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Les pompiers et policiers de Gatineau réclament une priorisation des tests à la COVID-19

Des images provenant d'un microscope électronique du coronavirus.

Des images provenant d'un microscope électronique du coronavirus (archives).

Photo : Associated Press

Radio-Canada

Alors que le gouvernement du Québec tente d’accroître sa capacité quotidienne à évaluer les citoyens qui pensent avoir contracté le coronavirus, des intervenants des services essentiels à Gatineau espèrent qu’une mesure soit mise en place afin qu’ils puissent obtenir un diagnostic en priorité, au besoin.

À l’heure actuelle, les intervenants de première ligne qui ont des enfants peuvent bénéficier d’un service de garde, mais ceux qui craignent être porteurs de la COVID-19 doivent passer par le même processus que le reste de la population avant d’être évalués.

Il ne s’agit pas de réclamer un traitement de faveur, mais plutôt de limiter le risque de propagation pour l’ensemble de la population selon Stéphane Noël, le président du syndicat des pompiers de Gatineau.

L’un des pompiers qu’il représente croit avoir été infecté. M. Noël s’inquiète du fait que ce dernier a travaillé une quarantaine d’heures dans une caserne achalandée cette semaine.

Il a tenté de rejoindre la ligne 1-800, mais ça ne fonctionnait pas. On l'a mis en isolement obligatoire, mais il n’est pas capable de se faire tester, déplore-t-il.

Les pompiers qui ont travaillé avec lui depuis vendredi, est-ce qu’ils ont été contaminés? On ne le sait pas, mais ils ne sont pas en isolement.

Stéphane Noël, président du syndicat des pompiers de Gatineau

Steve Spooner, le président de la Fraternité des policiers et policières de Gatineau, est aussi d’avis qu’une telle mesure est nécessaire pour éviter de voir les effectifs de premiers intervenants chuter à vue d'œil.

Il souhaiterait également des mesures pour réduire les risques d'exposition des policiers et pour que ceux-ci puissent exiger qu'un suspect ou un individu intercepté subisse un test de dépistage s’il présente des symptômes associés à la COVID-19.

Denis Savard, le président du Syndicat des cols bleus de la Ville de Gatineau, constate que ces préoccupations ne sont pas seulement entretenues par les pompiers et les policiers. Il représente un total de 800 employés temporaires, permanents et occasionnels.

Les gens sont anxieux, ils sont inquiets, parce qu’ils sont malgré tout au travail et après ça, on s'en va dans notre milieu familial. Il y a vraiment une crainte dans le milieu des cols bleus, confie-t-il.

Le maire de Gatineau en conférence de presse

Maxime Pedneaud-Jobin en conférence de presse

Photo : Radio-Canada

Alarmisme ou proactivité?

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, dit évaluer les accommodements qui peuvent être faits pour les équipes municipales, mais rappelle que la province n’a toujours pas ordonné aux municipalités de se limiter aux services essentiels.

C'est un cas où on va attendre la directive du gouvernement du Québec, mais on est déjà en train de faire du travail pour préciser dans une crise comme celle-là, quels seraient les services essentiels, assure-t-il.

M. Savard souhaite que ces personnes indispensables soient identifiées au plus vite. L'eau potable, l'eau usée, la collecte des vidanges, toutes nos équipes d’excavation quand il y a des bris d'aqueduc sont tous des secteurs importants pour lesquels un plan d’urgence clair doit être adopté selon lui.

Les services essentiels, la définition peut changer en fonction de la crise à laquelle on fait face.

Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau

D’ici là, le maire invite les employés qui auraient des inquiétudes à en faire part à leur gestionnaire. Cette approche est mal perçue par M. Noël, qui soutient que le manque de proactivité en Italie a plongé le pays en période de crise.

Lorsque le maire perdra ses pompiers et ses policiers, il sera l'unique responsable de sa propre lenteur à réagir, prévient le président du syndicat des pompiers.

Si on attend que le gouvernement le décrète et qu’on prend deux jours à le mettre en application, on va avoir 48 heures de retard, renchérit M. Savard.

M. Pedneaud-Jobin s'est toutefois voulu rassurant en fin de journée, jeudi, assurant qu'Ottawa et Gatineau seront sur la même longueur d'ondes tout au long de la crise.

C’est à peu prêt terminé, les dernières rencontres étaient aujourd’hui entre la Direction générale et les différents services pour finaliser ces plans-là, assure-t-il.

La Ville de Gatineau a déjà adopté certaines mesures, comme limiter à deux le nombre de cols bleus qui peuvent se retrouver dans un même véhicule. Pour certains corps de métier, les mesures de précautions sont plus difficiles à appliquer.

La règle du 1 mètre, 2 mètres, c'est pas toujours évident à respecter quand on est autour d'un nid de poule ou d'un bris d'aqueduc, illustre le président du syndicat des cols bleus.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Avec les informations de Nathalie Tremblay

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