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Briser l'isolement des personnes âgées pendant la pandémie de la COVID-19

Des appels vidéo, des mini-bingos à moins de 5 personnes : les foyers de soins de longue durée s'organisent.

Les mains d'une personne âgée serrées par des mains plus jeunes.

Les foyers de soins de longue durée doivent maintenant interdire toute visite non essentielle.

Photo : iStock

Les autorités de santé le rappellent chaque jour : les personnes âgées sont particulièrement vulnérables à la COVID-19 et devraient, le plus possible, rester chez elle. Les foyers de soins de longue durée ont donc restreint les visites, privant les résidents d’un contact avec leurs proches souvent primordial. Mais déjà, des solutions de rechange émergent.

Raymond Lemieux est résident du Foyer des Pionniers à Hearst, dans le Nord de l’Ontario. Pour lui, les choses ont bien changé ces derniers jours.

Le fait de ne pas avoir de visites, c’est ennuyant pas mal. D’habitude c’est à tous les jours, confie-t-il. Il appelle maintenant ses proches par téléphone.

Au foyer, les activités sont aussi réduites.

Il y a moins de vie. On avait des bingos deux fois par semaine, beaucoup d’activités, là il n’y a plus rien de ça. On dirait qu’on a tendance à rester dans notre chambre.

Raymond Lemieux, résident du Foyer des Pionniers

Il comprend toutefois ces décisions. Faut se protéger le plus possible.

Au Foyer Richelieu à Welland, dans le sud de la province, Clothilde Dalcourt tente de prendre les choses avec philosophie. Ça va bien… c’est tranquille!, dit cette résidente en riant.

C’est certain que c'était des nouvelles difficiles qu'on a eu besoin de communiquer à toutes nos familles, note Sean Keays, directeur général de la résidence.

Mais on a doublé notre budget pour le personnel de récréation et thérapeutique et une chose qu’on va commencer, c’est augmenter les visites Skype et Facetime avec les membres de la famille, ajoute-t-il.

Une capture d'écran d'une conversation vidéo sur Skype. Une femme âgée est assise dans un fauteuil bleu. À côté, un homme est assis dans un fauteuil similaire. Derrière, des drapeaux.

Clothilde Dalcourt, résidente du Foyer Richelieu à Welland, observe que les jours sont plus tranquilles depuis que les visites ne sont plus autorisées. Sean Keays, directeur général, note que le foyer s’est procuré des iPads pour offrir des échanges virtuels avec les familles.

Photo : Skype

On a acheté plusieurs iPads et là on commence un gros blitz. On a même créé une marche à suivre “101” de comment s'enregistrer avec Facetime et on a des ressources pour ceux qui sont moins bons avec les ordinateurs. On va avoir du personnel de l’animation qui va gérer ça avec nos résidents et on espère avoir au moins 15 à 20 minutes par jour de disponibles pour chacun.

Samantha Peck est la directrice générale du Conseil des familles de l’Ontario, qui représente les proches des résidents de foyers de longue durée. Elle a observé des pratiques semblables à bien d'autres endroits en ce moment.

Il y a beaucoup d’innovation pour assurer une connexion, que ce soit avec la technologie, ou même par la fenêtre. Il y a des gens qui viennent à la fenêtre ou devant l'entrée pour voir leur proche, pour avoir ne serait-ce que ce contact visuel même à distance.

Les appels vidéos permettent aussi de rassurer les familles, ajoute-t-elle, d’avoir une visite virtuelle de l'établissement pour montrer que les choses vont bien.

Les résidences comme le Foyer Richelieu tentent aussi d’être créatives pour continuer à offrir des activités, en plus petits groupes.

D’habitude, on a la messe quotidienne, les courses de chevaux, les orchestres, et des fois nous avons au-dessus d’une centaine de personnes. C’est certain qu'on a tout coupé ces grosses activités, explique Sean Keays.

Maintenant, les résidents ont des discussions, des jasettes sur leurs lectures par exemple. On peut, peut-être, faire des mini-bingos de 3-4 personnes.

Sean Keays, directeur général du Foyer Richelieu

Moi je participe pas mal à tout, j’aime ça, ça sort de la chambre, note Mme Dalcourt.

Attendre et s’occuper

La routine change aussi pour les personnes âgées en logement autonome. Michèle Brennan habite un immeuble des Centres d’Accueil Héritage, à Toronto.

Avant dans l'immeuble il y avait des exercices, du yoga, la messe. Tout a été supprimé. Donc il n’y a pas grand-chose à faire.

Pour l’instant, Michèle Brennan tente de s’occuper tant bien que mal et continue d’aller rendre visite à des voisines, en prenant toutes les précautions.

Je me lave les mains beaucoup de fois dans la journée!

Michèle Brennan

Passer l’aspirateur, faire la cuisine… la vie continue. Mais pour certains, ça peut être plus difficile. Surtout ceux qui ont l’habitude de se réunir dans la salle à manger, ça doit vraiment les affecter.

Les Centres d'Accueil Héritage , en plus de logements pour les aînés, offrent une panoplie de sorties et programmes de jours pour les personnes âgées du Grand Toronto, qui ont dû être annulés ou réduits.

L'entrée de l'immeuble des Centres d'Accueil Héritage

Les Centres d'Accueil Héritage

Photo : Radio-Canada

Mais en ce qui concerne les visites et le soutien aux personnes âgées à domicile, note la directrice générale Barbara Ceccarelli, on est toujours là. On les visite, on les appelle, on continue à faire ce qu’on peut assez régulièrement, même plus qu’avant. On est là pour les activités de la vie quotidienne qu'ils ne peuvent plus faire comme les emplettes.

Et on prend pas mal de précautions, souligne-t-elle. Notre personnel a déjà de très bonnes habitudes chaque année pendant la saison de la grippe – bien sûr, ce n’est pas la même chose, mais ils sont habitués à travailler dans un milieu où il faut qu’ils fassent attention.

Personnel en demande

Barbara Ceccarelli salue d'ailleurs le travail du personnel dans ces circonstances, et note qu’il faudra s’assurer de ménager ces travailleurs qui, eux aussi, vivent des situations difficiles.

Elle observe aussi un élan de solidarité, parmi des citoyens qui veulent apporter leur aide aux personnes âgées.

Notre communauté est très créative, on a reçu beaucoup d’appels de gens qui se proposent en tant que bénévoles. L'idée d’avoir une communauté autour, je trouve que c’est une belle chose. Un petit espoir, mais une note positive dans cette époque un peu triste.

Barbara Ceccarelli, directrice générale des Centre d'Accueil Héritage

Nos employés viennent quand ils ne travaillent pas, sur leurs journées de congé des fois, aussi ils restent un peu plus tard ou ils rentrent un peu plus de bonne heure. N’importe quelle manière qu’ils peuvent nous aider et garder la vie sociale et la vie, ajoute aussi Sean Keays. 

Samantha Peck rappelle enfin ce qui se passe en ce moment est sans précédent. Je n’ai jamais rien vu de tel. On évolue en territoire complètement inconnu.

C’est difficile pour tout le monde, et déchirant, mais le plus on en fait maintenant pour prévenir des infections, le plus vite – on l’espère – les choses reviendront à la normale.

Samantha Peck, directrice des Conseils de famille Ontario

Connect'Aîné

La Fédération des ainés et des retraités francophones de l’Ontario (FARFO) surveille aussi cette situation, qui peut aggraver le sentiment d’isolement des personnes âgées. Gilles Fontaine, directeur général, envisage d’ailleurs d’accélérer le lancement d’un nouvel outil pour ses membres :

On est sur le point ce printemps d'annoncer une programmation qui va être disponible par téléphone et par vidéoconférence. Ça s’appelle Connect'Aîné, on vient juste de recevoir le financement pour ce projet-là et on parlait de possiblement devancer un peu cette programmation parce que ça touche exactement ça : les aînés qui sont isolés. Et on peut leur offrir un peu de l’information, des ateliers d'intérêt, c’est le genre de service qui serait utile présentement.

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