal aux attitudes et aux croyances de la population face à la vaccination.

Ève Dubé, anthropologue et chercheuse à l'Institut national de santé publique du Québec

Ève Dubé

Photo : Radio-Canada

Fausses informations, théories du complot, rumeurs, discours xénophobes; on souhaite décrire le niveau de compréhension de la population devant la maladie, les craintes exprimées et les priorités des citoyens.

Des conclusions seront éventuellement tirées pour améliorer les pratiques de communication si une situation similaire venait à se produire à nouveau.

La peur, un puissant moteur

S'il est encore trop tôt pour expliquer certains comportements de la population durant la présente pandémie, Ève Dubé soutient qu'il existe essentiellement deux grands moteurs d'action chez l'humain en temps de crise : la peur et la confiance du public envers les institutions.

Quand on a peur, on va adopter des mesures pour se protéger. C'est un puissant moteur. Mais il faut aussi savoir quoi faire pour adopter les bons comportements, et ça, ça joue sur la confiance qu'on a envers les sources d'information, explique-t-elle.

Une personne pourra être tétanisée par la peur, par exemple, et ne pas réagir dans l'immédiat. Les anxieux, au contraire, prendront rapidement des mesures pour se protéger.

Les endroits où on aura le plus de mal à mettre en place des mesures, c'est là où cette confiance préexistante envers les autorités, elle n'est pas là.

Ève Dubé, anthropologue à l'Institut national de santé publique du Québec

Mais pour qu'ils prennent les bons moyens, ceux recommandés par la santé publique, il faut s'assurer que le lien de confiance soit présent.

On est chanceux au Québec, il y a un sentiment collectif, on le voit dans d'autres enjeux, comme les campagnes de vaccination. Les gens se plient aux demandes, signale la chercheur, qui salue la proactivité du gouvernement à communiquer les risques de la présente pandémie et les mesures à prendre pour la contrer.

Un résistant si proche

L'un des grands périls en période de crise est la recrudescence des théories du complot, souligne également l'anthropologue.

L'un des effets pervers de ces théories, surtout sur les réseaux sociaux, est qu'elles sont bien souvent partagées par un proche, un ami ou un membre de la famille. Donc par quelqu'un qu'on aime et qu'on respecte, affirme Mme Dubé.

Les perceptions de certaines personnes sont susceptibles d'être contaminées au contact de ces informations erronées.

Autre effet nuisible de ces théories, poursuit l'experte, est qu'elles utilisent généralement des fondements scientifiques ou factuels. Mais on y greffe ensuite toutes sortes de fausses allégations. C'est là que ¸ça devient difficile de démêler le vrai du faux.

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