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Plus de 60 000 tests pour la COVID-19 effectués au Canada : est-ce assez?

Un médecin effectue un test de dépistage de la COVID-19.

Pour effectuer ce test de dépistage, les médecins disposent notamment d'une visière et d'un masque.

Photo : Reuters / Patrick Doyle

Le premier ministre Justin Trudeau a réitéré jeudi qu’Ottawa travaille d’arrache-pied pour augmenter la disponibilité des tests pour la COVID-19, alors que plusieurs provinces sont confrontées à de possibles pénuries.

Le gouvernement fédéral a approuvé deux nouveaux tests de diagnostics dans le but de pallier la crise. De leur côté, les provinces maintiennent des critères serrés pour déterminer qui est admissible aux tests de dépistage de la COVID-19.

Selon une compilation des données publiées par les provinces et territoires, au moins 60 000 personnes avaient été testées au Canada en date du 20 mars à midi.

Ces données évoluent rapidement et ne sont pas complètes car quelques ministères, notamment la Colombie-Britannique, ne mettent pas à jour cette statistique quotidiennement.

Le Canada fait bonne figure comparé à d’autres pays. Aux États-Unis, le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies rapportait moins de 49 000 tests jeudi.

Le Québec a mis sur pied 30 centres de dépistages. Plus de 5000 tests seront effectués par jour, a réitéré jeudi François Legault. Huit autres cliniques doivent ouvrir dans les prochains jours.

L’Ontario peine pour l’instant à franchir le cap des 3000 tests par jour.

Les pays qui effectuent le plus grand nombre de tests pour la COVID-19 sont ceux qui ont les taux de mortalité les plus bas, fait valoir le chef des urgences de Calgary, Eddy Lang. La raison est logique. Les autorités sont capables de placer plus de gens en quarantaine plus rapidement et limiter les contacts avec les personnes vulnérables.

L’Alberta a connu beaucoup de succès à ce jour selon lui à l’aide de la mise sur pied rapide de cliniques de dépistage à l'auto de la COVID-19, la semaine dernière. Les infirmières qui font ce travail sont des héroïnes, dit le Dr Lang. Ça prend moins de trois minutes.

Le docteur Eddy Lang est responsable des urgences à Calgary.

Le Dr Eddy Lang est responsable des urgences à Calgary.

Photo : Radio-Canada / CBC

La Dre Amélie Bourassa, chef des urgences à l’Hôpital Saint-Sacrement de Québec, précise que l’usage rationnel des tests est mis de l’avant pour l’instant. À court terme, on a des quantités adéquates, mais on craint une pénurie à long terme.

Les critères d’admissibilités aux tests de dépistage de la COVID-19 ont rapidement évolué au cours des derniers jours, note la Dre Bourassa, ce qui complique la tâche des professionnels de la santé.

Nos équipes travaillent extrêmement fort pour pouvoir s’occuper du maximum de patients, mais c’est difficile dans le feu de l’action, car l’information est changeante. C’est normal, on est en période de crise.

Délais et confusion en Ontario

Urgentologue dans la petite communauté de Perth, près d’Ottawa, le Dr Aaron Drummond s’inquiète de la situation en région. Nous n’avons pas les mêmes capacités qu’en ville et manquons de tests.

Selon lui, une certaine confusion règne toujours concernant les critères pour tester la COVID-19. Certains bureaux de santé publique régionaux de l’Ontario ont émis des directives différentes depuis le début de la crise.

À cela s’ajoutent des délais de cinq à sept jours pour obtenir les résultats, explique le Dr Michael Gardam, spécialiste des maladies infectieuses et médecin en chef à l'Hôpital Humber River de Toronto.

Une photo d'un homme dans une salle d'hôpital.

Dr Michael Gardam, médecin en chef à l'Hôpital Humber River de Toronto

Photo : CBC

Cela signifie que le nombre de cas rapportés chaque jour représente, en fait, le nombre de personnes infectées il y a plusieurs jours, dit-il.

Le Dr Brian Goldman, qui est urgentologue de nuit à Toronto, dit pour sa part noter une baisse des hospitalisations liée à l’isolation préventive et aux centres de dépistage, mais craint qu’on soit dans une période de calme avant la tempête.

Il y a beaucoup d’anxiété chez les professionnels de la santé. Ça va être un marathon, cette crise. Il faut déployer tous les moyens possibles pour ralentir la progression de la pandémie.

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