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France : trois médecins déposent une plainte contre le premier ministre

Le premier ministre français Edouard Philippe.

Le premier ministre français Edouard Philippe

Photo : Reuters / POOL New

Radio-Canada

Trois médecins français ont porté plainte jeudi contre le premier ministre Edouard Philippe et l'ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn. Les plaignants accusent le premier ministre et sa ministre de la Santé de s'être « abstenus » de prendre rapidement des mesures pour endiguer l'épidémie de COVID-19.

Selon eux, M. Philippe et Mme Buzyn avaient conscience du péril et disposaient des moyens d'action, qu'ils ont toutefois choisi de ne pas exercer.

La plainte a été envoyée à la Cour de justice de la République (CJR), seul tribunal habilité à juger des actes commis par des membres du gouvernement dans l'exercice de leurs fonctions.

Les trois plaignants − Philippe Naccache, Emmanuel Sarrazin et Ludovic Toro, tous trois médecins − ont saisi la CJR au nom du collectif C19, récemment créé.

Cette plainte est motivée notamment par les récentes déclarations d'Agnès Buzyn au journal Le Monde.

Mme Buzyn avait en effet affirmé dans une entrevue à ce journal avoir alerté dès janvier le premier ministre sur la gravité de l'épidémie et l'avoir averti que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir.

Cette déclaration de Mme Buzyn est survenue après le premier tour des élections municipales dans lesquelles elle a été la candidate malheureuse à la mairie de Paris.

Elle avait remplacé au pied levé le candidat du parti présidentiel La France en marche, qui s’était retiré. Elle a dû démissionner de son poste de ministre pour mener la campagne.

Devant l’ampleur de la pandémie, le gouvernement français a reporté le deuxième tour des élections municipales au mois de juin.

Les plaignants accusent M. Philippe et Mme Buzyn de s'être abstenus volontairement de prendre ou de provoquer les mesures permettant [...] de combattre un sinistre de nature à créer un danger pour la sécurité des personnes, soit l'épidémie de COVID-19, ce qui est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros (46 000 $) d'amende.

Confinement total et absolu

Par ailleurs, les syndicats des médecins internes appellent le gouvernement à cesser les demi-mesures et les discours équivoques.

Le principal syndicat a exhorté jeudi le président Emmanuel Macron à instaurer un confinement total et absolu de l'ensemble de la population. Le syndicat juge les moyens mis en place par le gouvernement insuffisants pour juguler l'épidémie.

C'est un confinement total et absolu de l'ensemble de la population dont nous avons besoin, à l'instar des mesures déployées en Chine, écrit le syndicat, qui réclame un arrêt strict de toutes les entreprises non vitales, mais aussi des transports en commun.

Le gouvernement avait décrété lundi l'instauration d’un confinement d'au moins 15 jours, afin de limiter le risque de saturation des services d'urgence face à l'expansion du virus.

Avec les informations de La Provence, L'Express, et Le Monde

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