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La fermeture de la frontière suscite l'inquiétude en Alaska et au Yukon

De nombreux résidents de Skagway, en Alaska, ont l'habitude de traverser la frontière pour se rendre à Whitehorse, au Yukon.

Vue du haut de Skagway.

Le port de Skagway en Alaska accueille tous les étés jusqu'à près d'un million de visiteurs à bord de bateaux de croisière.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

À la frontière entre l’Alaska et le Yukon, des résidents s'inquiètent de la fermeture de la frontière canado-américaine pour les déplacements jugés non essentiels.

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé cette mesure mercredi, deux jours après avoir fermé les frontières canadiennes aux étrangers, à l’exception des Américains, pour ralentir la propagation de la COVID-19.

La fermeture entrera « probablement » en vigueur dans la nuit de vendredi à samedi, a indiqué Justin Trudeau en point de presse, jeudi.

En Alaska, le maire de Skagway, Andrew Cremata, anticipe déjà le pire pour ses quelque 1000 habitants. Ici, il va y avoir énormément de conséquences, affirme-t-il. Les gens se rendent à Whitehorse pour des rendez-vous médicaux et dans certains cas d’urgences médicales [...], mais aussi pour consulter des vétérinaires lorsque leurs animaux sont malades.

La ville de Skagway est située à une vingtaine de kilomètres de la frontière canadienne et environ 175 kilomètres de Whitehorse. Nombreux sont les habitants qui traversent la frontière pour avoir recours à certains services ou même pour y faire leurs emplettes.

Nos magasins sont bien garnis [...] mais il reste qu’on ne peut pas tout trouver à Skagway. Avoir accès à certains produits est très important pour la communauté.

Andrew Cremata, maire de Skagway
Le soleil au-dessus d'une ville et un cours d'eau.

Les habitants de Skagway se rendent régulièrement à Whitehorse, au Yukon, notamment pour y faire certains achats spécifiques.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Selon le maire, cette proximité a pour principal avantage d’être économique pour le portefeuille de nombreux foyers.

Si vous êtes une famille de quatre personnes et que vous vous rendez à Juneau en avion, cela vous coûtera 600 $, contre à peine une quinzaine de dollars pour aller en voiture jusqu’à Whitehorse, explique-t-il.

De l’autre côté de la frontière, la copropriétaire du motel et de la station d’essence Talbot Arm de Destruction Bay, Suzanne Tremblay, s’inquiète des retombées de la crise sanitaire. S’il n’y a pas de trafic et que les vols sont annulés alors c’est certain que nous sommes à 100 % affectés, soupire-t-elle.

Faute d’achalandage routier depuis les derniers jours, elle affirme avoir décidé de fermer boutique à compter de lundi.

Nous n’avons pas le choix de fermer parce qu’il y a zéro trafic. Nous allons rester ouverts seulement pour le ministère des Infrastructures, s’ils ont besoin d’essence, et pour les résidents locaux.

Suzanne Tremblay, copropriétaire de Talbot Arm Motel

Économie saisonnière ralentie

Vendredi, le ministre canadien des Transports, Marc Garneau, a annoncé que les navires de croisière de plus de 500 personnes ne pourront plus faire escale au Canada jusqu’au 1er juillet. Cette mesure supplémentaire inquiète le maire Andrew Cremata, puisque nombre de touristes voyageant sur des bateaux de croisières se rendent au Yukon en passant par Skagway.

Selon le maire, la municipalité s’attendait à accueillir un nombre record d’un peu plus d’un million de visiteurs et 454 navires de croisière entre les mois de mai et d’octobre.

Un paquebot à quai avec des montagnes enneigées derrière.

Le navire de croisière Ruby Princess a inauguré la saison 2019 des croisières au port de Skagway en Alaska avec à son bord plus de trois mille passagers.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Les répercussions vont bien au-delà d’une simple saison de croisière, parce que les commerces ouverts à l’année et les habitants qui y travaillent dépendent de revenus saisonniers pour survivre durant la période hivernale, explique-t-il.

Il ajoute s’être récemment entretenu avec le premier ministre yukonnais, Sandy Silver, pour tenter de trouver une manière de maintenir les déplacements de part et d’autre de la frontière.

C’est évidemment hors de notre contrôle, mentionne-t-il. Nous ne voulons pas risquer d’éclosions [de cas] parce que nos ressources médicales sont plus restreintes, donc nous voulons tout de même prendre les précautions nécessaires.

Mais j’espère qu’on parviendra à garder le corridor ouvert, ajoute-t-il.

Avec les informations de Steve Silva

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