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Wall Street termine en baisse sa pire semaine depuis 2008

Le Dow Jones a perdu tout ce qu'il avait gagné depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump.

Un homme se masse le front sur le parquet du NYSE.

Les opérateurs de marché ont mal à la tête, ces jours-ci.

Photo : Reuters / Lucas Jackson

Agence France-Presse

Wall Street est repartie dans sa spirale baissière vendredi, à la fin de sa pire semaine depuis la crise financière de 2008, les milliards mis sur la table par les autorités ne parvenant pas à effacer la crainte d'une récession.

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a perdu 4,55 % vendredi et 17,3 % sur la semaine pour terminer à 19 173,98 points.

Il avait encaissé lundi sa pire séance depuis octobre 1987, et termine vendredi sous le niveau auquel il évoluait le jour de l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, le 20 janvier 2017.

Une mauvaise nouvelle pour le locataire de la Maison-Blanche, qui faisait jusqu'à récemment de la bonne santé de l'économie américaine et des marchés financiers un de ses principaux arguments de campagne.

Le NASDAQ, à forte coloration technologique, a reculé vendredi de 3,79 %, à 6879,52 points, de 12,6 % sur la semaine. L'indice élargi S&P 500 a baissé de 4,34 % à 2304,92 points, de 15 % sur la semaine.

Au Canada, l'indice composé S&P/TSX de la Bourse de Toronto, qui avait grimpé à l'ouverture des marchés, a terminé la journée en baisse de 318,17 points, soit 2,6 %, à 11 851,81 points. Sur l'ensemble de la semaine, il a perdu 1865 points, soit 13,6 %.

Après un début de séance hésitant, les indices ont d'abord perdu du terrain quand le gouverneur de l'État de New York, Andrew Cuomo, a décrété l'arrêt de toutes les activités non essentielles, moins de 24 heures après des décisions similaires en Californie.

Les indices ont creusé leurs pertes pendant une conférence de presse donnée à la Maison-Blanche au cours de laquelle Donald Trump a exclu un confinement total du pays.

Ils ont enfin piqué du nez en toute fin de séance alors que les prix du pétrole dégringolaient de nouveau, le baril de WTI perdant finalement 11 % à New York.

Les investisseurs tentent d'évaluer les conséquences économiques de la pandémie de coronavirus, qui a déjà fait plus de 10 000 morts dans le monde et infecté près de 250 000 personnes.

Les temps sont difficiles sur les marchés financiers.

Économiste en chef, FTN Financial

Tout ce que nous savons, ou plutôt ce que nous pensons savoir, sur les perspectives économiques du pays et du monde, et par ricochet sur les perspectives en ce qui concerne les bénéfices des entreprises, les dettes des pays, les risques liés à ces dettes et tous les produits financiers, évolue au jour le jour, remarque Christopher Low de FTN Financial.

La COVID-19 est passée en deux semaines d'une menace lointaine à une réalité toute proche pour la plupart des Américains, ajoute-t-il alors que les écoles ferment, les vols sont interdits, les magasins non essentiels sont appelés à fermer.

Surtout, la population comme les acteurs du marché commencent à prendre conscience que les dommages économiques infligés par la COVID-19 ne s'effaceront pas en un ou deux mois, remarque M. Low.

Gouvernements et banques centrales multiplient pourtant les initiatives pour tenter d'atténuer le choc.

Les sénateurs américains ont notamment entamé vendredi d'âpres négociations sur un plan d'environ 1000 milliards de dollars américains.

Mais la multiplication des annonces en ordre dispersé ne rassure par les acteurs du marché.

La Banque centrale américaine de son côté continue à abreuver les marchés en liquidités et multiplie les mesures de soutien, comme sur la dette des municipalités vendredi.

La Fed a sorti toute son artillerie et, ce faisant, a empêché que le marché obligataire, le plus important, ne soit complètement gelé, souligne Gregori Volokhine de Meeschaert Financial Services.

Le taux à 10 ans sur la dette des États-Unis reculait vendredi à 0,874 %, contre 1,12 % la veille.

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