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L’isolement : une option dangereuse pour les femmes confrontées à la violence conjugale

Une femme de dos regarde par la fenêtre.

Les refuges accueillant des femmes victimes de violence conjugale craignent les effets de l'isolement lié à la pandémie de COVID-19.

Photo : iStock

Radio-Canada

Alors que de plus en plus de Canadiens tiennent compte des recommandations des responsables de la santé publique et s’isolent à la maison pendant la pandémie de COVID-19, il y a une préoccupation croissante pour les femmes prises au piège dans des relations abusives.

Selon Lise Martin, directrice générale d'Hébergement femmes Canada, les femmes victimes de violence domestique sont encore plus à risque lorsqu’elles sont isolées du reste de la communauté.

Si le partenaire violent est également à la maison 24h/24, cela limite vraiment leurs possibilités de chercher de l’aide, indique Mme Martin.

Lise Martin, directrice générale d'Hébergement femmes Canada regarde la caméra.

Lise Martin, directrice générale d'Hébergement femmes Canada, affirme que les refuges à travers le Canada ont des besoins pour faire face à la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Thériault

Pour aider ces femmes pendant la pandémie, les maisons d’hébergement pour femmes dans tout le pays ont besoin de nourriture, de produits de nettoyage, de gants et masques de protection.

Le gouvernement fédéral promet de l’argent

Le gouvernement fédéral s’est engagé à verser jusqu’à 50 millions de dollars pour soutenir les organismes aidant les femmes qui fuient la violence pendant la pandémie.

Nous attendons de savoir quand et combien d’argent sera versé. Je suis soulagée de savoir que de l’aide arrive. Nos dépenses augmentent et je soupçonne que les mesures de distanciation sociale seront en place au-delà de la fin du mois de mars, a écrit par courriel Keri Lewis, directrice de la Maison Interval d’Ottawa.

Comme de nombreux refuges pour femmes, la Maison Interval est débordée depuis plusieurs années, et la récente épidémie de COVID-19 ajoute encore du stress.

Une enquête récente de CBC révélait une pénurie continue de lits disponibles dans les refuges du pays. En conséquence, des milliers de femmes et d’enfants se voient refuser l’accès à ces refuges chaque mois.

La ministre des Femmes et de l’Égalité des genres, Maryam Monsef, a déclaré par téléphone que son cabinet avait passé deux jours à contacter les centres d’hébergement du pays pour évaluer leurs besoins.

Il est logique de demander aux Canadiens de s'isoler à la maison afin de prévenir la propagation de la COVID-19, mais tous les foyers ne sont pas sûrs

Maryam Monsef, ministre des Femmes et de l’Égalité des genres

La ministre ajoute : à ce stade, nous travaillons avec des partenaires à travers le pays pour déterminer la manière la plus efficace de transférer les fonds vers les organisations de première ligne, et des détails supplémentaires à ce sujet seront fournis dans les jours à venir.

Une aide financière à se répartir

Ally Crockford dirige le Centre d’aide aux victimes de viol d’Ottawa. Elle apporte une nuance. Bien que 50 millions de dollars semble être une somme importante, cet argent sera réparti entre des centaines de centres à travers le pays, a-t-elle indiqué.

Ally Crockford, directrice du Centre d’aide aux victimes de viol d’Ottawa regarde la caméra.

Ally Crockford, est directrice du Centre d’aide aux victimes de viol d’Ottawa, et indique qu’il est «déchirant» qu’il faille une urgence comme la pandémie de la COVID-19 pour obtenir plus d’argent.

Photo : Radio-Canada / Darren Major

Mme Corckford dit aussi : cela fait trois ans maintenant que nous disons que nous sommes en mode de crise constamment. C’est un sentiment déchirant de réaliser qu’il faut une urgence pour obtenir ce genre de ressources financières, et qu’elles ne seront que temporaires.

Si vous avez besoin d’aide et que vous êtes en danger immédiat, appelez le 911.

Pour trouver de l’aide au Québec, vous pouvez contacter SOS violence conjugale au 1-800-363-9010.

Avec les informations de Julie Ireton de CBC

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