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Le retour à la maison des Canadiens à l’étranger, un exercice périlleux

Le navire de croisière Costa Luminosa.

Le navire de croisière Costa Luminosa, qui transportait plus de 1400 personnes dont 77 Canadiens, est arrivé à Marseille.

Photo : Reuters / Jean-Paul Pelissier

C'est une course contre la montre remplie d'obstacles. Des milliers de voyageurs canadiens tentent de revenir au pays avant que les transporteurs aériens ne cessent d'offrir leurs services. Il devient de plus en plus difficile de trouver un vol commercial. Et malgré les efforts déployés, le gouvernement canadien peine à répondre aux demandes d'aide qui ne cessent d'augmenter.

La COVID-19 force de nombreux pays à se cloîtrer et, pour les Canadiens qui se trouvent à l'étranger, l'exercice du retour à la maison s'annonce périlleux.

Déjà, le gouvernement fédéral se retrouve inondé d'appels, comme en témoigne le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne.

Hier, on a reçu 10 000 appels en 48 heures et 14 000 messages.

François-Philippe Champagne, ministre canadien des Affaires étrangères
François-Philippe Champagne, ministre des Affaires étrangères

François-Philippe Champagne, ministre des Affaires étrangères.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

En France, le bateau de croisière Costa Luminosa a accosté aujourd'hui à Marseille, avec à son bord des personnes infectées par le coronavirus. 77 Canadiens font partie des passagers.

Ils devront être testés et, s'ils ont de la chance, ils pourraient revenir à la maison dès ce soir à bord d'un avion qui va rapatrier les citoyens américains de la croisière.

Il y a une avenue possible avec la compagnie de croisières qui a déjà nolisé un avion pour rapatrier les Américains à bord de ce bateau, donc on est en train de voir, et avec le gouvernement français et avec les autorités américaines, si les Canadiens pourraient embarquer avec ce vol, et ensuite ramener les Canadiens des États-Unis vers le Canada. Mais là, vous savez, les règles et les interdictions se multiplient presque à chaque heure, explique Isabelle Hudon, l'ambassadrice du Canada en France.

Des fluctuations qui complexifient le travail du gouvernement, comme l'explique le ministre Champagne.

C'est comme un grand tableau d'échecs où, chaque fois qu'une frontière se ferme, un aéroport se ferme, un espace aérien se ferme, on essaye de trouver un espace de passage aux Canadiens, aux Canadiennes, dit-il.

Ce jeu d'échecs, Sébastien Harvey l'a tenté. Il s'est retrouvé coincé au Guatemala lorsque ce pays a décidé de fermer abruptement toutes ses frontières.

Après plusieurs tentatives, il a décidé de prendre un taxi jusqu'à la frontière mexicaine.

On a réservé nos billets d'avion pour être capables de traverser la frontière plus facilement et un hôtel aussi. Donc, si tout se coordonne bien, je devrais même être capable de reprendre une moitié de mon vol initial.

Mais il n'a pas la certitude que son plan va fonctionner. Les vols peuvent être annulés à tout moment.

Pourparlers avec les transporteurs

Le premier ministre Justin Trudeau a cependant engagé des discussions avec les transporteurs canadiens.

On est en train de regarder l'énorme montant de demandes qui rentrent de partout dans le monde. J'ai parlé aux dirigeants d'Air Canada et de WestJet hier soir. Et on a souligné qu'on va travailler ensemble pour essayer de rapatrier d'urgence le plus grand nombre de Canadiens possible, dit M. Trudeau.

Une tâche qui ne s'annonce pas simple.

Au Maroc, par exemple, des centaines de voyageurs n'ont aucun moyen de rentrer à la maison. Le Royaume a fermé toutes ses frontières samedi dernier pour une durée indéterminée.

La Québécoise Marie-Céline Bourgault, qui est sur place, en témoigne.

On n'arrive pas à avoir de délai quant à notre retour. Évidemment, nous, on n'avait pas prévu être aussi longtemps, donc il y a des dispositions qu'on n'avait pas prises et c'est ce qui nous rend un peu inquiètes.

Marie-Céline Bourgault

Une incertitude aussi vécue par Guylaine Laforest. Partie en Inde avec deux amies pour un voyage spirituel, elle tente sans succès de revenir au Canada.

On voit Mme Laforest et ses deux amies, qui portent des masques respiratoires et sourient à la caméra.

Guylaine Laforest et ses compagnes de voyage en Inde

Photo : Guylaine Laforest

Chaque nouveau vol que son agence de voyages trouve est annulé. Mais pour elles, pas question de baisser les bras.

Il y a eu une petite déception ce matin, mais on s'est revirées de bord, on a dit, bon bien OK, c'est quoi le positif là-dedans et qu'est-ce qu'on peut faire pour faire avancer les choses? Et en attendant, bien, écoutez, on médite, on dort, on mange quand on a faim, on s'en va dehors, dit-elle.

Mais pour les proches, ce n'est pas toujours facile. Pierre Simard, le mari de Guylaine Laforest, a bien hâte de la revoir.

Chaque jour, c'est une nouvelle aventure. C'est annulé, reporté, annulé! Ma vie vire à vide lorsque ma femme n'est pas là.

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