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Des aînés apeurés refusent les soins à domicile

La main du médecin avec son appareil et le bras de la patiente.

Un médecin vérifie la tension artérielle d'une patiente âgée.

Photo : iStock

La consigne gouvernementale donnée aux Québécois de 70 ans et plus de s’isoler chez eux n'influe pas sur l’offre de soins de santé à domicile pour ceux qui en ont besoin. Sauf que certains aînés et leurs familles sont maintenant si méfiants qu’ils refusent de laisser entrer le personnel médical chez eux, déplore le CIUSSS de la Capitale-Nationale.

C’est quelque chose qu’on n'avait pas vu venir. On s’attendait à avoir un achalandage particulièrement augmenté, explique la directrice adjointe au soutien à l’autonomie des personnes âgées au CIUSSS de la Capitale-Nationale, Mélanie Gingras.

Or, plutôt qu’une demande de service accrue pour les soins à domicile, c’est l’inverse qui se produit actuellement. L’enjeu qu’on a dans certains secteurs, c’est la difficulté d’accès à nos aînés pour prodiguer les soins et services que leur situation requiert.

Dans certains cas, les personnes âgées de plus de 70 ans ou leur famille refusent les soins sur des tons inappropriés, estimant que la présence du personnel médical représente un danger.

Il faut nous laisser entrer

Sauf que beaucoup des soins offerts à domicile par le CIUSSS sont essentiels, rappelle Mélanie Gingras.

« C’est important de le dire. Il faut nous laisser entrer. »

— Une citation de  Mélanie Gingras, directrice adjointe au soutien à l’autonomie des personnes âgées au CIUSSS de la Capitale-Nationale

Les auxiliaires en santé et services sociaux, les infirmières et les travailleurs sociaux savent exactement comment intervenir et ils sont protégés. Mélanie Gingras ajoute que ceux qui présentent des symptômes s'apparentant au COVID-19 ou qui pourraient avoir été en contact avec des gens revenant de l’étranger sont immédiatement retirés du réseau.

Bien que la situation évolue de jour en jour, Mme Gingras dit avoir confiance de pouvoir maintenir les services et répondre au besoin de la clientèle à domicile durant cette période d’isolement des aînés. Au CIUSSS de la Capitale-Nationale, 11 931 patients sont actuellement pris en charge en soins à domicile de longue durée par 1130 intervenants.

Pas d’inquiétude à la FIQ

Du côté de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), la vice-présidente Linda Lapointe se fait aussi rassurante. Il n’y a pas de crainte de ne pas pouvoir répondre aux besoins de la population en lien avec ça.

Dans le contexte, Mme Lapointe souligne que les patients de 70 ans et plus ayant besoin de soins ont intérêt à les recevoir à domicile si c'est possible. On priorise ça. On ne veut pas que les patients aillent à l’hôpital qui va être un milieu à risque plus élevé qu’une infirmière ou un inhalothérapeute qui se déplace à domicile.

Quant à la santé du personnel médical qui se déplace, la vice-présidente de l'organisation syndicale comptant près de 76 000 membres ne semble pas s’inquiéter.

N’empêche, elle relate que certaines organisations ont commencé à faire une sorte de prétriage téléphonique chez les patients.

L’infirmière qui a sa liste de patients à domicile appelle le patient avec les mêmes questions un peu qu’au prétriage. Est-ce qu’ils ont été à l’extérieur du pays ou en contact avec quelqu’un qui a été à l’extérieur du pays? Est-ce qu’ils ont des symptômes de toux, de la fièvre, des frissons?

Si un cas est jugé à risque, le professionnel de la santé se rendant à domicile peut ainsi redoubler de précaution, explique-t-elle.

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