•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les sans-abris acadiens encore plus isolés

Des personnes trient des aliments dans des caisses.

Des sans-abris perdent un lieu de rencontre, alors que les banques alimentaires revoient leur fonctionnement.

Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

Michel Nogue

Des organismes de charité doivent revoir leur mode de fonctionnement pour limiter les contacts entre bénévoles et clients. Ces mesures signifient que les personnes sans-abri et à faible revenu reçoivent des repas moins élaborés, mais aussi qu'elles perdent un important lieu de rencontre.

C'est le cas d'un client régulier de la Cuisine du cœur, au centre-ville de Moncton.

Cet homme de 70 ans tient à témoigner sous le couvert de l'anonymat, pour éviter d'offusquer ceux et celles qui lui fournissent de la nourriture.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

Depuis une dizaine d'années, il se rend à cette soupe populaire tous les jours de la semaine, pour recevoir un repas chaud et discuter avec des amis.

Mais avec l'apparition du coronavirus dans la région, les responsables de la Cuisine du cœur ont fermé la salle à manger qui se trouve dans le sous-sol d'une église.

Désormais, les clients reçoivent leur repas à la porte donnant accès au sous-sol de l'église.

Forcément on se fait des amis, on s'assoit à une table et on discute tout en mangeant. Tout cet aspect-là, c'est terminé. Et la nourriture, il y en a moins, puis la qualité baisse un petit peu.

Un client de la soupe populaire cuisine à cœur au centre-ville de Moncton.

Au même moment, c'est le branle-bas de combat dans les locaux du Dépôt alimentaire de Moncton, qui fournit plusieurs organismes de bienfaisance du sud-est du Nouveau-Brunswick.

Chaque jour, une centaine de personnes dans le besoin viennent chercher de la nourriture dans cet ancien hangar des Forces armées canadiennes. Le centre reçoit plusieurs appels par jour de clients qui veulent se faire livrer des boîtes de nourriture.

C'est très comparable à Noël, mais c'est un peu moins positif on dirait, mais ça se passe assez bien quand même, explique Chantal Sénécal, directrice générale du Dépôt alimentaire de Moncton

Chantal Sénécal, directrice de Food Depot Alimentaire.

Chantal Sénécal, directrice de Food Depot Alimentaire.

Photo : Radio-Canada / Marielle Guimond

Le Dépôt alimentaire impose lui aussi de nouvelles consignes, pour réduire les risques de propagation du coronavirus. Les responsables limitent le nombre de personnes dans le centre communautaire. Les gens qui se présentent en avance pour leur rendez-vous doivent donc attendre dans leur véhicule.

Moins de bénévoles

Le centre doit aussi composer avec une réduction de ses effectifs, puisque 40% de ses bénévoles préfèrent rester à la maison, en raison de la COVID-19.

La directrice générale dit s’inquiéter d’un éventuel manque de bénévoles.

Si tous nos bénévoles s'en vont à la maison, on ne va pas pouvoir continuer.

Chantal Sénécal, directrice générale du Dépôt alimentaire de Moncton

Pour le moment, plusieurs continuent de se présenter pour offrir de l’aide, ce qui la rassure quelque peu. On voit que nos bénévoles sont en santé puis ils sont très contents de venir nous donner une main pour s'assurer que tous les gens qui sont en besoin sont nourris à travers ces temps ici, dit-elle.

La directrice craint aussi des répercussions à plus long terme, puisque l’économie est mise à mal par la crise.

De son côté, le client de la Cuisine à coeur qui témoigne sous le couvert de l'anonymat espère que les bénévoles qui font fonctionner les groupes de bienfaisance continueront d'être au rendez-vous : Est-ce qu'ils commencer à lâcher leur aide, leur travail, leur bénévolat? J'espère que non. Et j'espère comme tout le monde que personne ne va se décourager.

Les conséquences économiques sur les plus démunis

On est inquiets pour maintenant et aussi pour le futur, parce qu'on sait que l'économie, ça ne va pas bien non plus. Alors ça pourrait nous affecter dans les prochains six mois, 12 mois, 18 mois et dans le futur, redoute la directrice générale du Dépôt alimentaire de Moncton.

La cuisine d'une soupe populaire.

Les banques alimentaires et soupes populaires redoutent les effets du coronavirus.

Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

Mme Sénécal mise toutefois sur la générosité des gens de la région. Déjà, le Dépôt alimentaire de Moncton reçoit des appels de personnes qui offrent de prêter main-forte. Le centre prépare une liste de nouveaux bénévoles qui pourront être appelés au besoin.

Chantal Sénécal se prépare aussi à faire appel au gouvernement provincial pour demander une aide financière. Si le coronavirus plonge l'économie canadienne dans une récession, les agences comme la sienne risquent d'être débordées de demandes d'aide. Même juste avec les appels qu'on reçoit tout de suite pour de l'aide qu'on va avoir besoin du support. On va avoir besoin du support pour la province, dit-elle.

Mme Sénécal note que l'achalandage des banques alimentaires au Canada a augmenté de 25 % à la suite de la crise économique de 2008. Et selon elle, les demandes d'aide n'ont pas diminué lors de la reprise économique.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !