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Le zéro déchet au temps du coronavirus

Aliments vendus en vrac.

L'entreprise Santé en vrac a revu ses mesures de salubrité dans le contexte du coronavirus.

Photo : Radio-Canada / Marie-Ève Trudel

Alors qu’avant la pandémie du coronavirus, le zéro déchet gagnait beaucoup en popularité, certaines concessions sont actuellement faites par ses adeptes.

Les témoignages abondent sur la page Facebook Zéro déchet Mauricie. Plusieurs utilisent de l’eau de javel, dans le contexte actuel, plutôt que des produits naturels. Certains cherchent à faire l’achat d’un bidet pour éviter la folie du papier de toilette.

Litsa Desrochers-Pilotte indique qu’elle a changé quelques habitudes depuis le début de la crise. Dans la dernière année, j’avais commencé à utiliser des mouchoirs lavables, mais avec le virus, je les lave plus et j’utilise davantage de mouchoirs à usage unique, relate-t-elle.

L’éducatrice en centre de la petite enfance (CPE) a été sensibilisée dans son milieu de travail aux mesures à prendre, notamment pour le lavage des mains.

Je suis portée à prendre ma douche en arrivant direct à la maison, à mettre mes vêtements tout de suite dans la corbeille à linge. Je me lave les mains, indique Mme Desrochers-Pilotte.

Elle a aussi décidé d’utiliser la sécheuse pour ses vêtements. Elle mène actuellement une réflexion sur comment concilier ses valeurs pour l’environnement et la santé, si la situation perdure.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Si on n’a plus de réserves de bio ou de vrac, et que le vrac devient difficile d’accès, je ferais le même mélange qu’on fait en CPE. J’ai un gros bidon d’eau de javel que je n’utilise presque jamais. Si je suis vraiment obligé d’acheter, je le ferai, élabore Litsa Desrochers-Pilotte.

Camille Grenier, aussi une adepte du zéro déchet, a elle aussi changé ses habitudes. La technicienne en éducation spécialisée achetait tout en vrac, elle opte maintenant pour les grandes quantités chez Costco.

C’est pour ne pas avoir à y retourner et pour éviter de croiser des gens. J’ai cinq enfants, dont deux asthmatiques, et je suis moi-même asthmatique. Je ne veux pas que ça rentre dans la maison, explique Mme Grenier.

Autre changement : Mme Grenier achète maintenant ses fruits et légumes aussi chez Costco pour éviter les déplacements inutiles. C’est ce que je trouve le plus difficile. Avant, j’achetais les fruits et légumes en liquidation, parce qu’ils sont sur le point de périmer ou parce qu’ils sont laids. Je devais toutefois aller à l’épicerie tous les jours, ce qui n’est plus possible, élabore-t-elle.

Dès que la belle saison sera de retour, la mère de famille s’abonnera à un service de panier de fruits et légumes de producteurs locaux, livré à sa porte toutes les semaines. Elle a aussi entamé plusieurs projets de produits faits maison depuis la suspension des cours, le 13  mars.

On a la chance de vivre sur une petite fermette. On va tenter de tendre le plus possible vers l’autosuffisance. On va vraiment bien aménager le jardin cette année, précise-t-elle.

Le congé forcé de son travail lui permet de planifier davantage pour éviter toute consommation inutile.

Les épiceries en vrac s’adaptent

L’épicerie Santé en vrac demande d’ailleurs de systématiquement se laver les mains à l’entrée du commerce.

On fait de la désinfection régulière à tout ce que les clients touchent. Donc, allant des crayons, aux balances, aux manettes où les gens se servent, dont les îlots, énumère Audrey Hébert-Auger, propriétaire de Santé en vrac.

Selon elle, un nettoyage constant des surfaces est effectué. La machine pour les cartes est nettoyée après chaque utilisation.

Dans ce contexte, est-ce que le zéro déchet est plus difficile à l’heure de la pandémie? Absolument. Dans le sens qu’on le veuille ou pas, il faut faire attention à tout. On limite tout ce qui peut toucher à tout contenant réutilisable d’un client. On est vraiment déchiré en ce moment. On a notre mission qui est là, mais il y a aussi le contexte vital qui est là, dit-elle.

D’ailleurs, l’entreprise offre un service de livraison qu’elle tente de vendre le plus possible à ses clients pour éviter les contacts. La Direction de la santé publique et le premier ministre ont d’ailleurs fait de nombreux appels à rester à la maison.

Du côté de Bulk Barn, on refuse maintenant les contenants réutilisables des clients pour une période indéterminée.

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