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En isolement volontaire, des joueurs de la LCF se croisent les doigts

Montage de quatre photos avec quatre joueurs de football en action.

Mathieu Betts, Shayne Gauthier (en haut), Jean-Simon Roy et Alexandre Chevrier (en bas) respectent les consignes en espérant que la saison débute à temps.

Photo : Lions de la Colombie-Britannique, La Presse canadienne, Roughriders de la Saskatchewan

En plein cœur de leur saison morte, les footballeurs professionnels suivent avec intérêt l’évolution du coronavirus, qui a récemment paralysé d’innombrables activités aux quatre coins du globe terrestre. Le monde du sport n’y a pas échappé.

Dans la Ligue canadienne de football (LCF), les camps des recrues doivent prendre leur envol le 13 mai prochain, si tout se déroule comme prévu. Quatre jours plus tard, ce sera au tour des vétérans de se rapporter à leur formation pour le coup d’envoi du camp d’entraînement.

Par contre, les joueurs sont bien conscients que tout cela pourrait changer en raison de la pandémie mondiale de COVID-19 qui sévit.

Quatre Québécois s’alignant pour une formation de l’ouest du pays se croisent les doigts, tentant de ne pas être pessimistes devant ce nuage d’incertitude qui plane.

S’il y a quelqu’un qui pense que ça va commencer [à la date prévue], il est enthousiaste pas mal, lance Shayne Gauthier, des Blue Bombers de Winnipeg, se doutant fort bien qu'il retrouvera ses coéquipiers dans huit semaines.

Le pire, dans tout cela : l’impuissance; ne pas contrôler la situation; ne rien pouvoir décider; seulement attendre et espérer.

Au final, ce qui se passe actuellement est nettement plus gros qu’une saison de football, relativise Jean-Simon Roy, qui s’est entendu le mois dernier avec les Eskimos d’Edmonton après avoir disputé une saison en Colombie-Britannique avec les Lions.

Alexandre Chevrier : un entraînement pas très optimal

Trois joueurs de football en action lors d'un match. Le joueur avec le numéro 45 (Alexandre Chevrier) est sur le sol et un autre joueur est en train d'attraper le ballon au-dessus de lui.

Alexandre Chevrier a cumulé 28 plaqués en deux saisons dans la LCF (archives).

Photo : Site officiel des Roughriders de la Saskatchewan

Le secondeur des Roughriders de la Saskatchewan Alexandre Chevrier a choisi, avec sa copine, de ne pas quitter son domicile, mis à part pour faire l’épicerie : J’écoute les recommandations. Je fais la part des choses pour ne pas attraper le virus, mais surtout pour ne pas le transmettre à mes proches.

Cela dit, il avoue que cet isolement vient compliquer un brin son entraînement. En temps normal, il devrait repousser ses limites avec l’objectif de se présenter en Saskatchewan dans une forme physique optimale, prêt à affronter le calendrier d'une saison s'échelonnant de juin à novembre.

À la maison, il s’est créé, avec l’aide de son entraîneur, de petits circuits d’entraînement qui lui permettent de faire quelques exercices, en plus de s'adonner à son yoga. C’est du maintien. Avec cela, c’est difficile de prendre des gains et d’augmenter ma vitesse, mais je peux travailler ma flexibilité.

Tout le monde est dans le même bateau; on doit s’adapter.

Alexandre Chevrier, secondeur des Roughriders

Somme toute, Alexandre Chevrier préfère aborder cette situation avec positivisme. Néanmoins, il avoue qu’actuellement, il se pose beaucoup de questions auxquelles il a de la difficulté à répondre, car il ne peut rien contrôler.

Si jamais la saison est repoussée ou tout simplement annulée, qu’est-ce qui arrivera? Serons-nous payés ou pas? Les joueurs demeurent nerveux, mais je pense que le temps va arranger les choses, conclut celui qui réitère que l’important, en tant que société, est de limiter la propagation du virus.

Mathieu Betts : en confinement avec sa petite amie et son chat

Le secondeur extérieur Mathieu Betts déjoue le joueur de ligne offensive Marquez Tucker dans le but de se rendre au quart-arrière Tyler Bray.

Mathieu Betts (no 92) lors du camp d'entraînement des Bears de Chicago (archives).

Photo : Bears de Chicago

En bon citoyen, Mathieu Betts veut faire sa part pour aider à la situation et applique les recommandations du premier ministre du Québec, François Legault, comme le font plusieurs athlètes québécois.

Je respecte le confinement. J’évite d’être en contact avec mes proches ou autres individus pour ne pas propager le virus.

Mathieu Betts, joueur de ligne défensive des Eskimos d’Edmonton

Le footballeur avoue toutefois que sa routine est chamboulée. Demeurer à la maison est tout un contraste avec les habitudes de celui qui a partagé l'an dernier son temps entre Québec, Chicago et Edmonton, où il a traîné ses crampons au niveau universitaire, à la National Footbal League (NFL) puis à la LCF.

Pour continuer à bien s’entraîner, il s’est commandé en ligne de nouveaux équipements pour optimiser sa préparation, car pour lui, le camp d’entraînement en vue de la saison N2020 est très important. Ce sera son premier dans la LCF, étant donné qu’il est débarqué à Edmonton vers la fin de la saison après avoir été retranché par les Bears de Chicago.

Dans ma tête, je trouvais ça plaisant que 2020 soit une saison plus normale, où j’allais commencer en même temps que tout le monde et avoir l’occasion de m’adapter aux nouveaux entraîneurs. Je pense que ce ne sera pas le cas, mais le football passe en deuxième actuellement. La santé avant tout, dit celui qui a aussi dû mettre son deuxième emploi sur la glace. En effet, pendant l’hiver, il a fait de la suppléance comme enseignant d’éducation physique dans une école secondaire de Québec.

Shayne Gauthier : un party et un voyage annulés

Shayne Gauthier en train de réaliser un plaqué fort important en novembre dernier à Regina.

Lors de la finale de l'Ouest, Nick Marshall, des Roughriders, était en voie de marquer un touché en fin de match sur un retour de botté, mais Shayne Gauthier l'a rattrapé pour permettre à son équipe de garder l'avance.

Photo : La Presse canadienne / Mark Taylor

Quand il a soulevé la Coupe Grey en novembre dernier, Shayne Gauthier criait haut et fort qu’il allait tout faire pour amener le précieux trophée chez lui, à Dolbeau-Mistassini, au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Il avait encerclé la date du 7 avril prochain, où il avait convié parents et amis pour célébrer une dernière fois le triomphe. Toutefois, la pandémie l’a obligé à tout annuler. Je ne voulais pas prendre le risque de contaminer des gens là-bas. Dans les circonstances, il n’y a rien à faire. J’espère que ce n’est que partie remise, souhaite celui qui désire goûter à nouveau aux joies et à l’ivresse de la victoire.

Après cette annulation, Shayne Gauthier avait décidé d'aller rejoindre sa douce moitié, qui vit à Winnipeg. Tant qu'à être en isolement, il préférait l'être avec celle qui fait battre son cur. Finalement, le couple a changé d'avis. De ce fait, le footballeur restera dans la région de Québec, où il habite pendant la saison morte. « Ma copine et moi avons décidé que le risque ne valait pas la peine », dit-il à propos de cette décision qu'il n'a pas prise de gaieté de cœur.

Jean-Simon Roy : la sécurité sur le chantier

Jean-Simon Roy en entrevue.

Jean-Simon Roy retourne avec l'équipe qui avait fait de lui un choix de deuxième ronde en 2017 (archives).

Photo : Radio-Canada / Patrick Henri

La fermeture des gymnases a forcé Jean-Simon Roy, comme bien d’autres athlètes professionnels ou sportifs du dimanche, à s’entraîner à la maison.

Cela a aussi puisé en lui de nouvelles idées d’entraînement. Par exemple, le joueur de ligne offensive saute dans son 4 x 4 à la recherche d’un grand stationnement vide, où il stationne son camion avant de le pousser, ou de le tirer, avec toute la force que lui procure son gabarit de 1,90 m et ses 133 kg.

Un entraînement qui s'apparente à celui des hommes forts, mais ça me permet de faire du cardio et des muscles d’un seul coup, explique-t-il.

Contrairement à ses trois homologues, Jean-Simon Roy n'a pas choisi l'isolement. Pendant l’hiver, le diplômé en génie civil travaille pour un entrepreneur général sur un chantier de construction, un emploi qui occupe une cinquantaine d’heures de son temps chaque semaine.

Sur le chantier, nous prenons toutes nos précautions, en gardant un mètre de distance, avec l’ajout de désinfectant pour les mains, a raconté l’ancien des Lions de la Colombie-Britannique la semaine dernière lors d'une entrevue.

À la suite de la décision du gouvernement québécois de mettre le Québec « sur pause », Jean-Simon Roy ne sera plus appelé à être physiquement présent sur le chantier, mais il continuera de travailler de la maison.

Celui qui s’est entendu avec les Eskimos d’Edmonton le mois dernier suit l’évolution de la pandémie en Alberta, la troisième province canadienne la plus frappée par le coronavirus. Une zone risquée, mais rien pour perturber son sommeil : La Ligue et l’Association des joueurs communiquent avec nous régulièrement. D’ici là, on écoute les recommandations, conclut celui qui a annulé sa virée annuelle en Floride, où il s’entraîne aux côtés de son coéquipier Jacob Ruby.

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