•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des astuces pour gérer son anxiété pendant la pandémie

Une fillette se tenant le visage dans les mains.

La psychologue Nadia Gagnier indique que les personnes les plus susceptibles de souffrir d'anxiété lors de la pandémie sont avant tout celles qui avaient déjà du mal à gérer leur stress avant la crise.

Photo : iStock / evgenyatamanenko

Gavin Boutroy

La pandémie de COVID-19 aggrave les sentiments d’anxiété dans la population, selon des experts. Voici des astuces pour éviter l’angoisse de l’isolement, et pour aider ses proches à surmonter la crise.

Nicole Chammartin est la directrice générale de l’organisme de santé communautaire Klinic à Winnipeg. Ce centre est doté de plusieurs lignes téléphoniques de gestion de crise, dont des lignes spécialisées pour les victimes de trafic d’êtres humains et pour la prévention de suicide.

Dans les deux derniers jours, nous avons demandé aux téléphonistes s'ils entendaient parler de la COVID-19, indique-t-elle.

Un facteur d'anxiété

Ce qu’ils disent c’est que ce n’est pas la raison comme telle pour les appels. Mais après avoir parlé avec eux, la COVID-19 ressort dans absolument tous les appels comme une source d’anxiété, poursuit Mme Chammartin.

Les lignes de Klinic reçoivent environ 50 000 appels par année, soit environ 150 par jour. Mme Chammartin n’était pas en mesure de quantifier la hausse du volume d’appels, mais affirme qu’il y en a une depuis quelques jours.

Habituellement, il y a des moments dans la journée avec beaucoup d’appels, et d’autres avec moins. Mais dans les derniers jours, on constate que les appels sont constants.

Parmi les personnes qui demandent de l’aide, beaucoup souffrent de symptômes de grippe, selon Mme Chammartin. Ils sentent qu’ils ne peuvent pas sortir, dit-elle.

Les plus pauvres, les enfants et les aînés sont touchés

Elle souligne aussi qu’il existe de l’anxiété par rapport à l’obtention de vivres, surtout parmi les gens qui n’ont pas d’économies et qui ne peuvent pas acheter d'un coup tout un mois de provisions. En tant qu’organisme de santé publique, cela nous préoccupe aussi, indique Mme Chammartin.

La psychologue Nadia Gagnier indique que les personnes les plus susceptibles de souffrir d'anxiété lors de la pandémie sont avant tout celles qui avaient déjà du mal à gérer leur stress avant la crise.

Ensuite, ce sont les enfants, puisqu'ils sentent qu’ils ont moins de contrôle sur la situation, et enfin les personnes plus âgées, qui risquent davantage de se sentir isolées.

Comment bien s'isoler... sans se sentir isolé

Nadia Gagnier et Nicole Chammartin proposent une panoplie d’astuces pour contrer l’isolement et éviter l’anxiété :

  • Portez attention à la quantité de nouvelles que vous consommez, dit Mme Chammartin. Par exemple faites attention si vous écoutez CNN en permanence. Essayez de limiter votre consommation, et de l’équilibrer. Nadia Gagnier est d’accord et recommande de s’informer auprès d’une source fiable une fois par jour, par exemple lors d’un point de presse de la province.
  • Faites attention à vos sources d’information, ajoute Nicole Chammartin. Consultez des sources sûres comme les informations de la province, ou des médias fiables. De fausses informations peuvent empirer l’anxiété.
  • Posez-vous la question : sur quoi ai-je le contrôle dans cette situation?, ajoute Nadia Gagnier. Quand on a pas ou peu de contrôle sur quelque chose, je crois que c’est important de lâcher prise, parce que ça permet de préserver son énergie pour les aspects de notre vie qu’on contrôle vraiment.
  • Faites le plein d’informations positives, ajoute la psychologue. Elle souligne que beaucoup d’artistes se mobilisent et qu’il existe beaucoup de vidéos témoignant de la solidarité qui se manifeste d’un bout à l’autre de la planète : ce sont là des éléments qui font voir un bon côté des choses, qui donnent de l'espoir.
  • Selon Mme Gagnier on peut aussi se tourner vers des activités qui nécessitent plus de calme, lorsqu’on est isolé : La lecture, par exemple, ou si l’on est en forme physiquement, on peut se lancer dans des projets de ménage avec de la bonne musique dans les oreilles […] ou encore entamer des rénovations.
  • Soyez créatifs et trouvez des manières de briser l’isolement, recommande Nicole Chammartin. Allez vous promener, il y a moyen de le faire en respectant la distanciation sociale. Parlez avec des gens par messagerie, au téléphone, par Facetime. J’ai entendu parler d’au moins une fête par Facebook. Mon club de lecture va tenter d’organiser une rencontre au moyen [du site web] Zoom.
  • En ce qui concerne l’anxiété des enfants ou encore des personnes âgées, Mme Gagnier recommande d’instaurer un rendez-vous régulier pour parler de la situation ou tout simplement pour discuter. Soit quotidiennement ou quelques fois par semaine. La régularité fait en sorte de mieux tolérer la solitude, dit-elle.
  • De plus, en parlant de cette situation avec les enfants, il peut être plus sage de se laisser guider par leurs questions, plutôt que de faire un long monologue. Il faut demander ce qu’ils comprennent, s’ils ont interrogations, des questions, poursuit-elle.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Manitoba

Santé physique et mentale