•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le matériel médical pourrait-il être fait dans les usines d'assemblage automobile ?

Un homme et une femme travaillent dans une usine d'assemblage du groupe Fiat Chrysler Automobiles à Windsor, en Ontario.

Plusieurs chaines d'assemblage automobile ont fermé leurs portes depuis le début de la pandémie de la COVID-19.

Photo : Associated Press / Jerry S. Mendoza

Thilelli Chouikrat

Alors que les usines d'assemblage automobile ferment en Amérique du Nord en raison de l'état du marché et de la pandémie de la COVID-19, le premier ministre ontarien, Doug Ford, et la ministre de la Santé, Christine Elliott, ont suggéré que ces manufactures soient utilisées pour fabriquer du matériel médical.

La proposition de M. Ford n'a pas tardé de faire réagir le secteur automobile. En particulier dans le Sud-Ouest de l'Ontario, où sont basées plusieurs de ces usines.

Flavio Volpe, président de l'Association des fabricants de pièces automobiles, ne cache pas son enthousiasme face à la suggestion du premier ministre.

Il dit avoir échangé avec plusieurs manufacturiers de la région qui, d’après lui, n’attendent qu'une chose: recevoir des instructions précises d’ingénieurs pour ces nouveaux types de commandes.

Il y a quasiment trop d’entreprises qui ont répondu à l’appel, s'exclame-t-il.

Le pays va avoir besoin de masques, de blouses, de lunettes et de respirateurs. Il faudrait pouvoir utiliser une partie de la capacité des constructeurs automobiles pour aider à combler ce besoin , note-t-il.

Selon lui, le gouvernement de l'Ontario et le gouvernement fédéral ont assuré qu'ils mettraient la main à la poche pour financer cette initiative.

Il souligne néanmoins l’importance de ne pas mettre l’industrie en arrêt total. D’après lui, les ouvriers pourraient tout de même travailler dans les usines tout en respectant les nouvelles normes de distance sociale imposées par la crise du coronavirus.

Mobiliser l’industrie pour aider à l’État à gérer cette crise sanitaire nécessite de petits changements, qui pourraient être rapidement exécutés.

Flavio Volpe, président de l'Association des fabricants de pièces automobiles

Une idée farfelue, juge un expert

Denis Gingras, professeur à la faculté de génie de l’Université de Sherbrooke n’est pas de cet avis.

Pour lui, l'idée est carrément farfelue.

M. Gingras estime que de faire des modifications significatives sur une chaîne de production en milieu automobile est une opération complexe qui demande une préparation de plusieurs semaines, voire même de plusieurs mois.

Le problème majeur que je vois aussi c'est au niveau des conditions sanitaires et de stérilisation (...) parce que le matériel médical, on ne peut pas fabriquer ça n'importe comment, ça prend des conditions d'hygiène.

Denis Gingras, professeur à l'Université de Sherbrooke

Selon lui, les usines automobiles n’ont pas le niveau de propreté et de stérilisation requis.

Il rappelle que le matériel médical doit être validé par des certifications et requiert une main-d'oeuvre spécialisée.

Il pense que d'autres chaines de fabrication sont plus adaptées aux exigences requises pour le matériel médical. Il note notamment que les usines de composants micro-électroniques répondraient davantage aux normes d'hygiène.

Avec des informations de CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Windsor

Industrie automobile