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Des réponses à vos questions au sujet de la COVID-19 au Bas-Saint-Laurent

Le directeur de la Sécurité civile au Bas-Saint-Laurent, Sylvain Leduc en entrevue au Téléjournal de l'Est-du-Québec

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le directeur de la Santé publique du Bas-Saint-Laurent, le Dr Sylvain Leduc ainsi que le directeur des services professionnels au Centre de santé et de services sociaux du Bas-Saint-Laurent, le Dr Jean-Christophe Carvalho, répondent aux questions les plus fréquemment posées par la population de la région.

1 - Un premier cas de coronavirus a été confirmé au Bas-Saint-Laurent, à Rivière-du-Loup, que sait-on au sujet de ce premier cas?

Il ne faut pas être surpris. C’est une pandémie mondiale, toutes les régions du Québec seront touchées, c’est le cas au Bas-Saint-Laurent. C’est une personne qui a été infectée par une autre personne qui revenait de voyage. Depuis, elle a été dirigée au centre hospitalier de Rivière-du-Loup où on a pris en charge la situation en matière de santé publique afin qu’on puisse évaluer la personne et qu’on puisse faire une enquête épidémiologique. Aujourd’hui, je peux vous dire qu’elle va bien. Nous suivons avec elle ses symptômes et elle a eu une collaboration exemplaire avec nos services, répond le Dr Leduc.

2 - Quelles mesures ont été prises pour protéger la population?

Quand survient un cas positif comme celui-là, répond Sylvain Leduc, la responsabilité de la Santé publique est de s’assurer qu’on bloque la transmission, qu’il n’y a pas de diffusion à des proches, donc par contacts. C’est ce qu’on a amorcé au cours des dernières 24 heures. On a rejoint une trentaine de personnes pour qui on a évalué que cela nécessiterait une surveillance. Ça nous permet de contenir davantage le risque, parce qu’il y a toujours un risque de contamination secondaire.

3 - Cet employé de Premier Tech qui a contracté la COVID-19 a des collègues dont les conjoint(e)s travaillent dans le réseau de la santé. Que peut-on leur dire pour les rassurer?

Ce n’est pas parce qu’une personne est dans un vaste milieu de travail que tout le monde est à risque. L’évaluation du risque, c’est ce que nous avons fait avec l’enquête épidémiologique. On a rejoint une trentaine de personnes. [...] Ces 30 personnes ont reçu les conseils qui étaient nécessaires. Pour tous les autres qu’on n’a pas rejoints, on peut dire que le risque est considéré comme faible, le même que dans l’ensemble de la population.

Il n’y a pas de risque zéro, mais en même temps, en ce moment, il faut réduire nos contacts avec l’ensemble de nos concitoyens et il n’y a pas à s’en faire davantage.

Dr Sylvain Leduc, directeur de la Santé publique du Bas-Saint-Laurent

4 – Quels sont les principaux symptômes du coronavirus?

Les principaux symptômes peuvent être confondus avec ceux de la grippe, c’est ce qui est un peu fâcheux. Les symptômes ne sont pas spécifiques au virus, à part la toux et la fièvre. Évidemment, il y a un état général qui peut se détériorer graduellement avec des maux de tête. Comme ça s’installe pendant quelques jours, on ne reconnaît pas les signes du premier coup. C’est ce qui a permis en Europe d’avoir des cas très contagieux qui ont contaminé beaucoup de personnes.

Le docteur Sylvain Leduc.

Le directeur de la Santé publique du Bas-Saint-Laurent, le docteur Sylvain Leduc, lors d'un point de presse sur la COVID-19

Photo : Radio-Canada

5- Si on pense avoir ces symptômes, qu'est-ce qu'on doit faire?

La première chose : il ne faut pas oublier que ça peut être une grippe. Toutefois, si on a été en contact avec des gens qui ont voyagé et qui sont malades ou si on est revenu de voyage là où le virus a circulé, il faut communiquer rapidement avec le 1-877-644-4545. Ça permet d’éviter de se présenter soi-même dans une urgence et, pour nous, de mieux intervenir.

6 - Comment se propage ce virus? Sur le panier d'épicerie, à la caisse, sur des modules de jeux, sur un terminal de paiement, sur nos vêtements? Combien de temps peut-il survivre sur une surface ou dans l'air?

La première façon de le transmettre, ce sont les gouttelettes. C’est pour ça que nous disons aux gens, ne toussez pas à tout vent et si jamais vous avez de la toux, ne toussez pas dans votre main, toussez dans votre coude. Les gouttelettes peuvent survivre sur des objets inanimés, mais là, ça dépend des objets. Il y a des objets où la survie est de quelques minutes, parfois de quelques heures, rarement quelques jours. C’est pour cela qu’on dit aux gens de se laver les mains.

7 – Est-ce que les femmes enceintes sont plus à risque de complications si elles attrapent le coronavirus? Devraient-elles adopter des mesures supplémentaires pour se protéger?

Il n’y a pas de données formelles qui démontrent qu’il y a des risques plus élevés, affirme le directeur des services professionnels au Centre de santé et de services sociaux du Bas-Saint-Laurent, le Dr Jean-Christophe Carvalho. Par contre, il y a tout de même eu des recommandations de l’Institut national de la santé publique pour protéger les femmes enceintes dans ce contexte d’infection parce qu’on sait que le coronavirus, la COVID-19, a les mêmes caractéristiques que d’autres coronavirus qui ont déjà infecté l’être humain par le passé. Ces anciens virus pouvaient avoir un impact sur les grossesses. On veut s’assurer que c’est sécuritaire. Pour l’instant, nous avons des données qui sont initiales, nous n’avons pas de données formelles.

8 - Est-ce qu'un enfant asthmatique, qui doit utiliser un inhalateur avant une activité physique, est plus à risque d'avoir des complications en cas d'infection?

Un des aspects positifs qu’on peut voir avec la COVID-19, c’est qu’elle affecte très légèrement les enfants. Donc de manière générale, pour nous, c’est quelque chose de bien.

C’est sûr que l’asthme pourrait compliquer la situation et demande de garder un bon niveau de vigilance. Mais les enfants sont moins atteints avec cette infection.

Dr Jean-Christophe Carvalho, directeur des services professionnels au CISSS du Bas-Saint-Laurent

9 - Une femme dont le conjoint souffre de bronchite asthmatiforme et d’emphysème a annulé toutes ses activités y compris la visite de ses enfants et petits enfants pour les protéger, sauf que plusieurs lui disent qu'il n'y a pas de danger, parce qu’il n'y a eu aucun cas dans l'Est-du-Québec [NDLR : la question a été posée avant le premier cas confirmé au Bas-Saint-Laurent]. L’entourage de cette dame considère qu’elle est beaucoup trop prudente. Personnellement, elle considère que c’est à prendre au sérieux. Qu'est-ce que vous aimeriez dire à Mme Michaud?

Elle fait très bien d’agir ainsi, affirme M. Carvalho. On sait que les gens atteints de maladies chroniques, comme la bronchite ou des maladies cardiaques, de la haute pression ou d’autres maladies qui peuvent apparaître en vieillissant, peuvent être plus à risque de développer une infection plus sévère, qui va nécessiter des soins plus importants.

C’est pour ça qu’on souhaite que la population applique les recommandations qui sont répétées quotidiennement lors des différents points de presse. Il faut les mettre en place, faire de la distanciation sociale, s’isoler quand on a des symptômes pour justement protéger ces personnes à risque.

10-Peut-on préciser ce qu'on entend par quarantaine et isolement? De rappeler les consignes pour les personnes de 70 ans et plus?

En fait, il n’y a pas de quarantaine comme telle, affirme le Dr Leduc. Il y a un isolement volontaire, mais qui concerne les retours de voyages. Les gens qui ont été en voyage dans un autre pays ont un isolement volontaire de 14 jours ainsi que les gens qui ont été en contact avec des gens testés positifs. Ça, c’est l’isolement.

Maintenant quand on a 70 ans et plus, c’est plutôt de la distanciation sociale.

Il faut limiter les contacts que l’on a si on est âgé de 70 ans et plus, parce qu'on n’est pas plus à risque de faire la maladie, mais les complications seront plus sérieuses. Et c’est valide pour plus de 14 jours.

Dr Sylvain Leduc, directeur de la Santé publique du Bas-Saint-Laurent

Pour le moment, on ne sait pas jusqu’à quand nous aurons à faire ces recommandations, car plus les semaines avancent, plus les cas seront nombreux dans l’ensemble des régions du Québec, y compris la nôtre. C’est pour ça que les gens doivent limiter leurs sorties, particulièrement quand on est à risque de développer des complications.

11 - Le gouvernement du Québec demande aux gens d'éviter les rassemblements. Est-il préférable d'aller dans un marché à grande surface ou dans de petites épiceries?

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse à cette question, affirme Sylvain Leduc. Il faut éviter les contacts à moins d’un mètre parce qu’avec un mètre, les gens qui circulent avec leur panier vont réussir à s’éviter relativement bien. Lorsqu’on se concentre à la caisse, il faut essayer de garder cette distance.

À mon avis, tant dans un petit que dans un grand marché, on cherche à respecter les mêmes consignes. Et si en plus, quelqu’un toussait sans avoir la délicatesse de s’isoler, et qu’on n’a pas respecté les consignes de rester à la maison, les gouttelettes peuvent se projeter jusqu’à deux mètres, donc il faut augmenter cette distance.

12 - Quels sont les impacts du navettage, soit les travailleurs qui disposent d’un horaire « fly in, fly out », qui prennent l'avion ensemble et sont plusieurs centaines à cohabiter sur des sites miniers?

On revient à la distinction entre l’isolement volontaire de quelqu’un qui revient d’un pays où le virus a circulé, ce qui n’est pas le cas dans le Grand Nord pour l’instant, et la distanciation qui est toujours pertinente, précise le directeur de la Santé publique. Il faut éviter les contacts dans la mesure du possible, c’est comme ça que nous allons éviter la transmission.

13 – Qui doit passer les tests de dépistage?

Ce sont les personnes qui reviennent de voyage et qui ont des symptômes ou les personnes qui ont été en contact avec un cas confirmé de COVID-19, affirme le Dr Carvalho.

14 – Pourquoi y a-t-il des cliniques de dépistage sur la Côte-Nord tandis qu’ailleurs dans l'Est-du-Québec, comme au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie, les tests sont effectués dans les hôpitaux pour le moment?

On a mis en place au cours des derniers jours un ajustement pour offrir le test de façon sécuritaire au sein de nos hôpitaux, dit M. Carvalho. On travaille par contre à mettre en place des cliniques de dépistages en bonne et due forme, les annonces devraient venir sous peu. On demande à la population de continuer à respecter ce qui est demandé sur le plan de la trajectoire de communication(de ne pas se rendre directement à l'urgence) et de prendre rendez-vous puis de se présenter lors du rendez-vous pour protéger la population et les travailleurs de la santé afin d’obtenir leurs services rapidement.

Le directeur des services professionnels du CISSS du Bas-Saint-Laurent, Jean-Christophe Carvalho

Le directeur des services professionnels du CISSS du Bas-Saint-Laurent, Jean-Christophe Carvalho

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

15 – Qui doit subir une hospitalisation à la suite d’une infection à la COVID-19?

En fait, ce sont principalement les cas graves qui pourraient être hospitalisés, répond M. Carvalho. Ceux qui ont de la difficulté à respirer, soit que leur oxygène est plus bas ou que leurs difficultés respiratoires augmentent. Ceux qui vivent une fièvre importante à un point tel que leur état général se détériore ou qui vivent d’autres complications.

16 - Les personnes âgées seraient plus à risque de développer des complications, mais les jeunes peuvent-ils être affectés également?

Les jeunes ont un taux de complications beaucoup moins grand, en termes d’hospitalisation, mais il y a quand même des cas sévères chez cette clientèle, précise Jean-Christophe Carvalho. C’est donc important de mettre en place des mesures parce que dans les cas les plus sévères, les gens peuvent se retrouver aux soins intensifs, avec des appareils pour se faire ventiler. Ça peut arriver chez les jeunes, par contre ça arrive de manière moins fréquente que chez les gens plus âgés.

17 - Le réseau de la santé est-il prêt à faire face à cette crise dans notre région?

On dispose de personnel compétent, précise M. Carvalho. On dispose de matériel qu’on est en train de mettre à la disposition des équipes. On travaille à augmenter notre capacité de réaction pour faire face à cette contagion.

Oui, on se prépare et on va tout mettre en œuvre pour avoir les moyens requis pour traiter la population.

Dr Jean-Christophe Carvalho, directeur des services professionnels au CISSS du Bas-Saint-Laurent

18- Combien de temps pour avoir un résultat d'un test dans nos régions?

Ça oscille un peu. Je dirais de façon générale, en dedans de 72 heures, le résultat peut être obtenu. Il y a eu des délais un peu plus longs, de quatre à cinq jours, mais avec l’augmentation de la capacité à effectuer le test dans la province, les délais s’améliorent et ça devrait être relativement rapidement pour obtenir les résultats.

19 – Est-ce que cette crise perdurera durant plusieurs mois?

Ce n'est pas si simple de répondre à cette question, dit le Dr Leduc. Ce qui peut sembler paradoxal, c’est que les efforts que l’on fait actuellement pour que l’on s’infecte moins pourraient prolonger un peu la durée de cette pandémie. Plusieurs connaissent sans doute le concept d’aplanir la courbe, c’est ce qu’on cherche. On veut éviter que le virus s’installe trop rapidement parce que ça mettrait une pression énorme sur le système de santé qui a déjà ses défis.

En réduisant les contacts, on va se donner une chance, mais il est possible que ça s’étire un peu. Je vous invite à rester solidaires et patients.

Dr Sylvain Leduc, directeur de la Santé publique du Bas-Saint-Laurent

20 – Est-ce qu’on pourrait s’inspirer de ce qui s’est fait en Corée du Sud où il semble y avoir une stabilisation des cas?

Tous les pays s’observent en ce moment pour voir celui qui va trouver la meilleure recette, poursuit le docteur Leduc. J’ai envie de dire que le Québec a trouvé très certainement une excellente stratégie. On pourrait apporter certains correctifs, mais la stratégie adoptée présentement, avant même que nous soyons débordés, nous donne les meilleures chances. Si jamais la Corée du Sud réussit en plus à trouver une intervention qu’on pourrait ajouter, c’est certain qu’on n’hésitera pas.

21– Quelles sont les mesures d'hygiène à respecter?

Ça reste toujours la clé. Il y a les recommandations qu’on a émises maintes et maintes fois. On se lave les mains. On se tousse dans le coude, mais là c’est ajouté des mesures qu’on va essayer d’implanter à plus long terme aussi comme les distances à respecter. Et pendant cette période qu’on traverse qui sera plus ou moins longue, on évite les rassemblements, on reste à la maison dans la mesure du possible. On désinfecte les téléphones qui sont une source majeure de transmission de germes à soi-même.

Les questions du public ainsi que les réponses des docteurs Carvalho et Leduc ont été légèrement reformulées pour en améliorer la lisibilité.

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