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Pas question de fermer Montréal, clame François Legault

L’option d’un confinement de la Ville de Montréal, en fonction de l’évolution de la propagation de la COVID-19, est à ce jour exclue par les autorités publiques. Mais si une telle mesure devait être appliquée, qu’est-ce que cela impliquerait?

Un homme traverse la rue en poussant un chariot de marchandise.

La mise en quarantaine de Montréal est exclue pour le moment.

Photo : Radio-Canada / Denis Wong

À travers le monde, le nombre de grandes métropoles sous confinement obligatoire ne cesse d’augmenter. Après des villes en Chine ou encore en Italie, Paris, San Francisco ou encore Los Angeles ont emboîté le pas, avec l’espoir de limiter la propagation de la COVID-19.

Actuellement, cette mesure n’est pas à l’ordre du jour à Montréal, bien que les autorités publiques assurent envisager une multitude de scénarios. La semaine passée, la mairesse Valérie Plante n’avait par exemple pas écarté cette possibilité.

Le premier ministre Legault a néanmoins été ferme vendredi après-midi, afin de balayer de fausses rumeurs.

Il n’est pas question de fermer la région de Montréal.

François Legault, premier ministre du Québec

31 cas confirmés

Selon les données communiquées par le gouvernement du Québec, 31 cas de personnes infectées par la COVID-19 ont été détectés dans la région de Montréal, en date du 20 mars, à 13 h. Au total, sur l'ensemble de la province, on compte 139 cas.

Une fermeture physique et géographique

Mais un confinement d’une ville, qu’est-ce que ça signifie?

Pour Montréal, l’idée serait de fermer les points d’entrée, les ponts, les tunnels, détaille Benoit Barbeau, professeur au Département des sciences biologiques de l’UQAM.

Seuls les transports de marchandises, d’alimentation, de médicaments et de biens de première nécessité pourraient être autorisés.

Un confinement amène une fermeture physique et géographique. Ce serait aussi la mise en place de mesures très [dissuasives], ajoute le médecin et ex-ministre libéral de la Santé, Gaétan Barrette.

À Paris d’ailleurs, des amendes de 135 euros ont été prévues pour ceux qui contreviennent aux ordres gouvernementaux.

Mais pour en arriver à cette situation, il y a un protocole graduel à respecter, assure François Audet, directeur de l’Institut d’études internationales de Montréal et spécialiste en gestion de crise.

Le gouvernement, rappelle-t-il, fait un travail d’explications pour éviter l’anxiété. On ne peut pas laisser tout le monde prendre son café dehors à 9 h, puis à 9 h 05, imposer un lockdown complet.

Une analyse de tests primordiale

Dans le corps médical, on attend essentiellement le résultat des milliers de tests de dépistage déjà réalisés. Ainsi, ces données permettront de localiser, avec davantage de précisions, d’éventuels foyers de propagation. Il faut prendre le temps de regarder ces données avant d'envisager des mesures supplémentaires, explique Mylène Drouin, directrice de la santé publique de Montréal.

Les autorités montréalaises satisfaites

Contrairement à ce qui s’est passé à Paris ou dans plusieurs grandes villes américaines, les Montréalais, dans leur ensemble, semblent suivre avec bienveillance les conseils d’isolement des autorités politiques et sanitaires.

Des lieux de culte, qui continuaient d’être ouverts, ont eux aussi finalement fermé leurs portes.

Même s'il y a encore des personnes qui résistent, la mairesse Valérie Plante se dit satisfaite de la collaboration des Montréalais.

Je suis contente de voir que les Montréalais sont très disciplinés.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

Responsable du service aux citoyens à la Ville de Montréal, Jean-François Parenteau est quant à lui allé faire un tour des principaux espaces verts pour se faire une idée sur le terrain.

Les gens gardaient une certaine distance. Les consignes étaient respectées, affirme-t-il.

On peut aller dans les parcs, prendre l’air, mais il faut faire attention. On ne veut pas mettre un policier devant chaque espace vert, il faut garder nos ressources pour des services essentiels.

Jean-François Parenteau, maire de Verdun

Dans les coulisses de la direction de la santé publique de Montréal, on se montre également rassurant. C’est un scénario possible, pas du tout réaliste en ce moment, glisse-t-on, en mentionnant que le meilleur remède pour limiter la propagation reste l’isolement.

La meilleure mesure, c’est de rester chez soi, de limiter les contacts, de ne pas recevoir d’amis ou d’organiser des partys, insiste le professeur Benoit Barbeau.

Des propos similaires ont été tenus vendredi, en conférence de presse, par le directeur national de santé publique du Québec, Dr Horacio Arruda.

La chose la plus importante, ce n’est pas nécessairement d’isoler une ville – je ne dis pas qu’on n’arrivera pas à ça –, c’est que les gens restent chez eux.

Dr Horacio Arruda, directeur national de santé publique du Québec

Une communication essentielle

Selon François Audet, expert en gestion de crise, la communication durant cette épreuve difficile joue un rôle crucial. On est face à un protocole qui brime des libertés, avec des phénomènes rarissimes et extraordinaires. Ce qu’on veut, c’est éviter une anarchie, une panique, souligne-t-il. À ses yeux, François Legault et Horacio Arruda utilisent les bons mots. Ils abordent ça de manière pédagogique, paternaliste. Ce leadership est très important et les gens, même s’ils ne sont pas contents, comprennent.

Possible par le biais de la Loi sur les mesures d’urgence

Qui pourrait prendre cette décision de mettre Montréal en quarantaine si jamais la situation devait évoluer?

Dans les faits, les gouvernements du Québec et du Canada peuvent ordonner un tel confinement. Ottawa peut par exemple isoler certaines villes par le biais de la Loi sur les mesures d’urgence.

Celle-ci permet notamment de réglementer ou d'interdire « des déplacements à destination, en provenance ou à l’intérieur d’une zone désignée si cela est nécessaire pour la protection de la santé et la sécurité de personnes physiques ».

Ce dispositif législatif, qui a remplacé la Loi sur les mesures de guerre, a été adopté en 1988 et n’a jamais été utilisé à ce jour. La vice-première ministre Chrystia Freeland avait spécifié mardi que cette initiative ne serait invoquée qu’en dernier recours.

Québec a quant à lui décrété l’état d’urgence sanitaire la semaine passée. Ainsi, le gouvernement Legault peut ordonner [toute] mesure nécessaire pour protéger la santé de la population.

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