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chronique

Réinventer nos vies au temps du coronavirus

Un homme portant un masque passe devant un mur où on peut lire : « Lavez vos mains et ne touchez pas votre visage ».

La santé publique du Canada recense désormais plus de 1000 cas de COVID-19, majoritairement en Ontario, en Colombie-Britannique, au Québec et en Alberta.

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Jean-Marie Yambayamba

Nous sommes tous concernés! C'est maintenant une évidence alors que le nombre de cas de COVID-19 n'en finit pas d'augmenter dans nos communautés et un peu partout dans le monde. Telle une vague qui s'approche chaque jour un peu plus près de nous, la pandémie a indéniablement bousculé nos routines, nous forçant pratiquement à réinventer nos vies!

Air de déménagement et d'adieux

Mercredi dernier, j'ai accompagné deux de mes enfants à leur école pour récupérer leurs effets, puisque la province a ordonné l'arrêt des activités scolaires dans les écoles et ce, pour une durée indéterminée.

À notre arrivée, l'ambiance ressemblait à celle d'un déménagement. Des employés faisaient le ménage. Dans les couloirs, devant les casiers des élèves, des chaussures et d'autres objets personnels attendaient leurs propriétaires.

Dans la classe de ma fille, l'enseignante qui nous attendait nous a accueillis avec ces mots : Je tenais à être là pour revoir chacun de mes élèves. Ils vont beaucoup me manquer.

Un jeune garçon marche avec son sac d'école en main et sa peluche dans l'autre.

Un jeune garçon se dirige vers son école. L'UNESCO recensait mardi 850 millions d'enfants n'allant pas en classe en raison du coronavirus.

Photo : Reuters / Hannah Mckay

J'étais soudain pris par un sentiment de tristesse. Ces paroles résonnaient comme les adieux que nous faisons, bien malgré nous, par la force des circonstances. «Papa, je suis triste de ne pas pouvoir revoir mes amis de classe», me soufflait à son tour mon garçon, alors qu'il récupérait ce dont il se servait pour son quotidien en classe, il y a encore moins d'une semaine.

À notre sortie de l'école, une éducatrice s'est jointe à nous, traînant une valise bien pleine. Je n'ai pas résisté pour lui dire : Difficile de savoir quand nous nous verrons encore.

Changer nos routines

Sur notre route de retour à la maison se succédaient les installations que nous avions l'habitude de fréquenter. Papa, quand rentrons-nous ici?, me demandait mon fils, en pointant du doigt le grand gymnase où je l'amenais souvent faire du basketball. Nous allons nous habituer à rester à la maison, nous allons nous inventer de nouvelles routines était la seule réponse que j'avais à lui donner.

Des jeunes sautent et lancent des disques.

Des enfants aiment jouer en plein air, une habitude que le coronavirus tend à changer.

Photo : Radio-Canada / Anaïs Brasier

Mais pour des enfants habitués à bouger et en plein air, ces paroles ne suffisent pas. La pression n'a d'ailleurs pas tardé. Papa, laisse-nous aller au parc pour quelques minutes!, me demandait un autre de mes garçons avec insistance. «Il y a encore de la neige dans le parc et le gouvernement interdit maintenant de fréquenter des endroits où plus de 50 personnes pourraient se retrouver», lui ai-je répondu, avant de céder. Allez-y pour quelques minutes. Mais si vous y voyez des gens, rentrez tout de suite à la maison.

Patience nécessaire

Les autorités auront beau nous conseiller d'éviter les sorties et de nous isoler chez nous pour prévenir une possible exposition au coronavirus, nous aurons besoin de temps pour apprivoiser cette nouvelle contrainte.

Nous aurons besoin d'imagination pour combler le vide laissé par la suspension de la fréquentation scolaire et le rétrécissement de notre environnement de socialisation.

Des bravos

J'admire ceux qui semblent avoir réussi un tel passage, ceux qui se sont résignés à l'isolement pendant des semaines à bord de leur bateau de croisière, ou après leur retour au pays.

Illustration de deux personnages, chacun dans une bulle.

Isolement volontaire.

Photo : Radio-Canada / Victor Kurc

Je rends hommage à nos décideurs qui demeurent au front pour gérer la crise de la COVID-19. Je m'incline devant ces autorités qui font leur possible pour nous remonter le moral, même si elles doivent composer personnellement avec le coronavirus.

Et je salue particulièrement le dévouement et l'abnégation - parfois risqués - des professionnels de la santé, des groupes et des particuliers pour soigner, accompagner ou approvisionner ceux qui ont contracté la COVID-19 ou soupçonnent l'avoir.

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Alberta

Coronavirus