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L’opposition condamne le budget provincial, le qualifiant d'« inadéquat » pour la COVID-19

Wab Kinew parle avec les médias le 9 septembre. Il est vêtu d'un veston bleu sur une chemise blanche.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Wab Kinew.

Photo : The Canadian Press / JOHN WOODS

Radio-Canada

Le gouvernement du Manitoba affirme avoir dévoilé un budget de temps de crise, jeudi. Cependant, l’opposition qualifie les mesures du premier ministre Brian Pallister d’inadéquates.

Le premier ministre a affirmé jeudi que 500 millions de dollars de dépenses planifiées peuvent être redéployés en cas de besoin, ce qui laisse assez de flexibilité au gouvernement pour réagir à la pandémie de la COVID-19.

Brian Pallister a décidé d'accélérer le renflouement du compte de stabilisation des revenus, le faisant passer de 571 millions de dollars à 800 millions de dollars d’ici la fin du mois de mars. Le total augmentera à 872 millions de dollars d’ici la fin de l’année.

Le gouvernement provincial met aussi de côté 100 millions de dollars dans la réserve pour les dépenses d'urgence.

Toutes ces mesures sont insuffisantes, estime le chef de l'opposition officielle néo-démocrate, Wab Kinew. Le financement du système de santé pour faire face à la COVID-19 est insuffisant. Si on prend en compte l'inflation et l'accroissement de la population, il y a en réalité moins d'argent pour la santé, dit-il.

Lorsque je regarde les deux choses les plus importantes pour les Manitobains : la santé et la stabilité financière, ce budget est totalement inadéquat, poursuit-il.

Nous leur avons donné une semaine de plus pour réagir à la COVID-19, et ce n’est pas assez [...] c’est clair qu’ils ont préparé ce document avant la crise actuelle, dit M. Kinew.

Pour sa part, le chef du Parti libéral du Manitoba, qui n’a pas le statut officiel au palais législatif, Dougald Lamont, trouve lui aussi que ce budget est décevant et ne prend pas assez en compte les changements des derniers jours.

Si les progressistes conservateurs étaient réellement préoccupés par les finances du Manitoba, ils n’offriraient pas une réduction de la taxe de vente provinciale lors d’une pandémie, dit M. Lamont. Il critique en particulier le manque de détails sur la manière dont les fonds d’urgence seront dépensés.

« Difficile à prédire »

L’économiste à retraite Raymond Clément affirme que la baisse des recettes provinciales d’impôts, conséquence d’une croissance économique affaiblie par la crise, pourrait mettre le bâton dans les roues de la province. Ça va affecter et le déficit et la dette provinciale, dit-il.

Il dit qu’il n’y a aucune manière de prédire si les mesures d’urgence prévues par M. Pallister seront suffisantes pour contrer la pandémie. Tout dépendra, selon M. Clément, de la durée de la crise.

Il note que la province pourrait faire appel à Ottawa pour obtenir des fonds supplémentaires. Cependant, les attentes concernant les transferts de fonds d’Ottawa lui paraissent élevées. Les recettes du gouvernement fédéral dépendent des revenus miniers et du pétrole, rappelle-t-il, des secteurs qui subissent actuellement un mauvais quart d’heure.

Il tient aussi à rappeler que la posture économique des Manitobains n’était pas des meilleures avant même la pandémie.

Il faut comprendre qu'on est à la fin d’un cycle d’affaires très long, on voit que les ménages sont très endettés et on voit que le taux d'épargne des ménages est très faible, dit-il.

Avec les informations de Thibault Jourdan et de Marie-Gabrielle Ménard

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