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COVID-19 : les pompes funèbres veulent prendre des gants avec les défunts

Un cercueil au cours d'une cérémonie funéraire avec des fleurs posées dessus.

Les maisons funéraires veulent pouvoir obtenir du matériel de protection médical au même titre que les autres organes des services de santé.

Photo : Shutterstock / Kzenon

Radio-Canada

Des directeurs funéraires du Manitoba demandent une désignation spéciale pour pouvoir accéder au matériel de protection médicale afin de protéger leurs employés de la COVID-19 lorsqu’ils manipulent les défunts.

Le président de l’Association manitobaine des services funéraires, Michael Gibbens, a ainsi écrit une lettre au ministre de la Santé le 12 mars dernier pour lui faire part des inquiétudes de ses membres.

Ceux-ci demandent l’attribution d’une désignation temporaire de service de santé qui permettrait d’avoir accès au matériel de protection.

L’une des peurs, explique Michael Gibbens, est que la forte demande pour du matériel médical durant cette pandémie du nouveau coronavirus pourrait entraîner des pénuries pour les salariés des services funéraires et les mettre en danger.

Dans ce contexte, certains se tournent vers des sources secondaires.

Il y a des entreprises qui peuvent nous fournir de l’équipement, indique Michael Gibbens. Toutefois, on nous a dit qu’on leur a demandé de ne pas fournir des entreprises qui ne sont pas liées aux services de santé ou à des nécessités gouvernementales.

Il ajoute que les salariés du secteur funéraire qui transportent et manipulent les corps se voient comme les derniers maillons de la chaîne des services de santé et devraient par conséquent avoir accès à des matériaux essentiels.

Le gouvernement du Manitoba dit qu’il fera suite à la demande et qu’il répondra à l’Association manitobaine des services funéraires aussi vite que possible.

Dans l’ignorance des causes du décès

Un autre problème que souligne Michael Gibbens est le manque d’information donnée au personnel des maisons funéraires et des embaumeurs concernant les causes des décès.

L’information est retenue selon la Loi sur les renseignements médicaux personnels.

Au moment du transfert initial lorsqu’on prend en charge le corps, on ne connaît pas les circonstances du décès, ce qui fait qu’avoir du matériel de protection est très important pour nous, indique Michael Gibbens.

Il espère qu’au cœur de la crise de la COVID-19, des exemptions seront appliquées à la Loi sur les renseignements médicaux personnels.

Reporter les services

Partout au pays, les maisons funéraires appliquent également les conseils des autorités de santé pour limiter les rassemblements, que la mort soit liée à la COVID-19 ou non.

L’Association des services funéraires du Canada indique que les maisons funéraires ont l’obligation de protéger les familles des défunts ainsi que leur propre personnel.

Nous voulons nous assurer que nous minimisons le trafic dans nos bâtiments en en dehors. Nous ne voulons pas décourager les funérailles, mais nous devons au minimum suivre les recommandations provinciales, explique le président de l’association, Brett Watson.

Ce dernier ajoute que même s’il est possible de faire des rassemblements de 50 personnes ou moins, les maisons funéraires invitent les gens à retarder les funérailles autant que possible, à une date où cela sera plus sécuritaire pour tout le monde.

C’est d'ailleurs l’option qu’a choisie la maison funéraire Bardal, qui indique que la plupart de ses clients ont décidé de repousser les services jusqu'au moment où la pandémie de la COVID-19 sera passée.

La devanture de la maison funéraire Bardal à Winnipeg avec des colonnes blanches.

La maison funéraire Bardal à Winnipeg a décidé de repousser les services funéraires jusqu'à nouvel ordre.

Photo : Bardal Funeral Home

Le président de la maison funéraire, Kevin Sweryd, dit ne pas savoir ce qu’il en sera pour les prochaines semaines.

Outre repousser les funérailles, il ajoute qu’il est possible de faire des cérémonies plus intimes avec seulement la famille proche pour s’assurer de limiter la taille des rassemblements. Des options en vidéoconférence sont aussi envisagées.

Kevin Sweryd ajoute que la pandémie du nouveau coronavirus empêche la bonne tenue des funérailles dont le but premier est de pouvoir se rassembler [et] se prendre dans les bras dans un élan de rassemblement communautaire.

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Manitoba

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